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Publié le samedi 24 février 2001 dans la rubrique :

Mon press-book

Salon de l’agriculture 2001

Opération confiance

Salon de l’agriculture et Sima : sur fond de crise

Une nuit de train à l’aller, deux salons agricoles majeurs dans la journée, encore une nuit de train et la rédaction d’un dossier dans la foulée... Je l’avais voulu, ce Salon de l’agriculture ! Voici le résultat de ce reportage marathon (hormis les résultats et quelques encadrés), qui fut un très grand bonheur.

Cette année, Paris accueille simultanément deux événements agricoles majeurs, devenant, le temps d’une semaine, la capitale mondiale de l’agriculture. Sima à Villepinte, Salon de l’agriculture à la porte de Versailles, constituent les deux volets d’un même défi : renouer avec la confiance du public, en communiquant massivement sur la qualité. Apparemment, les visiteurs ont reçu le message, et ne demandent qu’à se laisser séduire.

Deux salons, deux démarches d’éleveurs, avec, au final, la même préoccupation : promouvoir l’élevage bovin du Cantal qui, au vu des résultats des différents concours, tire très honorablement son épingle du jeu.

Alors que le Simagena (section élevage du Salon international du matériel agricole) est destiné essentiellement à un public de professionnels, le SIA (Salon international de l’agriculture) s’adresse ouvertement au grand public. Sélection et techniques pour le premier, pédagogie et image de marque pour le second : une belle complémentarité entre ces deux événements parisiens, qui révèle aussi, parfois, les dissidences...

Deux salons complémentaires

Deux climats différents, deux ambiances qui, il faut bien l’avouer, ne jouent pas en faveur du salon de la porte de Versailles. Côté Sima, une signalétique très claire, des stands faciles à trouver, de l’espace et de la lumière, et, “détail” qui compte, les bêtes exposées tout près du ring de présentation. En revanche, un public relativement clairsemé (le prix d’entrée, à 120 F, est particulièrement dissuasif, surtout si l’on rajoute la même somme pour le catalogue), même s’il n’est constitué que de professionnels particulièrement motivés.

Au Simagena, on fait des affaires, on prend des contacts pour des ventes à venir. Côté salon de l’Agriculture, bien sûr, une foule compacte : c’est l’image la plus médiatisée de l’événement. Un public essentiellement urbain, qui vient pour découvrir les animaux, en famille, et extrêmement demandeur d’informations auprès des éleveurs et producteurs. C’est là l’un des principaux attraits de cette énorme manifestation (l’autre étant, bien sûr, le Concours général agricole), qui a son revers de médaille : des travées impraticables, un bruit parfois insoutenable, une ambiance tendue dont les bêtes subissent les conséquences : “A la fin de la semaine, mon taureau aura perdu au moins 50 kg”, confie un exposant salers. Et quelques incohérences : une classification étrange des animaux (on trouve aubrac et salers en races à viande, et non mixtes, et placées très, très loin l’une de l’autre), un affichage confus, et des rings disposés le plus loin possible des stands. Enfin, et c’est plus grave, une mauvaise isolation thermique soumettant les bêtes, et notamment les veaux, à des variations de température trop importantes : les vétérinaires ont eu fort à faire, et les éleveurs se montraient inquiets quant à la santé - voire la survie - des plus jeunes.

Satisfaction générale

Par contre, qu’il s’agisse du Simagena ou du Salon de l’agriculture, aux dires des éleveurs, les jurys se sont révélés de très haut niveau, et leurs commentaires et explications, très pédagogiques, ont satisfait tant le public néophyte que les participants. Grande satisfaction, dans l’ensemble, pour les exposants qui ont œuvré sans relâche, et avec un bel enthousiasme, pour leurs races et pour leur région. D’autant que l’intérêt du public tombait à point nommé pour mettre du baume au cœur des producteurs de viande bovine, qui ont constaté que, malgré la crise, les races du Cantal bénéficient d’une image qualitative que rien ne semble pouvoir ternir. Reste à reconquérir définitivement le cœur des consommateurs, en les aidant à associer l’image des belles salers et aubrac à la viande de leur boucher... Il s’agit là d’un autre combat, de longue haleine.

Race montbéliarde

Race montbéliarde : le Cantal fait acte de présence

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Cinq éleveurs cantaliens ont défendu les couleurs du département lors du 13e concours national montbéliarde (photo Dominique Bardel).

Pour la première fois, le Concours national montbéliarde se tenait dans l’enceinte du Salon de l’agriculture. Pour l’occasion, de nombreux départements français ont réalisé des décors, montés dans le grand ring, afin de promouvoir leurs élevages. La délégation cantalienne était présente avec huit animaux au catalogue... et pas de décor. Tout juste si les exposants arboraient la même cravate. “On aurait bien voulu faire un beau décor, porter des costumes. Mais les moyens nous ont manqué. Nous n’avons pas reçu les aides que nous attendions pour venir au salon, alors on a fait ce qu’on a pu.”

Cependant, les participants cantaliens se sont défendus pour présenter des vaches qu’ils élèvent hors-berceau, face à des concurrents aguerris. Si leur palmarès n’est pas des plus glorieux, ils ont tout de même défendu les couleurs du département, et ont ramené une quatrième place honorable.

Challenge prim’holstein

Challenge prim’holstein : rencontre au sommet

Mercredi, se déroulait au Simagena le Challenge international holstein, réunissant de nombreux concurrents venus de toute l’Europe. Parmi eux, quatre éleveurs cantaliens.

Venus concourir avec leurs meilleurs animaux, quatre éleveurs du Cantal se sont confrontés au gratin de l’élevage européen, à l’occasion du Challenge international holstein. Pascal Besson de Bassignac, Noël Damon de Salins, le Gaec de l’Etang de Chaussenac, Guy Gensonnie de Chalvignac ont fait le choix d’engager leurs bêtes à Villepinte, alors qu’aucun exposant holstein cantalien ne s’est trouvé porte de Versailles. “On vient au Sima pour faire connaître notre sélection”, explique Pascal Besson. “Notre but est d’obtenir des contrats commerciaux avec des éleveurs d’autres pays européens, et c’est dans ce salon, très professionnel, que nous en avons l’opportunité. Mais, avant tout, la sélection est notre passion, et la confrontation avec les autres éleveurs nous aide à progresser.” Quoi qu’il en soit, à la fin du salon, il lui restera toujours, entre autres récompenses, la mention honorable en championnat jeune avec BB Orange. Quant à Noël Damon, il a remporté avec Langourla (qu’il possède en copropriété avec Robert Fressanges) la réserve en grande championne, et la mention honorable avec Salinoise Massie.

Race salers

Race salers : le coup de cœur du public

C’est indéniable : les allées les plus fréquentées étaient bien celles qui longeaient les stands des éleveurs de salers. Pour le public, tradition de terroir et qualité sont indissociables de cette belle robe rouge qui remporte tous les suffrages.

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Le taureau âgé Mignon, à l’EARL Rougier, a conquis le titre du Concours général, devançant le jeune Ocelot (ci-contre). Photos Dominique Bardel.

Pourtant, elles n’étaient pas nombreuses, au Salon de l’agriculture : vingt vaches et taureaux, triés sur le volet par une commission de sélection. Résultat : de magnifiques animaux qui ont éveillé la curiosité des visiteurs assaillant littéralement le stand de l’Upra, ne résistant pas à l’envie de caresser les somptueuses fourrures, fondant de tendresse devant le charme des veaux. Parmi les visiteurs, il y a ceux “qui savent” : ils ont déjà vu des salers lors de visites ou de vacances dans le Cantal, et associent d’emblée la race aux délicieux repas qu’ils ont pris dans les fermes-auberges. Quant aux autres, qui tombent immanquablement en arrêt devant la couleur de la robe et l’élégance des cornes, ils ne tardent pas, une fois informés, à se laisser séduire, repartant confiants.

Deux nouveaux champions dans le Cantal

Le département a beau être le berceau de la race, c’est une belle performance qu’ont réalisée les éleveurs cantaliens, raflant tous les premiers prix sauf un, celui des jeunes vaches, revenant à une exposante venant de Saint-Samson dans le Calvados... pays de la normande !

C’est donc le taureau âgé Mignon, appartenant à l’EARL Rougier, qui a remporté le titre envié de Champion du Concours général agricole, devançant le jeune Ocelot à l’association de la Sauvegarde de l’enfance. Mignon est le fils d’Impeccable par Angélique, et compte à son actif une descendance de treize veaux. La Championne femelle est Isère, appartenant à Jean-Paul Raboisson, une fille d’Empire par France et mère de quatre veaux.

Sur le podium, on trouve deux produits du reproducteur Imposant : le 3e prix Orphé en mâle et le 1er prix Ondine en femelle, les deux animaux venus de Normandie. Insouciant est le père du 1er prix Ocelot en jeunes mâles et du 3e prix Marseille en vaches âgées ; son troisième produit présenté, le taureau âgé Mistral, n’a pas été classé. Impeccable a produit le champion mâle Mignon, et présentait la vache Noble, non classée. Quant à Junior, il est le père du 3e prix en vaches âgées Nénette, et de la jeune vache Océane, non classée.

Stand salers au Simagena : le choix de la liberté

À Villepinte, des éleveurs salers se sont réunis dans un même stand, pour promouvoir leur race auprès d’un public très international.

Une délégation de Salers association était présente au Sima pour nouer des contacts avec une clientèle internationale. “La race intéresse beaucoup les acheteurs des pays de l’Est”, explique Laurent Antignac, technicien au Herd-book salers. “Les qualités maternelles sont un atout de première importance pour ces pays, où les conditions d’élevage sont très difficiles.” Parmi les délégations étrangères, les exposants espéraient la visite d’une trentaine d’éleveurs russes.

À côté du stand du herd-book, Guy Gensonnie mettait, quant à lui, l’accent sur les qualités bouchères de la race, n’hésitant pas à présenter un veau croisé pour illustrer sa vision de l’élevage. Au Sima, il a noué des contacts avec des bouchers du Pas-de-Calais, du Midi... “Je viens exposer au Sima pour être libre de défendre ma propre idée de l’élevage”, affirme-t-il ; “Je crois qu’il faut travailler autrement si l’on veut mieux valoriser la salers sur le plan boucher.”

Race aubrac

Race aubrac : pour finir en beauté

Mercredi, le même jour que les salers, la race aubrac était jugée devant un public qui commençait à se clairsemer : c’est en effet le concours aubrac qui concluait la journée, pour finir avec la plus grande élégance.

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Louvette, vice-championne (photo D. Bardel).

Même s’il semble qu’elle soit un peu moins connue du grand public, la race aubrac a, elle aussi, remporté un très vif succès. Il faut dire que sa blondeur et le maquillage de ses yeux jouent en sa faveur. Comme la salers, elle inspire spontanément la plus grande confiance chez les consommateurs, incarnant la nature sauvage d’une France lointaine (aux yeux des Parisiens) qui a su rester à l’abri des dérives industrielles.

Avec trente animaux au catalogue, présentés par autant d’éleveurs, la race aurait mérité un meilleur emplacement au salon, cachée derrière les limousines, très loin au fond du hall. Mais le public a su trouver le chemin, c’est là l’essentiel. Quant à l’interminable chemin menant au ring, il fut ponctué d’exclamations admiratives devant la majesté, toute de puissance, des taureaux dont les larges cornes ont émerveillé plus d’un spectateur. Avec sa cousine salers, nul doute que l’aubrac, tout au long du salon, aura été une ambassadrice des plus convaincantes pour la filière bovine.

Une sélection de haut vol

Si les Aveyronnais ont largement dominé le concours (avec trois premiers prix), le Cantal s’est distingué dans la classe des femelles âgées, s’offrant même le titre de Championne femelle. Devant une sélection particulièrement homogène, le jury a souvent exprimé la difficulté à désigner un vainqueur, tant la qualité de l’ensemble des animaux présentés était excellente. A noter la présence, sur le ring, d’une paire de bœufs dressés sous le joug, amenés par un Vierzonnais qui contribue, à sa manière, à promouvoir l’aubrac au travers des manifestations auxquelles il participe.

Parmi les géniteurs des bêtes exposées, on notera Hector, père du Champion mâle Idéal et du 5e prix femelle Nancy. Invincible a produit le 3e prix jeune femelle Mendoise et Mignonne, non classée. Le Champion mâle Idéal, fils de Hector par Idéale, appartient au Gaec Catays de Laguiole, et est le père de 5 veaux. Quant à la Championne cantalienne Joyeuse, elle fait la joie d’Alain Modenel à Saint-Martin-sous-Vigouroux, à qui elle a donné 5 veaux.

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Image extraite de l'article "Une femme romanesque (2)"