Le jardin de DB

Vous êtes ici : Accueil du site > Textes > Les chroniques de Marie-Honorine > Dans l’cochon, tout est bon

Menu de navigation

Masquer la bannière
Afficher la bannière
 
 

Aux utilisateurs d'Internet Explorer 6,
Votre navigateur ne vous permet pas de bénéficier pleinement des fonctionnalités proposées par ce site. Si vous en avez la possibilité, je vous invite à télécharger gratuitement la dernière version d'Internet Explorer, ou mieux, Mozilla Firefox.

4 commentaires

Publié le lundi 22 septembre 2008 dans la rubrique :

Les chroniques de Marie-Honorine

Charme authentique et authenticité charmante

Dans l’cochon, tout est bon

Je vous jure que je ne voulais pas m’acharner. Je ne voulais pas vous livrer, si vite, sans vous laisser le temps de récupérer, une nouvelle tranche de vraie vie de nos vraies campagnes. Mais voilà : l’actualité n’attend pas.

Essentiel, important, primordial : commencez par lire le début de l’histoire !

Et voici pourquoi je vous emmène à nouveau au comiss. Après vous avoir fait découvrir les techniques et les critères, rigoureusement objectifs, de sélection des futures garantes de la qualité de notre cheptel, je vais vous révéler aujourd’hui, en avant-première mondiale, l’identité du sujet qui représentera son département, l’Ariège, et MA région, Midi-Pyrénées, lors de la grande finale du vrai Salon de l’agriculture, qui se déroulera au Puy-du-Fou le 6 décembre. Retenez bien cette date, le lieu et tout ce qui va avec.

Et vous allez vraiment comprendre à quel point les comices sont vraiment très importants. Je vous en avais déjà apporté la démonstration avec des vaches. Mais dans ces grandes fêtes de l’élevage, concourent également ceux sans qui nous ne savourerions ni pâtés, ni terrines, ni courgettes farcies, ni filets mignons avec des petites patates rissolées, ni jambons parfumés, ni saucisses de Morteau. Le cochon. Cet animal sublime qui nous apporte tant de joies, tant de succulentes délices, tant de bonheurs gastronomiques : sans le cochon, et sans le travail des sélectionneurs, la cuisine française n’aspirerait pas à accéder au rang fort mérité de patrimoine mondial de l’humanité. Quand même. Le sujet est sérieux, vous voyez bien.

Chacun sait : dans l’cochon, tout est bon. Y’a rien à jeter. Rien du tout. Le cochon est la création la plus parfaite de l’univers. Avec le cochon, amoureusement élevé par des producteurs qui choisissent avec le soin le plus jaloux leurs meilleurs verrats et leurs meilleures laies pour nous offrir leurs meilleurs petits cochonnets, avec le cochon, on fait la saucisse de Morteau. On appelle également cette merveille « La Belle de Morteau ».

Elle est élevée en montagne (enfin, tant qu’elle est sur pattes), pour la qualité des herbages qui lui donneront toutes ses qualités. Elle est la fierté de tous les habitants de la région, et on les comprend. On les jalouse, même. Eh bien, figurez-vous qu’on la trouve également en Ariège, autre pays de vertes prairies, de nature préservée, de traditions soigneusement perpétuées, de terroir qui sent bon la campagne, de vraies gens. Le seul tout petit souci, c’est que la saucisse originale bénéficie d’un label IGP (Indication géographique protégée, c’est très compliqué, ça ressemble à une AOC, c’est encore plus officiel qu’un Label rouge, oh pis hein, tout ça c’est pour que vous sachiez ce que vous avez dans vos assiettes, alors ça va, quoi, c’est vrai, quoi, faut pas charrier non plus, quoi, et puis bon), donc l’IGP ça veut dire que la saucisse de Morteau est une espèce très étroitement inféodée à son substrat. Les aquariophiles comprendront (bon sang, qu’est-ce qu’elle nous colle des saucisses dans les aquariums, l’autre, là ?). Les autres, comprenez ceci : hors de son terroir, la saucisse n’est plus vraiment la même. Elle est très bien aussi, mais c’est pas vraiment la vraie. Alors pour ça, il y a une ruse : on change un chouïa l’orthographe. C’est même pas de la triche : on peut expliquer ça comme une évolution de la langue en fonction de critères régionaux comme l’accent, l’interférence avec les patois locaux, voire avec les langues des pays très proches. Et c’est donc comme ça qu’en Ariège, tout près de l’Espagne, au cœur de l’Occitanie, Morteau devient Mortaud. Vous sentez l’influence espagnole ? Non ? Tant pis.

N’empêche qu’au comiss occitan qui s’est tenu à L’Isle-sur-Tarn, presque de l’autre côté de ma rue, dites donc, les producteurs ariégeois ont abattu un ours leur carte maîtresse, la perle de leur élevage : leur saucisse Mortaud à eux. Et ils ont gagné. Le fier éleveur Ariégeois en est encore tout retourné, lui qui élevait des brebis depuis la nuit des temps. Il change de production et hop ! La consécration !

JPEG - 43.7 ko
La bête avant cuisson. Photo © La Dépêche du Midi/Émilie Cayre

Eh bien vous savez quoi ? Je suis vachement fière d’être une femme, et de voir l’une de mes semblables porter si haut mes valeurs, l’humanité, les luttes de celles qui nous ont précédées pour que l’on soit aujourd’hui considérées autrement que comme des tas de viande, tout ça. Je sais maintenant qu’on est sur la bonne voie. J’ai pas raison ? C’est pas le pied, les foires agricoles ? Hein ?

Recommander : 
 

Vos réactions

 
Dans l’cochon, tout est bon
23 septembre 2008 18:12, par Ardalia

C’est un remake de la Morteau trousse ?

Kheuf kheuf, krrm, pardon.

Un jour une commensale amicale m’a fait goûter son pied de porc, c’était bon dis donc !

Dans l’cochon, tout est bon
24 septembre 2008 14:06, par FGFT

Ravissant, le discret strabisme de la saucisse... :-/

Dans l’cochon, tout est bon
24 septembre 2008 14:11, par Dominique

FGFT —> D’abord, on juge pas sur le physique, on a la tête qu’on peut. Et puis de toute façon, les juges, c’est pas ses yeux qu’ils ont regardé, mais ses qualités maternelles (cf. la superbe démonstration dans Le comiss. :-))

Dans l’cochon, tout est bon
24 septembre 2008 14:11, par FGFT

Eh bien alors, pourquoi ils ont pas photographié les qualités maternelles ?

 

À vous d'écrire

 

Sur le même thème

Au hasard

Des articles...
Une photo...

Cliquez sur cette image pour accéder à l'article dans lequel elle est publiée.

Image extraite de l'article "Le cadeau (empoisonné) de Dimitri"