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Publié le lundi 4 août 2003 dans la rubrique :

Le p’tit journal du Cantal

Toute la route pour seulement deux roues

Tout le monde ne parle que de ça. C’est l’événement majeur dans le département. Un événement très attendu : c’est bien simple, quand je suis arrivée dans le Cantal, il y a presque trois ans, on trouvait déjà des articles sur le sujet dans le journal. Et c’est maintenant que ça se passe : la semaine fédérale du cyclotourisme.

Je me doutais bien que ça se passerait à peu près comme ça. On annonçait une grande semaine qui donnerait un énorme coup de fouet à l’économie du département, avec des tas de gens qui se précipiteraient dans nos commerces. Et qui découvriraient tous les atouts touristiques du beau pays vert, pour en faire ensuite la promotion et drainer les touristes des années à venir.

Alors je confirme : ils sont là, et bien là. Les petits commerçants les regardent passer, l’œil mauvais, quand ils vont en masse faire le plein à Géant. Installés dans un "village fédéral", à Aurillac, les cyclotouristes vont faire leurs courses à vélo, comme il se doit, mais vivent dans des camping-cars, qui sont parqués ici et là, avec des gens qui assurent la circulation. Efficacement : je me suis retrouvée déviée sur le parking de l’ancien foirail avec interdiction absolue de prendre l’unique route qui me permet de rentrer chez moi.

Il n’empêche que les retombées économiques seront probablement considérables. Pour Géant, d’abord. Mais aussi pour les hôteliers et les loueurs de gîtes ruraux, pour les participants qui ne promènent pas leurs mobilhomes. A ce sujet, le propriétaire du gîte qui se trouve en face de chez moi s’est bien mal débrouillé : la maison est fermée, et personne ne fait aboyer mes chiens. Les boulangers doivent certainement bien s’en tirer. Pour les autres, attendons le bilan pour conclure.

Quant aux "retombées" pour le Cantalien moyen, elles sont considérables. Il faut savoir que les cyclistes, dans ce pays où il n’y a que des côtes et des virages, sont rarissimes. Généralement, dans le Cantal, un cycliste est un ancien automobiliste qui s’est fait supprimer son permis et qui n’a pas pu se payer une voiture sans permis. Ou un fou. Mais depuis dimanche, des cyclistes, il y en a des milliers. On en attendait 15 000, puis 13 000, ils seraient environ 10 500. Ce qui est quand même pas mal. L’essentiel maintenant est de bien connaître les différents circuits qui sont proposés chaque jour aux cyclotouristes. Pour tout faire afin de ne pas se trouver sur leur route. Ils n’ont que deux roues, mais ils prennent toute la place ! Ils se déplacent par groupes compacts, et ils zigzaguent en ramant comme des forcenés pour tenter de gravir les côtes si raides de ce si beau département. Dans l’autre sens, en descente, ils freinent comme des fous, et essaient de rester sur la route dans les virages. Pas simple.

Je pense que beaucoup d’entre eux n’avaient pas la moindre idée de ce qui les attendait ici. Jamais, au grand jamais, on ne trouve un tronçon de route à peu près plat. J’aimerais beaucoup savoir combien reviendront se balader plus tard... En fait de retombées touristiques, j’ai bien peur que cette semaine soit la dernière dans le Cantal pour bon nombre de participants. D’autant plus que la plupart ne sont pas tout jeunes.

Hormis le fait qu’ils forment des obstacles infranchissables sur les routes, bien plus lents et encombrants que les tracteurs, les camions de paille ou les voiturettes, les cyclotouristes sont des gens extrêmement sympathiques. Ils viennent pour voir du pays, et sont donc particulièrement détendus. Ils discutent entre eux ; franchement, ils ne sont pas très gênants pour les autochtones, tant qu’ils ne sont pas sur le goudron. Deuxième chose à savoir : le Cantalien de souche n’est pas causant.

Même sans son vélo, le cyclotouriste se reconnaît de loin. Il (ou elle) porte un bermuda large, de couleur beige, et un immense tee-shirt assorti ou kaki. Ses mollets sont très bronzés et taillés à la serpe. Enfin, il (ou elle) porte des chaussures de sport, genre baskets, sans chaussettes. Comment peut-on supporter d’avoir les pieds nus dans ses baskets ? J’appartiens à la famille de ceux qui ont l’orteil susceptible ; impossible de vivre sans le doux contact du coton ou du fil d’Ecosse. Enfin, le cyclotouriste en civil porte un sac à dos dont dépasse une bouteille d’eau. Toujours, quelles que soient les circonstances.

Et ils ont bien de la chance : ils viennent ici une année de sécheresse. Quoi que se farcir la montée du Puy-Mary par 35° (à l’ombre), ce ne doit pas être une partie de plaisir. Je les plains un peu, quand même : ils ne connaîtront jamais le vrai visage du Cantal, avec ses pluies, son brouillard, ses nuits glaciales même en été. Tant pis pour eux.

Le plus triste, c’est qu’après leur départ, dimanche prochain, qui se signalera par d’interminables files de camping-cars, les Cantaliens ne seront pas tranquilles longtemps. Enfin, surtout les Aurillacois. Car leur cauchemar annuel va se profiler : le festival de théâtre de rue. Avec sa cohorte de "marginaux", comme on dit. Du bruit tout le temps, pendant presque une semaine, et des odeurs, et des chiens partout, des canettes de bière... Si c’est pas malheureux, tout de même.

Vivement septembre que tout rentre dans l’ordre, que les touristes s’en aillent, que le département et sa préfecture retombent dans leur létargie et oublient ce que peut être la vie normale d’une ville normale, avec sa foule, ses voitures, ses embouteillages et sa population hétéroclite. Comment ça, je suis négative ? Mais non, pas du tout. Une chose est vraie : les gens d’ici n’aiment pas qu’on change leurs habitudes. Comme les gens de partout. Et ici, l’habitude, c’est le calme absolu. Le hic, c’est que quand les Cantaliens se mettent à faire quelque chose, ils le font très bien. Le festival est un modèle du genre, un vrai bonheur qui attire chaque année un public et des artistes de plus en plus nombreux. Et je suis prête à parier que la semaine du cyclotourisme sera également une pleine réussite. Les indigènes rouspètent dans leurs cantous. Mais bien malin sera le visiteur qui s’en rendra compte. C’est tout bête : le Cantalien, un vrai sauvage, sait recevoir comme personne.

En bref

ENCORE UN FROMAGE !

C’est bien connu : l’Auvergne produit des vins infects et de délicieux fromages. Ceux du Cantal sont extrêmement célèbres : salers et cantal sont des noms qui chantent à l’oreille du gastronome. Ce week-end, les gourmands ont appris la naissance d’un nouveau délice : le bleu fermier au lait cru de la Planèze, produit aux Ternes, près de Saint-Flour. Rien que de l’authentique, qui fleure bon le terroir.

N’IMPORTE QUOI

Des viticulteurs de Saint-Pourçain, dans l’Allier, demandent réparation à Météo France, qui n’avait pas prévu que de violents orages de grêle viendraient détruire une partie des vignobles. C’est vrai qu’ils font carrément n’importe quoi, chez Météo France. Sont même pas foutus de s’arranger pour qu’il fasse beau pendant mes trois uniques jours de vacances. Bravo, les viticulteurs, donnez l’exemple et faites en sorte que désormais il pleuve quand il faut et où il faut. Sur commande.

SIX PAR MOIS

C’est le nombre de femmes qui meurent en France à la suite de violences conjugales. Malheureusement pour elles, elles ne sont pas actrices, ni mariées à un artistes appartenant à un groupe en vogue. Dommage. Ça ne les empêcherait pas de mourir, certes, mais au moins on s’interrogerait sur la misère ordinaire dans les foyers, sur le statut familial des femmes qui se situe encore à des lieues des stéréotypes qui voudraient nous faire croire que l’heure est depuis belle lurette à l’émancipation et à l’égalité des sexes. Je souhaite juste que le décès de Marie Trintignant serve à quelque chose : faire la lumière sur un fait de société dont tout le monde se fout royalement.

L’image de la semaine

Faire son miel

La Planèze, entre Saint-Flour et le Plomb du Cantal, est grillée, crépitante, déssechée. Sur le bord d’une petite route, seuls les chardons survivent. Et font le bonheur des abeilles si lourdement chargées de pollent qu’elles en sont littéralement recouvertes, une légère farine jaunâtre masquant les dessins sur l’abdomen de l’insecte... La sécheresse, on s’en doutait, ne peut pas interrompre la vie de la nature ; elle la perturbe, tout au plus. (Photo Dominique Bardel)

Le lien de la semaine

Voici un lien qui ravira les accros du folklore. Cette semaine, à Murat, se déroule le festival des danses et musiques du monde. En Auvergne, la tradition est une valeur partagée par tous ; et elle s’exprime en premier lieu par la danse en costume, au son des instruments dont la pratique se transmet de génération en génération. Sur cette terre si fortement attachée à son patrimoine, rien d’étonnant à trouver une multitude de festivals liés au folklore, emboîtant le pas au tout premier d’entre eux, celui de Gramat. Mais celui de Murat a une grande qualité : il se déroule dans le Cantal !

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