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Publié le mercredi 9 février 2000 dans la rubrique :

Mon press-book

Maryse l’artiste

Dans le magazine Culture Loire, nous parlions des artistes. De leur travail, de leurs inquiétudes, de leur talent. Nous parlions des "vrais" artistes, qui vivaient (ou tentaient de vivre) de leurs productions. Pour une fois, j’ai voulu consacrer l’édito à une petite artiste, une obscure, sans vrai talent, mais tellement sincère. Maryse.

Vous connaissez Maryse ? Elle peint. Oh, pas des toiles accrochées aux cimaises des galeries. Elle peint de petits tableaux, installée sur l’une des tables du bistrot qu’elle a tenu toute sa vie, et dont sa fille s’occupe aujourd’hui. Depuis que Maryse a pris sa retraite, il y a à peu près un an.

C’est, grosso modo, à cette époque qu’elle s’est mise à peindre. Pour se faire plaisir. Les Beaux-arts, les cours en atelier, tout ça, elle n’a jamais connu. C’est pas son truc. Elle prend des photos, les pose bien calées sur sa table et elle en peint le sujet. Paysages, fleurs, personnages, à l’acrylique, la mine appliquée d’un gosse qui fait ses devoirs. Maryse est une artiste.

Bon d’accord, ce n’est pas une “véritable” artiste. J’ai accroché quelques-unes de ses toiles dans les vitrines de Culture Loire. Les siennes, et pas celles d’un vrai peintre qui fait de l’art pour de bon. C’est que Maryse, avec ses tableaux pas vraiment jolis, pas toujours réussis, passe son temps à faire ce que d’autres recherchent à grands coups de masturbation intellectuelle : elle fabrique du bonheur. Et, pour moi, l’art, c’est exactement ça.

Allez la voir dans son café (ce n’est pas de la pub, mais un témoignage : café de France, sur la place Chapelon à Saint-Étienne). Un troquet où traînent toujours un ou deux anciens armuriers, avec un billard. Maryse peint, ou attend, une étoile dans l’œil, que ça sèche. Elle vous guette : vous allez, forcément, à un moment ou à un autre, regarder la toile sur le chevalet. C’est alors qu’elle entre en scène. Elle vous raconte ce qu’elle peint, fière comme tout, elle vous montre les murs du café qu’elle habille de ses toiles. Elle en raconte l’histoire. L’histoire de l’art : le tableau qui plaît le moins à son petit-fils, ou celui qui représente la vallée non loin de la maison de son enfance. Le mélange des peintures, appris comme ça, sur le tas. L’histoire de son plaisir tellement simple, tellement sincère, tellement maladroit qu’il vous vient l’envie d’un autre chocolat (ou d’une autre bière, si vous voulez).

Vous entendez alors l’histoire de sa famille (un oncle chansonnier, des personnages à la Zola... ou à la Cavanna). Vous apprenez la vie des petits commerçants dans le Saint-Étienne de jadis. Si vous lui êtes sympathique, Maryse vous montre des photos... Tout ça, ces moments insignifiants et uniques, pour un coup d’œil sur un tableau sans ambition. Mais qui illumine une vie. Je vous le disais, Maryse, c’est une artiste.

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Image extraite de l'article "Dimanche matin"