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Publié le samedi 19 juillet 2003 dans la rubrique :

Le p’tit journal du Cantal

Solidaires

Tout le monde est au courant : c’est la sécheresse. Ici, dans le Cantal, franchement, on a du mal à y croire, si l’on n’y prête pas attention. Vu de loin, le "pays vert" est... vert. Un peu terne, certes, mais vert quand même. Alors qu’ailleurs les bêtes dans les prés piétinent une terre stérile. Mais venez voir le ruisseau qui dévale le chemin au-dessus de chez moi. Il est sec. Je peux vous assurer que ça fait un choc de voir ça.

Faisons un tout petit effort de mémoire : cherchons la ville française sur laquelle, lors du bulletin météo, trône un nuage noir. Essayos de nous rappeler également celle où les températures sont les plus basses. Facile, il n’y en a que deux : Langres et Aurillac. Alors aujourd’hui, franchement, je ne sais pas quel temps il fait à Langres, mais je peux affirmer qu’à Aurillac, ça fait un bon moment qu’il fait beau. Très très beau. Certes, la nuit, il faut bien ramener un coin de couverture, sur les coups des trois heures, mais pendant la journée, c’est le rêve. Ici, on appelle ça la sécheresse. Et malgré les apparences, malgré les vallées résolument vertes, malgré les torrents qui dévalent les rochers au bord de la route nationale, ce n’est pas un vain mot.

Ici, des prés jaunes au mois de juillet, on n’a jamais vu ça. Parce que, justement, ici, d’ordinaire, il pleut tout le temps, et il ne fait jamais chaud très longtemps. Tout campeur ayant séjourné au camping de Polminhac une fois dans sa vie peut en témoigner. Bien sûr, les gens d’ici, ils ont l’habitude, alors ils trouvent ça normal. Et ce que les "estrangers", ceux qui viennent du dehors, les gens comme moi appellent du "beau temps", en fait, c’est une véritable catastrophe.

C’est catastrophique à tel point qu’une expérience unique en France se déroule actuellement dans le département. Pour nourrir les habitantes les plus nombreuses du Cantal, les vaches, syndicats agricoles, fabricants d’aliments et revendeurs ont uni leurs efforts pour proposer aux éleveurs un "aliment solidarité". On n’avait jamais vu ça, les Cantaliens l’ont fait.

Le but : permettre aux éleveurs, dont les stocks de fourrages sont inférieurs de 50 % à ceux d’une année normale, de nourrir leurs animaux au moindre coût, et d’échapper aux tentatives de spéculation sur le foin qu’on observe ici et là. Il s’agit d’un complément alimentaire, élaboré de façon à satisfaire au mieux (ou au moins pire) les besoins de tous les herbivores (vaches laitières et allaitantes, ovins et caprins), à partir de matières premières obtenues au cours le plus bas par les fabricants qui produisent, pour l’occasion, ˆ 40% de plus que d’habitude.

Cette opération ne permettra pas de pallier intégralement les carences alimentaires dont souffre actuellement le bétail, mais offre aux éleveurs la possibilité d’attendre la pluie sans regarder leurs bêtes maigrir à vue d’œil. Et sans se ruiner à payer du mauvais foin, voire de la vieille paille, plus du double de sa valeur.

Très franchement, puisque sur ce site je suis autorisée à donner mon avis personnel, quand j’ai vu apparaître il y a environ un mois les premières pubs "spécial sécheresse" des marchands d’aliments, j’aurais parié ma chemise qu’ils profiteraient de cette occasion pour gagner un max sur les compléments ceci, les semis tardifs cela, les graines spéciales de trucs qui poussent même sur du caillou. Alors quand je les vois conclure un accord avec les syndicats pour trouver une solution au risque de malnutrition du bétail, je suis bien obligée de leur présenter mes plus plates excuses.

Parce qu’au prix de vente de cet aliment composé (moins d’un franc le kilo), je vois mal qui peut gagner quelque chose là-dessus, hormis, évidemment, les éleveurs. Un granulé moins cher que le foin, c’est le monde à l’envers.

Dans l’immédiat, ce que craignent les instigateurs de cette opération solidarité, c’est un mouvement de panique de la part des éleveurs. Ils les enjoignent donc à ne pas stocker des quantités inutiles de cet aliment, ce qui risquerait tout simplement de mettre les unités de production en difficulté. Et là, pour le coup, ce ne seraient pas les industriels qui y perdraient le plus.

C’est quand même un drôle de pays, le Cantal. Tellement fermé, capable d’hostilité, méfiant, franchement pas engageant si on ne se contente pas d’y passer huit jours de vacances par an. Et en même, temps, capable de donner une grande belle leçon dans les moments difficiles. Pour une fois, je suis presque contente d’y habiter.

En bref

J’AIMERAIS COMPRENDRE

Vraiment, je fais des efforts, mais là, je donne ma langue au chat. Je suis perplexe, et j’aimerais comprendre. Voilà mon problème : sur les bulletins émis par la station d’Aurillac de Météo France, ils font toujours la différence entre le temps qu’il fait "sur les monts" (là, OK, j’arrive à suivre) et "en plaine". Et c’est là que je coince. Parce que, d’accord, je ne suis pas allée partout partout dans le Cantal, mais je n’ai pas vu le début du commencement d’une plaine. Tout au plus, des terrains de foot., en général nivelés artificiellement. Mais de plaine, point. Bien sûr, ce n’est pas très très important, mais quand même. J’ai juste un peu peur de manquer de vocabulaire. Ce qui ferait vilain sur mon CV, convenons-en.

15 JOURS AVANT L’ENFER

Dans exactement deux semaines, une véritable calamité va s’abattre sur le Cantal. Il s’agit de la semaine fédérale internationale du cyclotourisme. 13 000 mecs à vélo sont attendus sur les routes du département, où il y a déjà les tracteurs, les voitures sans permis, les bétaillères antiques qui n’arrivent pas à gravir les côtes, les camions de fourrage et les caravanes des touristes. J’entends parler "d’opportunité économique", de "mobilisation générale" du côté des collectivités territoriales, "d’image d’accueil" et de "développement touristique". Certes. Mais moi, tout ce que je vois, c’est que pour doubler un peloton le matin alors que je suis déjà à la bourre pour arriver au boulot, ça va pas être de la tarte. Vivement que ce soit fini, et pourvu qu’il pleuve !

C’EST LA FÊTE À POLMINHAC !

Pour une fois qu’il se passe quelque chose dans mon village, il faut que je vous en fasse profiter ! Donc, aujourd’hui et demain, c’est la fête patronale. Voici le programme, et je vous promets que ça décoiffe : aujourd’ui à 13 h 30, concours de pétanque (buvette, grillades) ; à 22 heures, soirée disco gratuite. Demain dimanche à 7 h 30, réveil atomique (je suis bien contente d’habiter au fond de mon chemin) ; 9 heures, soupe au fromage à la salle multi-activités ; 11 heures, animations dans les rues (y’a trois rues au moins, c’est un grand village) avec la Banda Bazil ; 15 heures, défilé spectacle avec les Blue Angels, la Banda Bazil et les ânes de Maurice. Les enfants du village seront déguisés et, pour les petits, promenade en calèche ; 16 heures, spectacle gratuit à la salle multi-activités (spectacle de clowns, danses, cabaret...) ; 21 heures, bal. Et roulez jeunesse, on rit on s’amuse !

L’image de la semaine

Encore plus vert

Les vaches vont bientôt pouvoir dormir tranquilles : dès le mois de septembre, le train de nuit sera supprimé par la SNCF. Le Cantal sera encore plus vert, encore plus sauvage, encore plus isolé. (Photo Dominique Bardel)

Le lien de la semaine

Vous êtes gâtés : pour inaugurer le P’tit Journal estival du Cantal, je vous offre pas un, mais deux liens. Oui, vous avez bien lu.
Deux liens autour du même thème : l’identité du département. Ce n’est pas la gastronomie, ce n’est pas le tourisme, ce n’est pas la langue occitane. Non, ce qui caractérise le plus sûrement ce beau pays, c’est... la météo.
Je vous propose donc de découvrir deux véritables institutions, deux monuments qui font partie de l’histoire locale, au même titre que le pape Gerbert (qui ignore que le premier pape français, qui a eu pour lourde tâche de gérer la panique lors du passage à l’an mil, était cantalien ? Ne regardez pas en l’air, ceux du fond, je vous ai vus !). Je vous invite à visiter les sites de deux immenses fabricants de parapluie. L’immémorial Piganiol (en occitan, "piganiol" veut dire "querelleur", c’est mon chef qui me l’a dit, et il sait de quoi il parle, puisqu’il s’appelle...), et le très prestigieux Dalbin, qui commercialise le célébrissime parapluie "L’Aurillac".
Bonne visite !


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