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Publié le mercredi 3 novembre 1999 dans la rubrique :

Mon press-book

Théâtre de Poche

Redressement fiscal ou dressage culturel ?

Le combat d’un petit théâtre

59 places, pas une de plus : le théâtre de Poche, rue de la Mulatière à Saint-Étienne, était presque notre voisin. Son directeur, chaque matin (enfin... vers 10 heures) poussait notre porte, tonitruant un "bonjour" qui voulait cacher les difficultés auxquelles il faisait face. Culture Loire était un petit journal impertinent, rudement courageux. Et un peu naïf. Mais toute l’équipe croyait qu’elle pouvait faire quelque chose pour la culture. Elle ne vivait que pour ça. Elle a accompagné le petit théatre d’à côté dans son combat pour la survie, qui fut finalement gagné. Le petit canard a disparu, mais son voisin est toujours là.

Culture Loire n° 1 : sommaire

300 000 francs : c’est la somme que doit verser le théâtre de Poche aux impôts, à la suite d’un contrôle fiscal. Comme toute entreprise, cette salle de spectacle est assujettie à la TVA et à la taxe professionnelle. Et elle vient d’apprendre, à ses dépens, que l’ “exception culturelle”, en matière fiscale, n’existe pas.

“C’est la question de la politique culturelle qui est en jeu”, déclare Roland Comte. Membre actif du paysage culturel stéphanois depuis plus de dix ans, il sait que les difficultés du Poche sont le lot commun de toutes les petites structures. “Beaucoup de théâtres ne doivent leur survie qu’aux subventions ; la culture, à cette échelle, n’est pas un secteur rentable, mais doit davantage être considérée comme un service dont la communauté ne peut se passer”. Cette notion de service explique pourquoi la majorité des lieux culturels sont gérés par des associations... qui font l’objet, depuis quelques années, d’une surveillance très rapprochée de la part de l’administration des impôts. Certes, apparemment, les associations stéphanoises ont, jusqu’à présent, échappé aux contrôles, mais Roland Comte estime que le Poche est le premier d’une longue série sur la ville et le département.

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À l’instar d’Elie et Dieudonné, Serge Moulin, du duo “Merle et Moulin”, déclare cette saison son indépendance.

“Pendant quelques années, le Poche a été une structure associative ; c’est par souci de transparence que nous avons choisi de créer une société commerciale, avec désormais une gestion dite “en franchise de base” qui nous permet de tenir notre comptabilité en montants TTC. Nous ne récupérons pas de TVA, et n’en reversons pas non plus. Nous voulions afficher la clarté de notre gestion. Et voilà où nous en sommes.” Une situation que le directeur met sur le compte de l’ancienneté du théâtre : “Beaucoup de petites structures vivent trop peu de temps pour que les impôts aient le temps de s’intéresser à elles”. La méconnaissance des spécificités culturelles serait aussi à mettre en cause : “Les élus connaissent peu la fiscalité de nos structures. Pourtant, c’est aux collectivités territoriales que revient la décision d’exonérer, ou non, les structures de la taxe professionnelle. Une exonération que le ministre souhaitait égale à 50 %, et qu’il suggère aujourd’hui de porter à 100 %.” Interpellée par le théâtre de Poche, le Conseil de communauté de Saint-Etienne métropole vient de voter l’exonération totale pour les théâtres. Mais Roland Comte attend toujours la décision du Conseil général et de la Région. Et la réponse de la communauté urbaine n’est pas rétroactive.

Le Théâtre de Poche a déposé un recours contre la décision de l’administration des impôts, s’appuyant sur une jurisprudence suffisament copieuse pour servir de référence, et qui s’applique indifféremment aux associations et aux entreprises.

En attendant, Roland Comte est redevable de 300 000 francs. Pour faire face à cette dépense, il a dû se séparer du technicien du théâtre, au risque de mettre en péril la qualité des spectacles. Un emploi perdu pour un salarié compétent, de moins bonnes conditions de travail pour les artistes, le risque à terme de fragiliser gravement l’un des rares théâtres indépendants de la Loire : s’agit-il de mettre le Poche au pas fiscal, ou d’étrangler davantage les espaces culturels ? La réponse est désormais, en partie, dans le camp des élus, qui semblent sensibles à l’acuité des difficultés auxquelles le Théâtre de Poche doit faire face, et qui menacent l’ensemble du tissu culturel.

Culture Loire n° 1 : sommaire

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Post-scriptum

Pour diriger les visiteurs de cette page sur le site internet du théâtre de Poche, j’ai fait une recherche qui a abouti à un lien mort... En janvier 2007, mon petit théâtre aurait-il fini par rendre l’âme ? Il figure sur la liste des lieux culturels de la ville de Saint-Étienne ; la municipalité l’aurait-elle "récupéré" ? Qu’est devenu mon petit théâtre ? Si vous avez des infos, dites le !

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