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Publié le dimanche 3 août 2003 dans la rubrique :

Le p’tit journal du Cantal

Tourisme

Ça va, vous ne vous êtes pas trop ennuyés sans moi ? Depuis le 29 juillet, vous êtes privés de P’tit journal... Je comprends que c’est dur. Mais voilà, je suis revenue, et comme toujours quand on revient de vacances, je vais vous raconter ce que j’ai vu.

Donc, pendant que vous vous morfondiez en attendant mon retour, j’ai franchi les barrières naturelles du Cantal et je suis allée voir à quoi ressemblait la France hors de l’Auvergne. Limoges, Poitiers, Saumur, Tours, Vierzon, Clermont, Aurillac. J’ai acheté les journaux partout où je suis passée, mais, honnêtement, je n’ai pas encore eu le temps de les lire. Maintenant que mes vacances sont terminées, je vais pouvoir me plonger dans leur examen approfondi.

Quelques petites choses m’ont frappée lors de mon périple. Tout d’abord, il suffit que je mette le nez hors du Cantal pour que les nuages envahissent le ciel. Moi qui ai acheté un magnifique sac à dos pour trimballer mon matériel photo, je n’ai eu que d’énormes strato-cumulus noirs à me mettre dans l’objectif. C’est bien la peine de partir de l’un des départements les plus pluvieux de France. J’ai quand même eu la joie, à mon retour dans ma montagne, de retrouver un soleil de plomb, des températures infernales et un ciel bleu, bleu...

Entre deux châteaux, j’ai découvert quelque chose d’extraordinaire : les routes droites. Faire plus de 15 kilomètres sans un seul virage, je ne savais même pas que c’était possible. Ça finit même par être monotone, à la longue. Avancer toujours tout droit, avec les vapeurs d’une centrale nucléaire pour tout point de repère à l’horizon, ça repose au début, ça endort ensuite. J’ai donc fait connaissance avec le prix du café dans le monde civilisé : jusqu’à 20 centimes de plus que dans ma campagne. La prochaine fois, j’emmènerai un thermos.

Je me suis bien amusée à manger chaque jour "Au bureau", mais jamais dans la même ville. Et bien sûr, d’y commettre l’inévitable blague : "Allô chéri, je mange au bureau !" C’est fou comme le tourisme rend crétin. Ces quelques jours d’escapade m’ont rassurée quant à mon aptitude à me fondre dans la foule en adoptant ses rites et ses coutumes. Je ne suis donc pas tout à fait perdue pour la société. Un bon point pour mon CV.

Mais ma plus grande découverte concerne le malheur immense dans lequel semblent plongés les enfants. C’est vraiment terrible, et il faut faire quelque chose. J’ai constaté, avec autant de consternatin que d’étonnement, que les enfants, et notamment les plus jeunes, étaient terriblement tristes. Que se passe-t-il ? Pourquoi l’approche d’une famille se signale-t-elle immanquablement par les pleurs désespérés d’un enfant ? Pendant ces quelques journées, j’ai été cernée par les cris, les pleurs, les gémissements, les plaintes. Ce n’est vraiment pas normal, même si les parents semblent extrêmement sereins. Ils sont habitués. Moi qui ai eu un petit enfant il y a quelques années (maintenant, je suis une vieille croûte qui empoisonne la vie d’un magnifique pré-ado), je ne l’ai jamais entendu se plaindre comme ça. Alors je m’inquiète pour cette génération qui crie ainsi son désespoir et semble inconsolable, et je me demande quels adultes ils seront dans quinze ans, si ces enfants débutent dans la vie avec une telle tristesse.

Ce voyage m’a permis également de confirmer que je reste experte dans l’art d’être à côté de la plaque et de rater tout ce que j’aurais adoré voir. Concerts, spectacles, expos ou animations : tout s’est déroulé la semaine précédente, ou aura lieu la semaine prochaine. Heureusement, les châteaux, eux, ne bougent pas, changent peu, restent dressés au bout de routes si droites et sont ouverts quand j’arrive. Ils ont même le bon goût d’être accessibles en nocturne. Pour une fois que j’avais l’occasion de regarder Canal+ à l’hôtel.

J’ai été pétrifiée d’admiration devant les touristes qui photographient tout sans rien regarder. C’est fascinant. Ils entrent en trombe dans une pièce magnifique, repèrent immédiatement le tableau ou le meuble, dégainent, visent, clic, déclenchent, et se précipitent dans la pièce suivante. Leur autre spécialité est de se prendre mutuellement en photo dans l’encadrement d’une fenêtre donnant sur le Cher, sur la Loire, sur le jardin de Catherine de Médicis ou sur les coteaux de Saumur. Ma timidité naturelle m’a empêché d’oser leur demander comment ils arrivaient, eux, à s’en sortir avec les contre-jours. Parce que moi je n’y arrive pas.

Pour ma part, j’ai examiné à la loupe les détails des plafonds, j’ai systématiquement perdu la trace de mon groupe suivant le guide au galop, absorbée par l’entrelacs des fils de laine sur les tapisseries. J’ai pris quelques photos, aussi, je sais être une touriste honorable, mais je me contente de vues d’ensemble ou, au contraire, de détails absurdes et insignifiants, comme l’hélice d’un escalier, l’ombre portée sur le mur par la statue, ou le reflet des arbres dans les douves. Pour ce qui est des tableaux ou du secrétaire incrusté d’os gravé, je laisse les vrais photographes faire le boulot à ma place, et j’attends de feuilleter un livre pour retrouver leurs clichés, forcément meilleurs que les miens.

J’ai enfin goûté le plaisir ineffable des rues embouteillées, des coups de klaxon, du bruit, des odeurs de pots d’échappement et de poubelles, et j’ai vérifié que j’étais toujours incapable de me garer dans les parkings souterrains où les places sont prévues pour accueillir la moitié de ma Golf. C’est plus fort que moi, quand je sors du Cantal, je vais m’engouffrer au plus profond des villes, entre l’hôtel de ville et la Fnac, et je me délecte à attendre que le feu des piétons passe au vert (après m’être garée tant bien que mal, mais sans rayer la peinture de ma voiture, ni celle du véhicule d’à côté). Et je me fais violence pour ne pas emprunter les transports en commun. Coup de chance, il n’y a pas de trams à Limoges, Poitiers et Tours. Sinon, je n’aurais pas pu résister.

Mais c’est fini, j’ai retrouvé la quiétude de la vallée de la Cère, les prés ont verdi pendant mon absence, les vaches sont de retour dans la prairie d’Hugolin, et l’une d’elles a une cloche horripilante au cou. Demain, je retourne travailler, à l’issue de quelques semaines de vacances. Je vais retrouver mes collègues, mon ordinateur, mon bureau, les corbeaux sur le toit des archives départementales de l’autre côté de la rue. Je me demande si les pies qui ont niché dans l’arbre qui se trouve juste à côté de ma fenêtre sont parties. Je vous tiens au courant.

En bref

COMMENT FONT-ILS ?

Il n’est pas rare de trouver deux journaux quotidiens se disputant les lecteurs d’une même ville. Mais à Saumur, quand même, ils font fort. Trois journaux. La Nouvelle République du Centre-Ouest, Ouest France et Le Courrier de l’ouest. Avec des pages locales relativement bien différenciées. Comment ils font, les Saumurois, pour trouver l’info qui les intéresse ? On peut supposer que la présence simultanée de deux titres quotidiens crée une saine émulation. Mais trois, c’est pas plutôt un peu compliqué ?

SALUT ALAIN !

De retour dans mon Cantal, j’apprends que j’ai changé de préfet. Bon, d’accord, j’étais déjà au courant, mais là, maintenant, c’est officiel. Le nouveau préfet, Alain Rigolet, commence le boulot comme moi, demain. Notre "ancien" préfet, Philippe Rey, s’en va dans l’Aube, là où il fait bien plus beau... Dans son discours d’adieu, il a déclaré avoir beaucoup aimé le Cantal, pris un immense plaisir à y travailler et avoue qu’il regrettera sûrement ses paysages et ses habitants. Ben tiens. J’attends de voir si Alain , quand il s’enfuira dans environ deux ans, osera enfin dire qu’il est bien content de s’en aller de là.

LES PAYSANS, DES PATRONS COMME LES AUTRES

Le Smic a été revalorisé au début du mois de juillet. Mais ça ne plaît pas du tout aux agriculteurs. Du moins, à ceux qui emploient des salariés, que ce soit dans le cadre de contrats ponctuels ou à durée indéterminée. Les agriculteurs du Cantal figurent parmi ceux qui perçoivent les plus bas revenus en France ; payer leurs salariés plus cher ne les enchante pas du tout, même si ces salariés, comme tous ceux du département, sont également à un niveau de rémunération inférieur à la moyenne nationale. La pauvreté serait-elle une condition de survie pour tous, ici ?

L’image de la semaine

Situation critique

Un pré où paissent des génisses montbéliardes, près de Montsalvy. Altitude : 700 mètres. Le 20 juillet, les vaches n’ont plus que le foin que leur donnent les éleveurs pour se nourrir. Un fourrage qui manque déjà. Les syndicats agricoles du département ont commandé pas moins de 35 000 tonnes de paille, de foin et de luzerne en France et à l’étranger pour tenter de reconstituer les stocks pour l’hiver. (Photo Dominique Bardel)

Le lien de la semaine

Un peu d’histoire-géo, ça ne peut pas faire de mal. Je suis gentille, je me contente de l’histoire contemporaine. Le Cantal a vu naître des célébrités, comme le pape Gerbert (premier pape français, quand même), Eddy Barclay ou Sheyla. Et à Montboudif, il a vu grandir le petit Georges Pompidou, fils d’instituteurs, qui deviendra le deuxième président de la Ve République. Pour tout savoir sur ce tout petit village du nord du Cantal et sur son illustre enfant, voici un lien qui vante les charmes du pays.

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Image extraite de l'article "La maison du général - 13"