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Publié le jeudi 7 août 2003 dans la rubrique :

Le p’tit journal du Cantal

Ras le bol

Là, je craque. J’en ai plein les bottes, ça me saoûle, j’en ai par-dessus la tête. Le fait que je pète un plomb ne changera rien à l’affaire, je sais. Mais au moins ça me soulage. Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais moi je trouve qu’il y a déjà un moment que les bornes sont dépassées.

C’est vrai, quoi. Vous n’êtes pas d’accord ?

Vous n’allez quand même pas me dire qu’il n’y a rien d’autre que la canicule, la mort de Marie Trintignant et les états d’âme de Bison futé à raconter ! Depuis combien de temps on n’a pas entendu parler d’autre chose ? Vous pouvez me le dire ? Et maintenant qu’elle est enterrée, Marie Trintignant, avec quoi ils vont les ouvrir, leurs JT ? Si jamais il pleut et que les incendies s’éteignent, ça va être la catastrophe : il n’y aura plus d’infos. Parce qu’apparemment, il n’y aura plus rien à dire.

Pour bien s’échauffer, on va se faire le plan type d’un journal de cet été. C’est à dire qu’on va se prendre le plan type d’un journal de l’année dernière et on va multiplier par douze mille. Au moins.

Donc, on ouvre sur Marie Trintignant, dont les obsèques ont eu lieu hier au Père-Lachaize. A la louche, ça nous tient la moitié du journal. Bon, comme il s’agit quand même de quelqu’un qui est décédé et dont la famille souffre, je ne vais pas m’attarder.

Viennent les records de chaleur. Des fois qu’on n’aurait pas vu qu’il fait chaud. Je détaille : il fait super-chaud, les gens n’ont qu’un moyen pour se rafraîchir, c’est se tremper dans les bassins des jardins publics (ou les piscines des campings), et on termine, pour élargir le débat, sur les gens qui travaillent dehors. Jour après jour, on a vu passer les cantonniers, les gars des ponts et chaussées, les fonctionnaires allemands que la loi autorise à arrêter le travail dès que la température extérieure dépasse 29°. Selon les jours, les travailleurs à la Germinal sont remplacés par les pauvres vacanciers qui n’ont pas d’ombre dans leurs caravanes, voire, quand un journaliste a de l’imagination, par les sinistrés des inondations ou des incendies obligés de vivre sans clim’ dans des mobilhomes. Là, on en est aux trois quarts du JT.

Allez, on enchaîne avec les incendies. Pas de pot, on dirait que ça se calme. Heureusement que le Portugal s’applique, sinon ça nous ferait un sujet en moins, coco.

Une fois qu’on a vu tout ça, il nous reste une poignée de minutes pour survoler le Liberia ; pour rappeler que les intermittents privent le public de son droit d’assister aux spectacles et qui ruinent les municipalités accueillant les festivals ; pour... pour rien d’autre, d’ailleurs, parce qu’il faut quand même pas bâcler le sujet sur la sortie de Terminator 3 avec ITW de Schwarty.

Voilà, c’est ce qu’on aura appris de la marche du monde aujourd’hui, comme hier, comme la semaine dernière. Et encore, attendons vendredi, pour le chassé-croisé des aoûtiens et des juillettistes, pour savoir si Bison futé voit rouge ou orange, et pour avoir un petit arrêt sur une aire d’autoroute avec la séance conseils spécial anti-déshydratation des bébés et détende du monsieur qui conduit (toujours cool, le monsieur, d’ailleurs). Et le total des kilomètres de bouchons.

Si vous voulez, le vous fais tous les journaux de la semaine prochaine, sans bouger de derrière mon ordinateur, et sans même consulter la page d’accueil de Yahoo ou le nouveau service infos de Google. Bien sûr, j’ai moi-même titré "Quoi de neuf ?" il n’y a pas longtemps, pour dire que je n’avais rien à dire. OK. Alors venez faire du SR dans un journal agricole du Cantal et, pendant que vous êtes en vacances (loin des sources d’infos, que de toutes façons mon travail quotidien d’opératrice PAO améliorée ne me permet pas de connaître), pondez-moi un papier par jour. Quand vous aurez tout dit sur la sécheresse, on verra.

Arrêtez-moi si je me trompe, mais un journaliste normalement constitué fulmine à longueur d’année parce qu’il n’a jamais la place de développer des sujets de fond, inattendus, décalés, originaux, que sais-je. L’actu l’oblige à traiter la surface des choses, et il jure ses grands dieux qu’un de ces jours il va quand même en parler, comme il faut. J’estime, en toute modestie, être une journaliste normalement constituée. Et chaque été, quand j’écrivais au lieu de corriger ce qu’écrivent les autres, quand j’avais le droit de quitter mon Macintosh et de ne pas travailler à heures fixes, je profitais du calme estival pour "sortir" les sujets que je ne pouvais pas aborder le reste du temps. Ça y allait, je peux vous le garantir : des portraits, des reportages, des interviews, des enquêtes, je n’étais jamais en panne. Et ça ne m’empêchait pas, naturellement, de traiter les traditionnels marronniers, genre "comment s’inscrire à la fac après les dates", puisqu’il fallait le faire. Simplement, je ne répétais pas chaque jour ce que j’avais déjà dit la veille.

Je me vante ? Je mets la barre trop haut ? Je ne dirais pas la même chose si j’étais dans la même boîte depuis quinze ans ? C’est possible. Tant pis. J’en ai simplement plus que marre de ne rien apprendre quand j’ouvre un journal ou quand j’allume la télé. J’en ai surtout assez qu’on me prenne pour une triple andouille en me servant, jour après jour, toujours la même soupe allongée avec rien.

Bon, à demain, ça ira mieux.

En bref

CUPIDES

Quand les acteurs du monde agricole cantalien se sont unis pour proposer un "aliment solidarité", je me suis réjouie, bien sûr, et j’ai avoué, un peu confuse, que j’avais eu auparavant l’esprit assez tordu pour penser que ces mêmes acteurs ne songeraient qu’à s’en mettre plein les poches en vendant des granulés hors de prix, profitant de l’urgence. Hélas, j’avais quand même raison. L’aliment est fabriqué, livré chez les dépositaires et proposé à la vente, certes. Mais il est clair que les marchands d’aliments ne jouent pas le jeu. Ils expliquent que le faible coût du produit signifie forcément qu’il est de mauvaise qualité, et incitent les éleveurs à acheter le super granulé tip-top multivitaminé, qui coûte la peau des fesses. Et je ne parle même pas de l’inflation qui touche les aliments "classiques" que les exploitants distribuent à longueur d’année à leurs animaux. Je suis rassurée : tant que la corde ne casse pas, on trouve toujours quelqu’un, et sans chercher, pour tirer dessus.

MÉCONTENTS

Vous connaissez le SMSA ? C’est quelque chose de très amusant : il s’agit d’un groupe de dissidents de la Confédération paysanne, le "Syndicat des mécontents du système agricole". Mardi, ils ont organisé une manif devant la Chambre d’agriculture. Ils ont inscrit des slogans à la peinture sur le trottoir tout neuf, même que le goudron est à peine sec, et ont accroché une grande bannière devant la porte. Qu’est-ce qu’ils ont ? Ils sont en colère. Sachant qu’un agriculteur de base, par définition, est toujours en colère, et que le plus calme des syndicats est là pour porter haut sa parole, on peut s’imaginer l’intensité du courroux des membres du SMSA. Cette fois-ci, ils contestent le fait que les dossiers d’aides liées aux calamités agricoles soient traités par une commission exclusivement constituée de gens de la FDSEA et de leurs copains les Jeunes agriculteurs.
J’avoue que j’attends avec une angoisse certaine le jour où le SMSA sera satisfait. Si jamais, ce jour-là, tout va bien et si les paysans sont heureux (utopie, je sais), on verra les mécontents contents. Ça va être terrible.


L’image de la semaine

Faire son miel

La Planèze, entre Saint-Flour et le Plomb du Cantal, est grillée, crépitante, déssechée. Sur le bord d’une petite route, seuls les chardons survivent. Et font le bonheur des abeilles si lourdement chargées de pollent qu’elles en sont littéralement recouvertes, une légère farine jaunâtre masquant les dessins sur l’abdomen de l’insecte... La sécheresse, on s’en doutait, ne peut pas interrompre la vie de la nature ; elle la perturbe, tout au plus. (Photo Dominique Bardel)

Le lien de la semaine

Voici un lien qui ravira les accros du folklore. Cette semaine, à Murat, se déroule le festival des danses et musiques du monde. En Auvergne, la tradition est une valeur partagée par tous ; et elle s’exprime en premier lieu par la danse en costume, au son des instruments dont la pratique se transmet de génération en génération. Sur cette terre si fortement attachée à son patrimoine, rien d’étonnant à trouver une multitude de festivals liés au folklore, emboîtant le pas au tout premier d’entre eux, celui de Gramat. Mais celui de Murat a une grande qualité : il se déroule dans le Cantal !

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