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4 commentaires

Publié le lundi 23 juin 2008 dans la rubrique :

La vie du site

Ze maikine goffe

Que devient le général ?

Le général, il rame... Il patauge, même. En fait, je dois à la vérité de rectifier : c’est moi qui rame et qui patauge, lui il se contente de regarder en se marrant.

Je crois qu’il savait depuis un bon moment déjà que le récit que j’avais écrit sur le site me donnerait beaucoup de fil à retordre. Bâcler trois ou quatre pages, vite fait, pour les balancer sur le ouaibe, c’est facile. Faire de tout ça un texte à peu près cohérent, on s’en doutait un peu, c’est autre chose.

Mais ça avance quand même, lentement. Je dois en être à peu près au tiers de la chose initiale, celle que vous avez lue dans le Jardin. Ce n’est jamais que la deuxième réécriture, ça pourrait être pire.

Quand j’avais écrit Les Yeux secs ou d’autres choses que j’ai jetées depuis, c’était différent : je connaissais la fin, grosso modo, avant de commencer, j’avais une idée de ce que j’allais raconter, et ça roulait. Quand ça ne roulait pas, hop, Pomme-A, Pomme-X, et voilà. Avec le général, rien à voir. Déjà, la fin, je ne la connais pas encore. Je ne sais pas si je vais l’inventer, si elle va arriver toute seule sous la forme d’une surprise comme j’en ai eu beaucoup depuis que je m’occupe du militaire. Si ça se trouve, la fin arrivera trop tard, quand le bouquin sera imprimé et traduit en vingt-cinq langues, avec même cinquante exemplaires hors-collection tirés sur vélin extra-super classe, couverture cuir pleine fleur et marque-page en soie véritable, lesdits hors-collection étant numérotés individuellement et à la main avec le truc à faire les numéros en relief dans le chouette papier.

Vous, évidemment, vous aurez les exemplaires industriels, ceux pour les masses laborieuses qui ne peuvent que se payer des bouquins imprimés à la chaîne, façonnés à la chaîne pareil, emballés tout comme, et quand vous aurez lu la dernière page, avec la fin que personne ne connaît, même moi, vous tournerez la dernière page et vous lirez :

Achevé d’imprimer le trente-quatre février deux mille cinquante-trois
sur les presses de Brodin et Taupard, Saint-Amond-Monrin, Cher.
Il a été tiré de cet ouvrage cinquante exemplaires sur vélin méga-top,
numérotés blabla, blabla.

La classe internationale. Moi j’en aurai un, de ces hors-collection trop chers pour vous. Rien que pour vous faire bisquer je le prendrai en photo et je vous le mettrai en ligne, avec la couvrante en peau et la ficelle en satin.

Oui. On en était à la deuxième réécriture. Et donc voilà, c’est costaud. J’ai intercalé des infos que je n’avais pas encore utilisées, d’autres que j’ai trouvées depuis le funeste chapitre 29 qui mettait un terme au feuilleton généralesque en ligne, j’ai changé des trucs, beaucoup de trucs, j’ai oublié en cours de route ce que j’avais changé et du coup après je me suis grandement plantée. Fin de la première réécriture, pour remettre tout ça d’aplomb. En chemin, je me suis dit que ce serait mieux si le récit était raconté comme une histoire, une vraie histoire, donc au passé.

Vous croyez qu’il suffit de remplacer le présent par l’imparfait ? Ouais. Eh ben non. Parce qu’avec ce genre de salade on se retrouve vite avec du futur plus qu’antérieur du surparfait. Franchement, c’est raide. Surtout que je suis une hystérique de la concordance des temps. Genre à hurler à chaque fois qu’Audrey Pulvar éructe : « Le témoin a déclaré qu’il dira une grosse connerie sans respecter la concordance des temps. » C’est un désastre ambulant, Audrey Pulvar. Et si je me pète les cordes vocales, on saura la faute à qui c’est.

Donc, remplacer, ça marche pas. Il faut réécrire complètement. Ça se fait, il suffit de s’y coller. Le problème, c’est qu’il faut éviter d’avoir des idées en chemin : le danger, redoutable, est de se retrouver avec trois paragraphes supplémentaires là où l’on voulait juste remplacer un verbe.

Et vous croyez que ça fait grossir le bébé, ces rajouts et ces compléments ? Même pas. J’ai viré pas mal de choses, sans intérêt, trop longues, trop mal fichues. Normalement, je les vire pour de bon, sauf quand j’ai des remords. Dans ce cas, je vais les récupérer dans le texte d’origine. Qui n’est plus du tout paginé comme celui que je corrige. C’est affreux, il faut que je retrouve LE passage exact, sauf que je ne sais plus très bien où il est. Je pourrais le réécrire de mémoire, c’est d’ailleurs ce que je fais parfois. Mais quand j’ai fait sauter cinq ou six paragraphes, la mémoire, hein...

Voilà, voilà... J’ai fait un deal avec ma hiérarchie adorée pour avoir un peu plus de temps pour travailler correctement. Travailler... pas au boulot, bien sûr. Ça, c’est pas du travail, c’est... c’est, comment dire... c’est rien. J’ai donc quelques jeudis de liberté pour aller tranquillement aux Archives, à la bibliothèque, dans tous les endroits qui ne sont ouverts que quand les gens qui en ont besoin essaient de gagner leur salaire. En échange, je bosse le samedi. C’est bizarre, comme rythme, mais ça m’arrange, et ça ne durera qu’un mois. Quatre jeudis, d’accord, on arrête les commentaires moqueurs, siouplaît.

Et c’est en rentrant samedi dernier, sur une route déserte (jamais vu la nationale 20 entre Toulouse et Saint-Jory autrement que bouchonnée, ça fait tout drôle de rouler à 50 à l’heure, cette vitesse dingue, c’est grisant), c’est en rentrant que j’ai eu LE flash. L’idée qui déchire. La grosse super idée, du genre bien casse-tête et qui nécessite, bien sûr, que je m’y colle séance tenante, et tant pis pour la fête de la musique.

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L’Harmoniscribe
Cette image est extraite de l’irremplaçable Catalogue d’objets introuvables de Carelman. Un bouquin génial, je vous invite à vous l’offrir d’urgence, si vous ne l’avez pas déjà.

D’ailleurs, la fête de la musique, à Dieupentale, vaut mieux pas qu’on en parle. J’y suis quand même allée faire un tour. Juste un tour, et l’année prochaine j’irai à Grenade, où même à Pompignan. Figurez-vous qu’il y a un chanteur célèbre qui est né à Pompignan, dites donc, à même pas dix bornes de chez moi. Si vous trouvez qui c’est vous aurez un caramel virtuel.

Poursuivons. L’idée : c’est plus moi qui raconte. Enfin, si, je raconte, forcément, puisque c’est moi l’AUTEUR. Mais ce n’est plus raconté à la première personne. J’ai tout repris pour voir ce que ça donne, et franchement je crois que c’est comme ça qu’il faut faire. On est donc partis, le général, mon merveilleux futur lecteur et moi, pour une histoire où une certaine Christine achète une maison qui fut jadis la maison natale. Et alors on a l’histoire de Christine, celle des Larroque, celle des personnages collatéraux, ceux d’avant, ceux d’avant avant, ceux de maintenant, ça vous dit peut-être rien comme ça vu de loin mais croyez-moi, c’est mieux.

Sauf que. N’allez pas vous imaginer qu’il suffit de remplacer « je » par « Christine ». À la troisième phrase, forcément, ça marche plus. Ah ben d’accord, y’a qu’à mettre « elle », alors. On peut, on le fait d’ailleurs. Abondamment. Ce que je n’avais pas vu venir, dans ma précipitation enthousiaste, c’est les passages où Christine, par exemple, parle de la maison avec une autre femme, en compagnie de la fille de l’autre femme qui à son tour évoque sa grand-mère qui avait elle-même une maison qui que. Au quatrième « elle », trouvez ce que désigne le charmant pronom. C’est inextricable. Impossible. Chiant, quoi.

J’ai dans l’idée que je n’échapperai pas à une troisième réécriture. Rien que d’y penser, je me demande pourquoi je fais pas des romans pour la collection Harlequin. Le genre de truc pondu en une semaine et qui est payé, en plus.

Vous savez donc où en est le général. Dans un sacré foutoir. Et comme j’ai mes petites manies, si j’écris directement au clavier parce que ça me permet d’aller très vite (hé hé, mon BEP de sténo-dactylo, je le sais depuis belle lurette, m’est fichtrement plus utile que ma jolie maîtrise en sciences de n’importe quoi), je corrige à la main. C’est comme ça. Je ne peux lire correctement que lorsque le texte est imprimé sur du papier, et je ne corrige qu’avec un stylo. Sauf que mon beau et doux regard me joue des tours : brusquement, mon nœuil gauche a décidé de plier boutique (de près — je ne suis pas plus dangereuse sur la route qu’avant, de loin j’ai toujours 14 sur 10 des deux côtés). Le temps d’obtenir un rendez-vous chez l’ophtalmo, je ne vois pas ce que j’écris dans les marges et les interlignes. Je gribouille des choses que personne, plus tard, lorsque l’on étudiera mes œuvres complètes, ne pourra déchiffrer. Et ces choses-là, je suis censée les saisir ensuite sur mon clavier (pas besoin de voir mes doigts, le diplôme utile, y’a que ça de vrai). En général, ça va. Sauf quand je ne me comprends plus. Eh oui, voyez-vous, c’est ça, la vie d’auteur. De grands moments de solitude, le papier tout au bout des bras qui sont trop courts, le nœil droit qui bosse pour deux mais qui se retourne furieux en hurlant : « Oh, tu peux pas t’acheter des lunettes ? »

Et pendant ce temps là, forcément, le général, il est mort de rire, tiens.

Et puis tiens, au passage, vous savez quoi ? Antoine, en premières noces, il avait marié la cousine, dites donc.

DB_quelqu’un_a_l’adresse_des_éditions_Harlequin ?

Post-scriptum

Et le premier qui dit que j’écris comme un cochon, eh ben... eh ben rien. J’écris comme je veux, c’est moi l’auteur.

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Vos réactions

 
Que devient le général ?
23 juin 2008 23:22, par brendufat

L’auteur fait ce qu’elle veut, l’auteur est l’enfant caché de Dieu et de Balzac, l’auteur... tout ce que tu voudras.

M’enfin, le (un) (un parmi *beaucoup* (mais oui) d’autres) lecteur (ça va ? tu suis ?) trouve que le récit entrelacé des aventures de l’auteur et du général ne manquait pas de charme, qu’un léger peignage lui suffirait peut-être.

Ah au fait : le lecteur est un vieux chose-servateur es langue française, et n’aime pas les auteures ni les auteuses, pas davantage les auteresses. Mais l’auteur est la fille cachée de Shiva et de Shiva Tipa et donc...

Que devient le général ?
24 juin 2008 08:44, par Umanimo

Même le récit de l’écriture du récit est haletant dis donc.

DB/Christine arrivera-t-elle à réécrire son général sans se mélanger les phrases ? Y aura-t-il une troisième, voire quatrième ou soyons fou cinquième réécriture du récit de la vie du général ? Christine deviendra-t-elle Marcel ?

Le général ne va-t-il pas finir par se facher et quitter les pages qui lui sont consacrées, laissant de larges vides dans les mots ?

Chers lecteurs, vous saurez tout ça en suivant attentivement la suite des aventures de « l’écriture de l’histoire de la maison du général ». :D

UMA

Que devient le général ?
25 juin 2008 09:11, par Frédéric

« Figurez-vous qu’il y a un chanteur célèbre qui est né à Pompignan, dites donc, à même pas dix bornes de chez moi. Si vous trouvez qui c’est vous aurez un caramel virtuel. » Il paraît aussi que la femme de Dick Rivers est originaire de Pompignan et qu’ils y possèdent une maison. Coïncidence étonnante pour un tel village.

Que devient le général ?
25 juin 2008 22:21, par DB du Jardin

Brendufat —>>>

l’auteur est l’enfant caché de Dieu et de Balzac

Ouais, encore que, Balzac, peut-être que je pourrais lui expliquer deux trois trucs. ;) Pour le léger peignage, hélas, dans cette friche, cela ne suffirait pas. J’ajoute quand même pas mal de choses, il faut bien qu’elles trouvent leur place et que ça ait l’air naturel. Bref. C’est de la cuisine, c’est le bazar, mais je l’ai bien voulu.

M’enfin, le (un) (un parmi *beaucoup* (mais oui) d’autres) lecteur (ça va ? tu suis ?) trouve que le récit entrelacé des aventures de l’auteur et du général ne manquait pas de charme, qu’un léger peignage lui suffirait peut-être.

Uma —>>>

Même le récit de l’écriture du récit est haletant dis donc.

:) Oui, je trouve aussi ! Mais le général n’a pas intérêt à faire son malin : c’est lui la star, quand même.

Frédéric —>>>

Il paraît aussi que la femme de Dick Rivers est originaire de Pompignan et qu’ils y possèdent une maison. Coïncidence étonnante pour un tel village.

Comme quoi le monde est p’tit ! Voilà, tu as ton caramel virtuel. Alors, heureux ? ;)


Désolée pour mes réponses tardives, mais j’ai un brouillon qui m’accapare.

DB_allez,_j’y_r’tourne

 

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