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3 commentaires

Publié le jeudi 5 juin 2008 dans la rubrique :

Les chroniques de Marie-Honorine

Sylvain des Forges

Vous ne me verrez pas à poil

Voici quelques mois, j’avais commencé le récit d’une histoire, Sylvain des Forges. Vous n’aviez pas beaucoup réagi, comme souvent, mais cette fois, cela m’arrangeait plutôt. Je n’avais écrit que deux chapitres, et puis les choses en étaient restées là.

J’ai compris plus tard que ces deux textes figuraient parmi ceux qui vous avaient le plus touchés.

Mais je n’écrirai pas la suite.

Les semaines se sont écoulées, de nombreuses semaines, je vous ai raconté des tas de choses, je vous ai montré des photos, on a bavardé un peu, Sylvain des Forges est tranquillement resté dans son coin, sans bruit. C’était juste une histoire que j’avais laissée en plan.

Et puis quelqu’un a posté un commentaire, comme un coup de tonnerre. L’une des filles de Sylvain et d’Yvonne avait trouvé le Jardin par hasard. Elle a prévenu ses sœurs, qui se sont vite manifestées à leur tour. Les frères, eux, sont restés silencieux.

J’avais voulu vous raconter une histoire en vous faisant croire que ce n’était qu’une histoire, rien de plus. J’aurais pu la terminer, elle n’aurait pas été très longue, six ou sept chapitres, au plus. J’ai essayé de rédiger un troisième chapitre, ce fut un désastre. J’ai longtemps hésité, j’ai plusieurs fois effacé de mon ordinateur la suite que vous ne lirez pas.

Vous ne me verrez pas à poil.

Cette histoire est vraie ; ce qui me gêne, c’est que vous le sachiez. Ce qui me paralyse, c’est que cette famille, que j’ai si peu connue et qui a tant compté pour moi, a de moi des souvenirs que je ne veux pas confronter à ma propre mémoire. Et cette famille me lit. Ce qui me sidère, c’est que je n’avais jamais imaginé que les filles de Sylvain trouveraient un jour mon site. Alors qu’il est si visible. On ne va pas parler d’acte manqué ni de tout ce bazar dont je n’ai cure. C’est fait, elles sont venues et vous avez su que Sylvain avait vraiment existé. Je ne voulais pas ça. Je voulais juste raconter.

J’ai été mise au chenil par ma mère quand j’avais onze ans. Elle m’a chargée dans la voiture et m’a livrée chez des inconnus, me laissant là pour deux mois en donnant pour toute instruction : « Obligez-la à se laver, elle n’aime ni l’eau ni le savon. » Elle est revenue chercher le paquet à la fin du contrat et ce fut fini. Plus les années passent, moins j’accepte ce qu’elle a fait. Elle fit bien d’autres choses, et de pires, par la suite. Et plus j’avance en âge, plus je sens la colère me ronger. Je pense à Sylvain, Yvonne, leur poule, leurs chiens, leurs chevaux, leur maison, leurs six enfants tous les jours. Ça fait trente-trois ans que ça dure. J’ai cru que je pouvais contrôler ça et faire croire ce que je voulais à qui je voulais. Faire croire que ce n’était jamais arrivé. C’est raté, et vous n’en saurez pas plus.

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Vos réactions

 
Vous ne me verrez pas à poil
7 juin 2008 19:09, par Umanimo

Voila qui est bien dommage, mais je peux le comprendre.

J’ai toujours senti que ce récit était réel et c’est ce qui me touchais le plus. Je l’aime beaucoup et j’ai une petite frustration à ne pas savoir la suite.

UMA_qui_envoie_plein_d’amour_à_sa_DB

Vous ne me verrez pas à poil
8 juin 2008 08:00, par Julien

Comme Uma, je trouve cela dommage, d’un point de vue purement égoiste, mais tout à fait compréhensible.

Et tu ne veux pas tenter d’écrire la suite uniquement pour toi, sans la publier ?

Vous ne me verrez pas à poil
28 décembre 2009 15:35, par Vieux motard

Les romans de ton enfance sont bien écrits dans ta tête et n’appartienne qu’à toi, c’est normal.

C’est une de tes copines sur la peinture ? :-p


Voir en ligne : Un site bien rigolo, même s’il est à côté de la plaque

 

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Image extraite de l'article "Alain Besset : Ouvrir la ville à toutes les cultures"