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9 commentaires

Publié le dimanche 9 mars 2008 dans la rubrique :

Musique

Pierre Brunet

Tango polaire

Je vous l’ai annoncé triomphalement il y a quelques jours : j’ai les quatre chansons du disque de Pierre Brunet, dont je pensais que je ne les réécouterai jamais... Je vous présente la première d’entre elles, Tango polaire.

C’est étonnant, la mémoire : j’ai écouté ce disque lorsque j’étais enfant. Je devais me cacher, car je n’avais pas le droit d’utiliser le tourne-disques. Alors j’attendais que mes parents soient sortis (ils sortaient souvent), et j’ouvrais l’appareil, dont le haut-parleur était logé dans le couvercle. Un tourne-disque Claude, se présentant sous la forme d’une grosse valise habillée de toile beige. Là-dessus, je passais des Toccatas de Bach sur des 78 tours, les disques de jeunesse de ma mère (Alain Barrière, un jeune talent méconnu qui se faisait appeler Johnny Halliday, Richard Anthony, Les Chaussettes noires...) et quelques disques dont je soupçonne qu’ils avaient appartenu à mon père. Parmi ces derniers, Juliette Gréco et Pierre Brunet.

J’avais alors entre dix et douze ans. Ensuite, on a déménagé, mes parents ne sont plus sortis, et surtout, j’avais dans ma chambre un lecteur de cassettes sur lequel j’écoutais des trucs « de mon âge ». Pink Floyd, Renaud, Brel-Brassens-Ferrat, et aussi Tchaîkowski ou Borodine.

Un après-midi, il y a quelques mois, sans que je sache pourquoi, une mélodie m’est montée aux lèvres et je me suis mise à chantonner (j’ai la chance de chanter juste, rassurez-vous). Des bribes de paroles ont surgi dans ma mémoire : « Un jour où j’en avais marre du gibet de Montfaucon... ». D’où me venait cette chanson ? Ah, oui... c’était un disque, chez mes parents. Ah mais, comment s’appelait donc ce chanteur, qui avait une drôle de voix ? C’était bien, tiens d’ailleurs, je me souviens aussi de cette autre chanson, ça faisait « Mon père courait le jupon... »

J’ai fini par me souvenir du nom de l’artiste. J’ai cherché le disque, en vain. J’ai lancé des appels sur Internet, dans des forums, des internautes ont relayé ma quête sur des listes de discussion... Rien. Juste des souvenirs racontés par des gens qui avaient connu Pierre Brunet, l’avaient entendu chanter aux Trois Baudets. Et ce chanteur, né à Montmartre comme quatre générations avec lui, qui m’a écrit : « J’ai le disque que vous cherchez. »

Et voilà. Quelques jours plus tard, je recevai par la Poste une enveloppe soigneusement cachetée, abritant la copie de mon disque, avec, raffinement suprême, une pochette reproduisant à l’identique celle du 45 tours d’origine, gravé en 1958. J’ai aussitôt écouté le CD, et j’ai eu à nouveau douze ans... À ceci près qu’aujourd’hui je comprends parfaitement le sens de ces textes légers et si joliment ciselés.

Je veux vous en faire profiter. Je ne peux pas vous faire écouter ces chansons dans leur version intégrale, mais je veux quand même vous en faire sentir le parfum. Je suis sûre qu’elles vont vous plaire. Voici donc la première d’entre elles.

Pierre Brunet - Tango polaire

Tango polaire

Allez, allez, quand tu te donnes,
J’vois bien que tu n’réagis pas.
Allez, tu ne trompes personne,
Avec tes petits cris de chat.
Bien que j’ai potassé Ovide,
Tu t’abandonnes comme un banc.
Et même comme une banquise,
Quand tu m’appelles ton « ourson blanc ».

C’est pas possible,
Tu l’fais exprès
D’être de glace.

Je voudrais voir frémir ta peau,
Et tes yeux s’embuer d’amour,
Tes reins cambrés sous les bécots
Comme dans les chansons d’Aznavour.
Mais tu dis qu’ma passion t’embête,
Te lasse, et puisque tu n’es pas
Pas à prendre avec des pincettes,
Je te prendrai une autre fois !

Et pour ce faire,
J’achèterai
Une pince à glace.

Si jamais j’apprenais qu’un autre
A eu raison de ta froideur,
Si jamais j’apprenais ta faute,
Je pourrais bien faire un malheur.
Déjà, j’achète des brochures
Qui m’promettent des muscles en trente jours,
Et je rajoute des garnitures
À mon veston de tous les jours.

Comme ça de loin,
De loin je f’rai
Armoire à glace.

Prends garde que je n’te découpe
En petits cubes de glaçons !
Je te coucherai sur la route,
Et patinerai sur ton giron.
Pris d’une fureur animale,
Je te f’rai des huit sur les seins,
Et pour qu’ça t’fasse encore plus mal,
Je les f’rai en chiffres romains !

Et dès demain,
J’achèt’rai des
Patins à glace.

Il ne faut pas croire aux légendes,
J’étais crédule, j’en conviens.
L’oiseau bleu, j’aurais dû comprendre,
Dans mon cas n’était qu’un pingouin.
De ma vie tu étais le pôle,
Mais tu m’as fait perdre le Nord.
Gelé au creux de ton épaule,
Un jour, on me trouvera mort.

Et tous les soir,
J’irai hanter
Le palais d’glace !

Post-scriptum

Pour lire les autres billets que j’ai écrits au sujet de Pierre Brunet, consultez le bloc « Sur le même thème », en haut de la colonne de droite.

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Vos réactions

 
Tango polaire
16 avril 2008 00:13, par Bruno Sartène

Votre bonheur me fait chaud au cœur, à en faire fondre ce « Tango Polaire » !!,je suis très heureux de vous avoir fait ce plaisir. Encore une fois Merci pour votre passion.

(un autre point commun, j’ai je crois le même électrophone CLAUDE, de votre jeunesse. Il fonctionne encore si l’on veut l’utiliser !!)

Bien amicalement

B.S.

Tango polaire
16 avril 2008 00:27, par DB du Jardin

Ah ! Monsieur Sartène, que votre visite me fait plaisir !

Hélas, je crois que les jardineux ont été un peu désarçonnés : ceux qui me lisent depuis longtemps ne devaient pas s’attendre à ce que je sois si attachée au souvenir d’un tel disque. Et pourtant... Je n’écoute pas que Bach.

Et puis j’aime bien les « voix ». Celle de Pierre Brunet est particulière, ce n’est pas une voix artificielle et stéréotypée comme l’on en subit trop aujourd’hui. Et puis zut, quoi, Boris Vian avait une voix bizarre lui aussi, et alors ?

Par contre, je crois que ça « sonnait » mieux sur le fameux tourne-disque. Il y avait un petit souffle, quelques sons parasites, quelque chose de matériel, un truc en plus. Ce que l’on a en plus aujourd’hui, bien sûr, c’est la « qualité » du son. Évidemment. Mais les vieux disques, comme les vieux tableaux, les vieux livres, les vieilles photos, les vieilles maisons, ont quelque chose d’attachant. C’est balal et un peu idiot, je sais.

DB_bien_contente_de_vous_lire

Tango polaire
16 avril 2008 12:28, par Umanimo

Je ne connaissais pas ce chanteur, mais je me souviens aussi d’autres chanteurs très peu connus dont les disques se sont retrouvés un jour dans ma discothèque, par par hasard, mais parce que mon père, journaliste, en recevait parfois. Certains d’entre eux m’ont plu. J’ai encore des vinyles et ils doivent bien s’y trouver. Faut que je fouille.

J’ai encore une platine vinyle et l’autre jour, j’ai écouté un de ces disque dessus. Du classique. On dira ce qu’on voudra, mais le son y a un moelleux qu’on n’a pas sur les CD.

UMA_nostalgique

Tango polaire
27 septembre 2008 14:59, par grandvictor

ah que je suis contente d’avoir trouvé votre site, plus de 50 ans que je voulais re-entendre ce tango, qui était dans un juke boxe de bord de mer et sur lequel j’ai perfectionné mon tango avec le fils d’un prof de...tango, justement. Rien entre nous, seulement le tango. Mais c’était bien suffisant. merci à vous gv

Tango polaire
29 septembre 2008 23:22, par DB du Jardin

Eh bien, grandvictor, voici un commentaire qui me va droit au cœur ! :-)

Prendre des leçons de tango, sur le front de mer, sur de telles rimes... Quel souvenir cela doit être !

Tango polaire
30 septembre 2008 09:25, par Umanimo

Au fait, je pense que le mot qui te manque (remplacé par des ???), c’est « bécots ». Un bécot étant un baiser.

UMA

Tango polaire
30 septembre 2008 19:42, par DB du Jardin

Merci Uma ! ;-)

J’ai rectifié...

Tango polaire
30 avril 2009 19:23, par boyard

Mais quel régal de tomber sur le texte intégral de ce « Tango Polaire », dont j’avais oublié l’auteur, mais que la petite fille d’alors trouvait si savoureux, sans en comprendre tout le sens ! Et qu’elle avait gardé en tête. Je vous dois un joli moment de légère nostalgie, et de vrai plaisir, merci de faire partager ce tango, portez-vous bien, D.C.P.

Tango polaire
20 décembre 2009 07:28, par Ghis

Merci cela fait longtemps que je cherche ce moceau dont je ne me rappelais pas titre, mes parents avaient un disque de Fernand Raynaud qui chantait cette chanson.

 

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