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Publié le jeudi 17 juillet 2003 dans la rubrique :

Le p’tit journal du Cantal

Et qui va défendre le Cantal libre, maintenant ?

Hier, je me présentais devant vous l’oreille basse, contrainte d’avouer que je n’avais pas le début du commencement d’une info à vous livrer. Heureusement, les jours se suivent et ne se ressemblent pas. Heureusement... ça dépend pour qui. Parce que l’actu du Cantal, en ce moment, c’est pas vraiment gai. Surtout pour les chasseurs.

En fait, l’info du jour est très triste : les chasseurs cantaliens sont en deuil. Les chasseurs auvergnats aussi, d’ailleurs. Et même les chasseurs de toute la France. Une figure de proue du monde cynégétique s’est éteinte, comme ça, d’un coup, sans prévenir. Un monument : il s’agit de Jean-Pierre Lalitte, président de la fédération du Cantal depuis 1985, et président de la fédération régionale depuis quelques semaines. A 62 ans, Il est mort chez lui, vendredi 11 juillet. Ses funérailles ont eu lieu hier, mercredi 16 juillet, à Mauriac.

Même ceux qui -comme moi- détestent la chasse savent qui était Jean-Pierre Lalitte. De Chavanne, notamment, l’avait invité à plusieurs reprises. Pour se payer sa tête et, par procuration, celle des chasseurs. Parce qu’il faut bien l’avouer, dans le genre caricatural, il était difficile de trouver mieux. Pour peu qu’on recule de deux heures l’ouverture de la chasse, ou qu’on avance d’une journée la fermeture, le président des chasseurs cantaliens montait au créneau, écrivant à tous les journaux, au ministre, au président lui-même, hurlant à l’injustice, à l’oppression, menaçant de faire capoter les prochaines élections en emmenant dans son sillage le million de voix que représentent les chasseurs français, et terminant invariablement ses communiqués (qu’il nous sommait de publier en intégralité) par : "Vive le Cantal et vive la France".

Naturellement, il comptait parmi ses fidèles amis Jean Saint-Josse. Il était toujours le premier à monter au créneau pour défendre les intérêts de ses amis les chasseurs. J’ai eu l’occasion de l’interviewer une fois, et j’avoue que j’en ai pris plein les yeux. Et les oreilles. Il s’agissait de dénoncer les incohérences du plan Natura 2000. Lalitte s’enflammant, dénonçant les abus et l’incompétence des bureaucrates, c’est quelque chose. Même si cela n’a rien d’exceptionnel. Enfin, n’avait. L’entendre vociférer au nom de la démocratie et de la liberté, parce qu’on ne peut pas tirer sur les perdreaux espérés, c’est, c’était très impressionnant. Et aujourd’hui, les chasseurs ont perdu le plus enthousiaste de leurs porte-parole.

Il paraît qu’il n’avait pas toujours été comme ça, que jadis il était quand même plus mesuré, moins mégalo. La mise en scène surréaliste des assemblées générales annuelles de la fédération départementale laisse (laissait) entrevoir la démesure du personnage : une salle plongée dans le noir, l’entrée sur scène du leader avec poursuite au projecteur, puis plusieurs centaines d’adeptes entonnant, le poing levé, le Chant des partisans, moi ça me fait penser à quelqu’un que je n’aime pas du tout.

Mais ce personnage excessif était un ardent défenseur de l’aménagement du territoire, luttant pour la préservation des zones rurales, pour leur développement même. Et puis, c’était un artiste accompli. Oui, oui, Jean-Pierre Lalitte, le chasseur fanatique de chez Dechavanne, était prof de dessin, et ses œuvres étaient magnifiques. C’est une (ex) journaliste culturelle qui vous le dit, alors vous pouvez le croire. Un fameux coup de crayon, un véritable talent.

Il aurait probablement été bon pour l’image des chasseurs du département que Lalitte quitte un jour la présidence. Parce qu’il les entraînait sur une drôle de pente, avec ses discours extrémistes. Mais il aurait pu s’en aller autrement, quand même. Au moins, une fois, rien qu’une fois depuis longtemps, il aurait fait quelque chose avec douceur.

En bref

VOCATION

Je devrais m’intéresser un peu plus au sport. Il faut dire que je m’intéresse au sport autant qu’à la chasse. Et je viens de découvrir qu’une Auvergnate faisait partie des athlètes sélectionnés pour les Mondiaux de Paris. Championne de France, quand même, dans sa discipline. Elle s’appelle Marie Poissonnier, et son truc c’est la perche. J’ai comme l’impression qu’elle a raté sa vocation, et qu’elle devrait venir nous voir sur le forum aquariophile que je fréquente. Bon, d’accord, c’est facile de se moquer, mais quand même, celle là, je ne pouvais pas la laisser passer.

SALTIMBANQUES

Le magazine Télérama, que je lis goulûment chaque semaine, vient de faire une découverte : une compagnie de théâtre, "Les Tréteaux des ménestrels", a donné une série de spectacles dans les villages du Cantal au début de l’année. Nous, ça faisait un bail qu’on était au courant. Et parce qu’on lit aussi Libération (parfois), on savait depuis plusieurs semaines que cette petite troupe inconnue, c’était tout bêtement Royal de luxe qui faisait la scène buissonnière. Et enfin, Télérama nous informe du tour de passe-passe des saltimbanques les plus en vogue du théâtre de rue. Si ça se trouve, à Télérama, ils lisent L’Union agricole et rurale. Ça leur apprend des trucs.

LE SCOOP

Chacun aura remarqué que les journaux télévisés, et aussi les journaux qui parlent de télévision (bon, d’accord, c’est encore Télérama) vient de découvrir qu’une part non négligeable des chaînes employait des gens sous un statut plus que précaire. Alors là, pardonnez-moi, mais ça me fait bien rigoler, cette soudaine prise de conscience. Et le jour où je vais vraiment me marrer, c’est quand les journaux vont titrer sur le scandale des "correspondants" et des pigistes dans la presse. D’accord, c’est pas en disant des choses pareilles que je vais trouver du boulot. Mais tant pis.

L’image de la semaine

Encore plus vert

Les vaches vont bientôt pouvoir dormir tranquilles : dès le mois de septembre, le train de nuit sera supprimé par la SNCF. Le Cantal sera encore plus vert, encore plus sauvage, encore plus isolé. (Photo Dominique Bardel)

Le lien de la semaine

Vous êtes gâtés : pour inaugurer le P’tit Journal estival du Cantal, je vous offre pas un, mais deux liens. Oui, vous avez bien lu.
Deux liens autour du même thème : l’identité du département. Ce n’est pas la gastronomie, ce n’est pas le tourisme, ce n’est pas la langue occitane. Non, ce qui caractérise le plus sûrement ce beau pays, c’est... la météo.
Je vous propose donc de découvrir deux véritables institutions, deux monuments qui font partie de l’histoire locale, au même titre que le pape Gerbert (qui ignore que le premier pape français, qui a eu pour lourde tâche de gérer la panique lors du passage à l’an mil, était cantalien ? Ne regardez pas en l’air, ceux du fond, je vous ai vus !). Je vous invite à visiter les sites de deux immenses fabricants de parapluie. L’immémorial Piganiol (en occitan, "piganiol" veut dire "querelleur", c’est mon chef qui me l’a dit, et il sait de quoi il parle, puisqu’il s’appelle...), et le très prestigieux Dalbin, qui commercialise le célébrissime parapluie "L’Aurillac".
Bonne visite !


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Image extraite de l'article "Auch secrète"