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18 commentaires

Publié le vendredi 4 septembre 2009 dans la rubrique :

Les coulisses du journalisme

C’est le camembert qui dit au roquefort...

Ridicules

C’est l’un des grands sujets de l’actualité : le dossier de presse du ministère de l’Éducation nationale est bourré de fautes d’orthographe. Oh ! Le vilain ! C’est vraiment pas beau, bouh, Luc Chatel est un cancre, et les journalistes, mes chers collègues, ne se gênent pas pour dénoncer ce fait intolérable.

Depuis deux jours, tous les médias ont relayé cette information scandaleuse. Il le fallait bien, rendez-vous compte, un dossier de presse, surtout lorsqu’il est édité par une telle institution, doit être exemplaire. Exactement comme tous les professionnels de l’écriture et de l’expression que sont mes confrères. Et moi je suis rudement inquiète : je suis en train de découvrir que les journalistes n’ont encore jamais lu de dossier de presse au cours de leur carrière ! Parce que moi, petite crotte au fond de ma campagne, je cherche encore le communiqué, l’article, le dossier, l’émission, le reportage, la dépêche qui ne comporte pas une seule faute. Ni même deux, ni même dix.

Peut-être n’ai-je jamais exercé là où il le fallait : je n’étais que journaliste culturelle, et les dossiers de presse des opéras, des salles de théâtre, des metteurs en scène, des artistes comportaient toujours, je dis bien toujours, un nombre impressionnant de fautes qui m’ont souvent fait hurler. Mais je l’admets : il ne s’agissait que de culture ; dans ce domaine, probablement, l’orthographe, la correction de l’expression, la typographie, la justesse du lexique, tout ça, on s’en fout.

Sidérée, je contemple les journalistes à la télévision qui rigolent en se frottant les côtes : le dossier de Chatel est bourré de fautes, quel gag ! Ha, ha ! Les grands dénonciateurs sortent leurs stylos rouges et apprennent au ministre de l’École comment qu’on écrit bien. Je les admire, je les trouve extrêmement courageux : il leur a fallu combien de lectures, à mes collègues, pour trouver toutes les fautes dans ce document ? Combien de dictionnaires ont-ils consultés, pour vérifier s’ils avaient bien raison ? Et d’abord, les ont-ils vraiment toutes trouvées, les fautes ? Veulent-ils que je jette un coup d’œil, pour leur donner un petit coup de main ?

J’ai lu beaucoup de dossiers de presse, et j’ai corrigé énormément plus d’articles rédigés avec les pieds par les accusateurs du jour. Alors je peux l’affirmer sans courir le moindre risque de me tromper : mes potes, je vous prends tous un par un à la dictée, et là je sens que vous allez moins faire les malins.

Je voulais déjà écrire un billet là-dessus hier, et puis je me suis dit que j’allais encore passer pour une emmerdeuse, toujours à la ramener avec mes sempiternelles jérémiades sur le pitoyable état de la langue parlée et écrite dans les médias. J’avais décidé de laisser courir.

Mais ce soir, Ali Baddou a remis ça dans le Grand Journal... Captures d’écran à l’appui, où l’on peut voir les grosses vilaines fautes relevées par L’Express, journalistes, animateurs et éditorialistes de renom se gondolent. Ouarf, Chatel, quel boulet ! Bien. Mais pourquoi fallut-il qu’après l’intervention toujours aussi sexy de Pauline Lefèvre (qui nous offrit en passant une énorme faute de concordance des temps), pourquoi fallut-il que le brillant Jean-Michel Aphatie présente à l’écran la transcription d’une phrase prononcée par le tout petit président ?

Sur un écran géant, tous les ricaneurs ont lu sans frémir la phrase suivante : « Considérez que Brice Hortefeux c’est comme si c’était moi qui était ministre ».

Michel Denisot, Ariane Massenet, Ali Baddou, Jean-Michel Aphatie, Christophe Barbier (rédac’ chef de L’Express), Laurent Joffrin (patron de Libé) et Joseph Macé-Scaron (chef de Marianne) sont restés de marbre. Pas un n’a moufté. Personne n’a frémi. Il est resté longtemps, le texte, sur l’écran géant. C’est passé tout seul, sans douleur, sauf pour moi, petite crotte au fond de ma campagne. Eh oui, moi la monomaniaque à l’esprit tordu, qui suis capable d’écouter et de lire en même temps, même en ces temps de grand délabrement que je traverse, moi j’ai bondi tout de suite.

Ah oui, mais moi, on est bien d’accord, je fais partie des anonymes qui gueulent à longueur d’année à propos des quantités de fautes commises par les professionnels de la langue. Je n’ai pas le bonheur d’appartenir à cette élite qui se tape sur les cuisses pendant deux jours au sujet d’une broutille aussi banale, aussi insignifiante, aussi creuse. Tant mieux pour moi : au moins, j’échappe au ridicule.

Post-scriptum

Grand jeu-concours : à vous maintenant de trouver les fautes que j’ai laissé passer, parce que comme d’habitude, je ne me suis pas relue... Ça m’énerve ! :-)

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Vos réactions

 
Ridicules
5 septembre 2009 09:06, par Ardalia

Ah, non alors ! Si tu as fait des fautes, je ne veux pas voir ça, quelle horreur ! Il me semble, qu’il y a une injustice, concernant la citation de Sarkozy, il est probable qu’il a fait une pose entre « Hortefeux » et « c’est », qui devrait être signalée par une virgule. Le résultat aurait tout de même l’air moins foncièrement crétin. A condition que l’on connaisse un peu les charmes secrets de la virgule, bien sûr...

Pour les gens dont tu parles ici, Stefan Zweig a écrit ceci dans son essai sur Nietzsche : « Le pathos de l’attitude n’appartient pas à la grandeur, qui a besoin d’attitude est faux... Méfions-nous de tous les hommes pittoresques ! » Or, il semble que la cour des moqueurs (ou la basse-court des oies ?) ne soit composée que de ceux-là.

Ridicules
5 septembre 2009 10:10, par DB du Jardin

Bah... Virgule ou pas virgule, ça change rien... Si on transpose la phrase au présent, on obtient normalement : « (...) c’est moi qui SUIS ministre », et non comme chez nos petits génies « c’est moi qui EST ministre ». Tout ce qui précède ne compte pas.

Ridicules
5 septembre 2009 11:10, par brendufat

Héééé oui ... pronom relatif, antécédent... « Qui » est un pronom, pro-nom, « remplace un nom (ou autre pronom), qu’on appelle son antécédent » et la phrase se construit comme si cet autre nom ou pronom était là.

Ici qui = moi (je) et donc, comme tu le dis, « qui étais » ou « qui suis » parce que « j’étais » ou « je suis ». Curieusement, combien écriraient « c’est vous qui sont » ? Peu, j’espère...

Source : Madame Garnier, « Cours de français », professeur de 8e (CM2) à Saint-Étienne (Loire), 1966.

Ps : pas trouvé de fautes dans ton article, ce qui prouve seulement que nous commettons les mêmes :)

Ridicules
5 septembre 2009 12:58, par Ardalia

Ca ne change rien en ce qui concerne la conjugaison à la bonne personne, mais ça sépare les propositions, ce qui est tout de même la fonction essentielle de la virgule. Par ailleurs, l’usage du présentatif « c’est » appliqué à une personne est assez grossier (mais admis), le comparatif « c’est comme si » ajouté au second présentatif rappelle les constructions enfantines, lorsque l’usage des verbes et des personnes est encore trop complexe et se contourne ainsi. Même pour un discours oral, la formulation est fruste. Alors, certes, c’est une point de vue grammatical et non orthographique, mais pour moi qui ait appris cette analyse-là, ça compte.

Ridicules
5 septembre 2009 12:59, par Ardalia

Un point de vue*

Ridicules
5 septembre 2009 13:41, par Frédéric

C’est moins risqué de faire les impertinents « à deux balles » en se focalisant sur des fautes d’orthographe que de soulever les problèmes de fond comme les suppressions de postes à l’éducation nationale...

Une petite méchanceté pour finir. Chère Ardalia qui qualifiez l’usage de « c’est » appliqué à une personne de grossier, ne pensez-vous pas que, sur le fond, être assimilé à l’auteur de la formule - « comme si c’était moi » - est tout simplement insultant ? Peut-être pas pour Brice Hortefeux, cependant...

Ridicules
5 septembre 2009 14:58, par Pomme

Vous n’avez pas compris : ce dossier plein de fautes était écrit justement pour voir si les gens le lisaient et pour voir s’ils étaient capables de discerner les fautes...

C’était vachement réfléchi au départ.

Pomme_qui_ne_prête_pas_que_de_bonnes_intentions_aux_fonctionnaires

Ridicules
5 septembre 2009 15:11, par Ardalia

@Frédéric, et comment !

Ridicules
5 septembre 2009 20:01, par mimican

Bonjour,

Si vous m’acceptez j’adhère à votre club des défenseurs de la langue française.

Moi non plus, je ne supporte pas les fautes de français dans la presse ; mes cheveux se dressent sur ma tête lorsque j’entends des présentateurs ou autres animateurs à la télé faire des fautes de liaisons (milleS-Zenfants, centS-Zécoliers....)ou de grammaire. Et que dire des messages sur les forums d’internet : c’est tout simplement lamentable ! Les dictionnaires, ça existe !!De plus, ce merveilleux outil qu’est Internet nous offre un correcteur d’orthographe , alors, pas d’excuse.

Je profite de mon intervention pour vous signaler que la médiathèque de Grisolles, ouvrira cette année un atelier d’écriture : Renseignements auprès de la médiathèque .

Avis aux amateurs, et à bientôt peut-être.

Prise de contact
5 septembre 2009 23:29, par Daniel Fattore

Dans un premier temps : il faut que je vous garde sous le coude : une personne qui défend le français en écrivant correctement sur son blog, ça compte.

Deuxièmement : je vais partir à la pêche aux coquilles...


Voir en ligne : Fattoris

Après lecture attentive : résultat des courses
5 septembre 2009 23:43, par Daniel Fattore

« Comment qu’on écrit bien » est un solécisme, mais en contexte, ça passe.

Ecrit-on plutôt « vérifier que » ou « vérifier si » ? A vous de voir.

Enfin, « énormément plus » est une collocation que je n’eusse pas osée : usuellement, le français dit « beaucoup plus ». Mais là, on est dans la finesse...

Le tout, traité sans dictionnaire, donc susceptible d’erreurs.

Et pour conclure vraiment, je relève avec joie le défi de la dictée que vous lancez dans ce billet. Merci de me contacter.


Voir en ligne : Fattorius

Cependant, tout de même, en y réfléchissant un peu...
6 septembre 2009 18:20, par brendufat

...il m’avait bien semblé que le sujet de cet article n’était ni l’Instruction Publique (son ministre, ses agents, leurs relations passionnées) ni la langue française (sa grammaire, ses chausse-trappes, leur étude passionnante) mais le spectacle télé-journalistique (ses illusions d’optique, sa haute opinion de lui-même, leur contemplation décourageante).

Et voilà, lectrices mes sœurs, lecteurs mes frères, que nous partons nous-z-aussi dans les-z-à-côtés. Sommes-nous donc nous aussi tout juste bons-z-à causer dans le poste ?

Ridicules
7 septembre 2009 14:51, par DB du Jardin

Et voilà, je pars pendant deux jours et paf ! Deux nouveaux jardineux tombent dans ma bourriche... :-)

Bienvenue à Mimicam et à Daniel Fattore, donc.

Atelier d’écriture à Grisolles : tiens, pourquoi pas ?
Quant à Daniel, vous apprendrez très vite si vous revenez que j’aime bien m’amuser à causer mal, mon expression favorite étant « vach’ment beaucoup ».

Sinon, c’est pas pour faire ma crâneuse, mais moi j’ai pondu cet extraordinaire article en gardant un œil effaré sur le thermomètre médical qui grimpait, grimpait... jusqu’à culminer à plus de 39 alors que j’apposais le point final à ma merveille. Le farceur ne faisait qu’annoncer que j’avais chopé la grippe cochonne (prudence cependant, cette information de premier ordre doit encore être confirmée par les analyses). Ce qui m’a valu la joie de passer deux jours en chambre stérile, avec interdiction absolue de sortie, vue imprenable sur les HLM désaffectés des faubourgs toulousains, obligation de manger des trucs stériles eux z’aussi. Beurk. Et j’ai encore enrichi mon vocabulaire : « aplasie fébrile », qu’ils ont dit. Aplasie, ça vaut rien, au Scrabble. Ça m’a juste flingué mon dernier week-end de tranquillité avant la prochaine chimio.

Mais j’ai deux jardineux de plus. Ça, c’est chouette.

DB_qui_attend_de_voir_s’il_lui_pousse_un_groin

Ridicules
7 septembre 2009 22:33, par Umanimo

La grippe cochonne ? C’est pas du tout sûr que ça soit ça. Le copain de ma fille a eu une très forte grippe il y a deux/trois semaines et après analyse ça n’était pas la grippe A. Pourtant les symptômes étaient très semblables.

Ridicules
8 septembre 2009 09:38, par Daniel Fattore

... je vous souhaite un bon rétablissement ! Et me réjouis de revenir dans votre jardin, dont les fleurs sont passionnantes (j’ai été pigiste dans une vie antérieure ; les coulisses du journalisme m’intéressent donc toujours).

De votre côté, n’hésitez pas à venir visiter le mien, où je cause parfois un peu « suisse » ! Vous y êtes la bienvenue.


Voir en ligne : Bienvenue et merci !

Ridicules récidivistes
11 septembre 2009 01:06, par DB du Jardin

Allez, une deuxième couche juste pour s’amuser un peu... Qui, au fait, avait raconté le truc de la poutre et de la paille dans l’œil ?

Donc : Ali Baddou explique que Laurence Ferrari s’est mise à Twitter, et souligne au passage qu’elle fait de grooooosses fautes. Illustrations à l’appui, sur le grand écran. Bien. Et dans les minutes qui suivent, sans qu’on ait le temps de souffler, hop ! Yann Barthès, pourtant si mignon et généralement plutôt drôle, et l’indispensable Pauline Lefèvre nous offrent un magnifique doublé de « trois mille zévadés fiscaux ».

Peut-être que seuls les chroniqueurs du Grand Journal sont autorisés à faire des fautes, puisqu’ils nous prouvent qu’ils savent souligner celles des autres...

Ridicules
11 septembre 2009 03:39, par Pomme

Grand titre dans Le Monde : http://www.lemonde.fr/societe/appel...

Appel à témoignages : Vous travaillez chez France Telecom, quelle est le climat au sein de l’entreprise ?

Cherchez l’erreur

Ridicules
17 octobre 2009 23:04, par Vieux motard

La climat est très changeante en ce moment, j’sais point c’ki’s’pass...

Bah, on sang fou du Franc sait, dans 100 ans nautre langue maternel cera le Chie noie et la France ceura une archi-pelle.

 

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Image extraite de l'article "Culture Loire - Numéro 6"