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Publié le mercredi 9 février 2000 dans la rubrique :

Musique

Jean Lenturlu

Wanted a fragile man

Chanson française : au commencement était le Poche

Dès qu’on aborde, sur le plan musical, la période postérieure à la deuxième moitié du vingtième siècle, je suis perdue. La chanson ? Connais pas... Il a bien fallu pourtant que je m’y mette, pour couvrir l’actualité du théâtre de Poche alors que je travaillais au Progrès. C’est là que j’ai découvert des artistes attachants, qui avaient des choses à dire. Et j’ai fini par rencontrer le créateur de ce lieu où j’ai tant appris. Portrait d’un personnage déroutant.

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Des paroles qui dérangent, une musique qui déménage : Jean Lenturlu n’est pas, mais pas du tout, un produit marketing (photo © Jean Lenturlu).

Une pancarte sur le front : "fragile". Il s’est étiqueté lui-même, évitant aux autres la peine de le faire à sa place. Pendant plusieurs années, Jean Lenturlu s’est affiché sous ce label mi-dérision, mi-provocation. Aujourd’hui, il change de message. "Wanted" : il faut le rechercher. Pour le découvrir dans un nouveau spectacle.

“Quand j’étais gosse, je rêvais de jouer du piano. Mais bon, c’était trop cher, alors j’ai appris à jouer du cornet à piston. Seulement, il fallait faire du solfège, et je n’aimais pas ça...” Né à Montbrison dans une famille de musiciens amateurs, Jean Lenturlu a longtemps été bercé par Euterpe... Avant de rencontrer Érato. Adolescent, il commence à écrire des textes, des poèmes qu’il met en musique avec la guitare qu’on vient de lui offrir. Dans la cour du lycée, il chante ses compositions. Et on l’écoute.

Deux ou trois ans plus tard, avec ses copains de lycée, il fonde "Simagrée musique", un groupe de musiciens qui tournera pendant six ans, jusqu’en 1989. Parallèlement, il suit des études de philo pendant un an, mais sa vie estudiantine ne durera pas plus. Immédiatement, il opte pour une carrière de “philosophe manutentionnaire”, comme il aime à le dire. Responsable de la MJC de Montbrison pendant quatre ans (il est alors objecteur de conscience), il apprend à gérer et animer un lieu culturel... Riche de cet apprentissage, en 1988, il se lance, avec une partie des membres de Simagrée, et ouvre une petite salle à Saint-Etienne : le théâtre de Poche.

Jusqu’en 1996, il dirige ce lieu qui propose alors un large éventail d’activités, de la création théâtrale aux ateliers scolaires, en passant par l’accueil d’artistes en résidence. C’est ici qu’ont débuté Jeanluc Epallle, Gil Chovet, Farid Omri et La Baronne. Parmi d’autres.

Du Poche à Paris

Après huit années passées à la tête du Poche, Jean Lenturlu veut explorer d’autres horizons. Il confie la direction du théâtre à Roland Comte, fidèle équipier de la première heure, et s’en va. À Paris. “J’aime cette ville. Paris est magique, elle fascine les artistes. C’est la ville de la création.” Il revient régulièrement à Saint-Étienne, notamment pour créer son premier spectacle, Lapidaires songs, avec ses textes et ses musiques (ou celles de Xavier Michel). À son répertoire, des chansons dont l’humour pour le moins décalé ne manque pas de susciter les réations : on adore ou on déteste. Love mémés, Le Bal des nazes ou La Chanson crime dévoilent un auteur qui n’a pas peur de passer pour cruel. “La vie est cruelle. Mon propos n’est pas d’écrire des bluettes : je suis un producteur de danger”. Un brin de perversité dans la voix, Jean Lenturlu chante l’amour des vieux, le désir de l’assassin. Avec son étiquette “fragile”, il attaque, il mord, il fait peur. Pourtant, il ne chante que des chansons d’amour... Loin des sentiers battus. “Pourquoi ne pas chanter que les vieilles mémés peuvent avoir des fantasmes, peuvent rêver d’amour ? Y a-t-il quelque-chose d’horrible à imaginer quelqu’un gardant le corps de celle qu’il aime dans son frigo, pour ne pas la perdre ?” Finalement, il a raison.

Aujourd’hui, Jean Lenturlu prend un nouvel élan. Installé en Auvergne, il a créé une petite société de production, pour éditer un “objet culturel” unissant ses trois modes de création : chansons, nouvelles et aphorismes. “Il s’agit d’un livre-disque, qui sortira à l’automne. J’écris des aphorismes, mais il est difficile de toucher le public. Les chansons permettent d’élargir ce mode d’expression.” Pour illustrer le livre, il a fait appel à trois peintres : Aymerick Ramilison, Norayam Amrouni et Fa, qui illustre le programme du Poche depuis de nombreuses années.

Chansons terribles

En attendant que ce projet aboutisse, Jean Lenturlu retourne sur scène avec un nouveau répertoire, même s’il garde quelques titres de ses Lapidaires songs. Entouré d’excellents musiciens, il créera son nouveau spectacle, Chansons terribles, au Nec, le 18 février. On y découvrira un chanteur moins agressif, qui a appris à chanter l’amour avec moins de violence, mais sans renoncer à l’ironie. Parmi les surprises de ce concert, Le Cri silencieux, avec un texte et une musique superbes. Ou des vers de Victor Hugo auxquels la musique apporte une nouvelle force (pour se réconcilier avec l’affreux souvenir du CM2 : “Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne...”). Wanted... On le retrouve, plus tendre, plus humain. Tous comptes faits, on n’arrive pas à le détester.

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Image extraite de l'article "Une féérie pour enfants de tous âges"