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Publié le samedi 26 juillet 2003 dans la rubrique :

Le p’tit journal du Cantal

Revendiquer une zone franche ?

Dans les départements frappés par la désertification, la vie n’est pas toujours facile. Les habitants ont souvent le sentiment, et à juste titre, qu’ils sont "abandonnés" et qu’ils comptent pour partie négligeable. Mais on a parfois l’impression qu’ils se trompent de drame.

Parmi les départements les plus déserts de France, le Cantal. Des villages qui se vident, d’autres qui sont déjà morts, des écoles qui ferment, des bureaux de poste qui disparaissent, les services publics qui jouent la carte de la désertion, des infrastructures, routières notamment, que l’État ne veut pas financer... Les habitants, coupables de vivre ici, ne semblent avoir droit qu’à l’oubli, la déconsidération et la négligence. Les enfants doivent quitter le département s’ils veulent poursuivre des études supérieures, à moins de vouloir faire technicien agricole (pour les garçons) ou infirmière (pour les filles). Les ménages sont contraints, s’ils veulent s’équiper d’un bien qui ne soit pas de très grande consommation (au hasard, un ordinateur Macintosh et ses logiciels), d’aller à Clermont-Ferrand faire leurs courses.

L’offre culturelle est squelettique, limitée à la seule promotion des traditions, du terroir et de l’identité occitane. Hors la bourrée auvergnate, point de salut. Ce n’est pas le festival de théâtre de rue d’Aurillac qui peut masquer le désert culturel qu’est le Cantal.

Pour les entreprises, des artisans aux (rares) industries, des commerçants aux exploitants agricoles, ce n’est pas mieux. Les échanges commerciaux sont extrêmement hasardeux, lents et anti-productifs ; les salaires sont les plus bas de France. Alors que le coût de la vie, lui, ne fait pas de cadeau. Malgré les efforts et les opérations de séduction que tentent les collectivités territoriales pour attirer les entreprises, rares sont ceux qui choisissent de venir s’installer dans ce département où on est sûr que les ordinateurs ne seront jamais réparés dans la journée, où l’éloignement rend le coût des transports prohibitifs, où tout ce qui fait le quotidien de n’importe quelle entreprise est toujours très -trop- compliqué.

Le Conseil général, les chambres consulaires, les acteurs économiques et sociaux sont tous d’accord : pour que le Cantal sorte de son marasme et amorce enfin un semblant de dynamisme, il lui faudrait des aides spéciales, un soutien public substantiel et adapté aux difficultés innombrables auxquelles le département est confronté. Ces financements permettraient d’accueillir des créateurs d’entreprises grâce à des offres très avantageuses, de dynamiser de nouveaux secteurs économiques qui se rient des distances (notamment les sociétés œuvrant dans le domaine des nouvelles technologies de l’information et de la communication). Tout cela entraînerait l’arrivée de nouvelles populations, donc un accroissement de l’activité commerciale, etc. Bref, il faut amorcer la pompe, et endiguer cette vertigineuse chute démographique qui plonge le pays dans une spirale négative dont il serait largement temps qu’il sorte.

Ce financement de "la dernière chance", ce "plan d’urgence", porte un nom, officieux certes, mais qui laisse pantois quiconque n’est pas Cantalien de souche. Ici, on parle de "zone franche rurale". Référence aux "zones franches urbaines", bien sûr, et aux aides offertes aux entreprises qui acceptent de s’implanter dans ces lieux déshérités. Une terminologie si mal choisie qu’elle a fait ruer le secrétaire d’Etat à l’aménagement du territoire lorsqu’il est venu, il y a quelques mois, dans le département. Il n’a d’ailleurs pas dit non sur le principe, mais lorsqu’il a renâclé sur le terme de "zone franche", ce fut très mal perçu.

Et quand le gouvernement, au début de l’année, a annoncé la création de nouvelles zones franches urbaines, les élus cantaliens ont crié très fort à l’injustice, se disant oubliés une fois encore par les pouvoirs publics. Il serait peut-être bon pour les décideurs cantaliens qu’ils aillent faire un tour dans une zone franche, une "vraie", qu’ils y rencontrent les habitants, qu’ils s’entretiennent avec les commerçants, qu’ils aillent voir les mômes dans les écoles. Histoire de réaliser que les formules percutantes doivent, un minimum, correspondre à une réalité. Et que parler de "zone franche", même rurale, pour le Cantal, frise l’indécence.

Certes, le Cantal souffre de terribles handicaps dont il ne peut pas se sortir tout seul. Certes, il faut trouver des solutions. Certes, les départements ruraux ne peuvent pas continuer à voir leurs habitants aussi fortement pénalisés. Mais la tristesse qui règne ici n’a strictement rien à voir avec l’enfer que vivent les gens des zones franches. Le Cantal est un département sinistré, c’est indéniable. Mais il a des atouts, des richesses qu’il lui revient de valoriser. Le taux de criminalité le plus bas de France, un taux de chômage ridiculement bas, un cadre de vie que personne ne songe à remettre en question, même pas moi : comment peut-on oser parler de zone franche ?

En bref

LE FESTIVAL DEVIENT GOURMAND

Non, il ne s’agit pas du festival de théâtre de rue d’Aurillac, mais d’un autre grand événement festif : le festival international du casse-croûte et des goudots gourmands. L’édition 2003 a accueilli près de 40 000 visiteurs sur trois jours. Les organisateurs commencent à trouver que la rue et le jardin des Carmes sont bien étroits pour leur festival, auquel ils commencent à donner le nom de "feria"... C’est dire leur gourmandise ! De ce fait, en 2004, cette fête du terroir pourrait bien investir une large part de la ville.

C’EST LA FÊTE PARTOUT !

Toute l’année, à moins d’adorer la randonnée pédestre et la chasse aux champignons, on s’ennuie ferme dans le Cantal. Sauf pendant les (courts) mois d’été : en juillet et en août, impossible de traverser le moindre hameau sans être convié par des pancartes à visiter une exposition, à assister à la fête du pain ou des moissons, à flâner dans la foire à la brocante, à s’amuser lors de la fête patronale, à danser avec le groupe folklorique local... Une véritable explosion festive, une débauche estivale qui s’arrêtera net à la rentrée. C’est dommage, chaque jour, on est sûr de rater quelque chose, qui manquera si cruellement jusqu’à l’été prochain...

JE PAIE LA FAUTE DE MON GRAND-PÈRE

Il paraît que c’est sûr : les deux fils de Saddam Hussein sont morts. Que voilà une grande victoire. Et pour être sûr que le sang maudit du dictateur ne courra jamais dans les veines de quiconque, le petit-fils de Saddam aurait également été tué. Quinze ans. Ce môme était, bien sûr, au mauvais moment, au mauvais endroit. Il ne faisait probablement pas partie du plan de chasse des soldats de George Bush. Mais n’empêche qu’il paie pour la faute de son grand-père. Voilà qui rappelle des temps bien sombres...

L’image de la semaine

Il est pas beau mon village ?

Vous voyez, là, c’est Polminhac, une très jolie maison sur la place devant la fontaine (non, c’est pas chez moi !). En plein eacute ;té. Une place déserte, personne à l’horizon. A Vic-sur-Cère, c’est à peine mieux. Quant à Aurillac, je n’ai pas osé vous montrer, c’est déprimant. Dans un département qui mise tout sur le tourisme, n’y a-t-il pas des questions à se poser ? (Photo Dominique Bardel)

Le lien de la semaine

Cette semaine, je pense aux gourmands. Aux fondus de fromage, à ceux qui, quand ils entendent le mot "Cantal", se mettent à saliver, et imaginent une belle tomme dorée, à la peau granuleuse à souhait, au parfum enivrant... Sur le site de l’interprofession fromagère du Cantal, ces gourmets qui ne pensent pas assez à leur taux de cholestérol pourront découvrir tous les secrets des deux AOC emblématiques du département : cantal et salers. Avec les photos somptueuses de Pierre Soissons, le photographe "officiel" du département.

Allez, visitez et prenez des kilos !

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Image extraite de l'article "Géographie"