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Publié le lundi 21 juillet 2003 dans la rubrique :

Le p’tit journal du Cantal

Premier contact

Hier, dimanche, en brave petite Française, je suis allée me balader. Le hasard m’a emmenée à Limoges. Vous vous en moquez ? Vous ne devriez pas : je vais tenter aujourd’hui, sous vos yeux ébahis, de faire la synthèse de ce que j’ai pu apprendre sur cette ville, jusqu’alors inconnue, en l’espace de quelques heures.

Quand on arrive dans une nouvelle région, ou une nouvelle ville, même si on n’y a jamais mis les pieds, on découvre souvent qu’on sait vaguement quelque chose, sans qu’on puisse s’expliquer pourquoi. Ces connaissances, le plus souvent, résultent d’une certaine "culture collective". Ainsi, quand on débarque à Saint-Étienne, on sait déjà que c’est la ville des Verts et de Manufrance. Même si l’équipe de foot et la célèbre entreprise de vente par correspodance appartiennent au passé. À Grenoble, c’est Merlin-Gerin. À Aurillac, c’est la pluie. Bon, d’accord, c’est aussi le festival de théâtre de rue, la vache salers et le fromage.

Alors pour Limoges, c’est la porcelaine. Et la vache limousine. Renoir et un orchestre baroque. C’est tout bête, mais avec ça, déjà, on est un peu moins bête quand on descend de sa voiture. On se sent en terrain connu. Pour le reste, je vais m’amuser à brosser le portrait de cette ville, dans laquelle j’ai passé trois heures et demie. Histoire de tester l’une des principales qualités d’un journaliste de base : appréhender un nouveau sujet le plus vite possible. Allons-y, je travaille sans filet, retenez votre souffle.

Tout d’abord, dans le Limousin, on ne connaît pas la sécheresse. Des pelouses et des prés verts que c’en est indécent. Côté agriculture, on se trouve dans une région d’élevage : peu de terres cultivées, mais d’impressionnants bataillons de limousines dans les pâtures. Serait-on dans un département rural et peu peuplé, comme le Cantal ? Rural, certes. Mais pour ce qui est de la population, c’est quand même moins désertique : les immatriculations des voitures en sont à SH, alors qu’on inaugure HP dans le Cantal. Ça donne un ordre d’idée.

Après ces premières constatations superficielles, approfondissons. Zut. Le dimanche à 13 h 30, il n’y a pas grand-monde dans les rues. Ce qui me laisse le loisir de me perdre, de faire des demi-tours absolument interdits en pleine ville, de m’arrêter n’importe où pour lire les panneaux. Et de trouver enfin l’office de tourisme, devant lequel est garé un petit train. Ah ! Ça me revient, j’ai vu en arrivant, sur l’autoroute (il y a une autoroute !), un panneau indiquant : "Limoges, 2 000 ans d’histoire". Je suppose qu’il existe un riche patrimoine architectural, une ville aux multiples visages. Et ma balade en petit train le confirme. Pourtant, je n’ai pas entendu grand-chose des commentaires diffusés par le haut-parleur. Un conseil, quand vous prenez un petit train touristique, ne montez pas dans le premier wagon : le bruit du tracteur couvre le son des commentaires. Évitez également la voiture dans laquelle est montée une famille riche de cinq ou six enfants enthousiastes. Bref, marchez à côté du train.

En achetant mon billet, j’ai quand même appris quelque chose : le matin, l’accueil a été assuré devant la porte fermée de l’office, sur le trottoir ! Panne d’électricité, caisses et ordinateurs hors d’usage... Les hôtesses sont entrées par la porte de derrière, ont pris le strict minimum en dépliants, ont étalé ça sur une table et ont accueilli les touristes à la bonne franquette, dans la rue. Ce n’est que l’après-midi que le déverrouillage de la porte principale a pu être actionné. Mais pour ce qui est de la remise en service de l’électricité, il faut attendre lundi, puisque seule l’agence immobilière propriétaire des locaux a les clés du coffret électrique. Si c’est pas bête, quand même !

Pour ce qui est de l’activité économique, je dirais que ça va. Pratiquement pas de magasins avec une grande affiche "À vendre", pas de bâtiment à l’abandon dans le centre-ville. Il y a pas mal de cités qui ne peuvent pas en dire autant. Plusieurs hôtels haut de gamme sur les dépliants touristiques, c’est bon signe.

Côté pratique, voire trivial : j’ai trouvé un marchand de journaux ouvert le dimanche après-midi. Ça c’est bon à savoir. Il est entre l’office de tourisme et l’aquarium public (que j’ai visité, vous pensez bien !). Les feux sont très, très longs. L’indication de la direction "Toulouse" laisse à désirer. Limoges est une ville où ça monte et descend tout le temps : pour aller au boulot à vélo, ça ne doit pas être très commode. De toute évidence, les dessertes de transports en commun sont plus que réduites le week-end. Je suis incapable de vous dire la couleur des bus. Quant au quotidien local, hormis quelques pages consacrées aux loisirs (très culturel, ça me plaît bien, ça, et une très large part consacrée aux sports... Disons que le dimanche on l’achète pour le supplément TV. La prochaine fois, je viendrai en semaine.

Terminons par le côté complètement subjectif : c’est vachement beau ! Ni trop grand ni trop petit, avec un style architectural néo-classique qui en dit long sur l’essor de la ville au XIXe siècle, de belles rues bien larges et bien droites (à défaut d’être bien plates),une municipalité qui doit être assez riche pour consacrer des moyens conséquents au cadre de vie (des squares et parcs nombreux et abondamment fleuris, c’est le genre de truc qu’on finance quand on a payé tout le reste, ou alors quand on est complètement à côté de la plaque) : j’ai dans l’idée que la taxe professionnelle doit être conséquente.

Alors, je me trompe beaucoup ? J’ai pas tout faux ? Parce que à priori, ça ne doit pas être désagréable d’être journaliste à Limoges. Donc, Monsieur le rédac’chef du quotidien limougeau, je commence quand ?

En bref

SOUVENIRS

En fait j’ai un peu menti. Je suis déjà allée dans la Haute-Vienne. C’était en... Pfiuuuu ! En 1983. J’avais fait un stage chez un militaire ex-champion olympique (par équipe) en concours de saut d’obstacle. Bernard de Fombelle, un fou furieux, un hystérique qui m’a longtemps fâchée avec les militaires. Il était tellement givré que je m’étais sauvée et que j’avais pris le premier train, en pleine nuit, sans prévenir. C’était au Vigen, un sacré mauvais souvenir. En plus, le temps était pourri. Hier au Vigen, j’ai visité un parc animalier. Sous un soleil de plomb.

ÇA VA ME JOUER DES TOURS

Mercredi dernier, à Aurillac, s’est déroulée la reconstitution d’un crime prepétré sur les rives de la Jordanne, le 30 mai 2002. Un compagnon d’Emmaüs avait été poignardé. Ne haussez pas les épaules : dans le Cantal, la cadence des crimes est d’environ un tous les quatre ans. Je sens qu’il y a des jaloux parmi les lecteurs ! Eh oui, tout ne peut pas être négatif dans le beau pays vert. D’une part, il est vraiment beau. D’autre part, cela fait des années qu’il est auréolé du titre de "département le plus sûr de France". C’est bien simple, j’oublie tout le temps de fermer ma voiture à clé. Quand je vais être embauchée à Limoges, cet excès de confiance va me jouer des tours.

L’ÉVÉNEMENT

Dans toute l’Auvergne et dans tout le Limousin, on ne parle que de ça. Des pages entières dans le journal, de longues minutes sur France 3, c’est l’événement. Le concert de Johnny à Eyren, en Corrèze, près de Tulle. Tout près de chez Jacques Chirac, ET en core plus près de chez François Hollande. Savoir s’ils se sont assis côte à côte... A moins que Jacques ait délégué sa représentation à Bernadette, présidente du Conseil général. A ce propos, c’est impressionnant ce que la région a produit comme présidents de la République : Chirac pour la Corrèze, Giscard pour le Puy-de-Dôme, Pompidou et Doumer pour le Cantal... On sait donc élever autre chose que des vaches, ici ?

L’image de la semaine

Il est pas beau mon village ?

Vous voyez, là, c’est Polminhac, une très jolie maison sur la place devant la fontaine (non, c’est pas chez moi !). En plein eacute ;té. Une place déserte, personne à l’horizon. A Vic-sur-Cère, c’est à peine mieux. Quant à Aurillac, je n’ai pas osé vous montrer, c’est déprimant. Dans un département qui mise tout sur le tourisme, n’y a-t-il pas des questions à se poser ? (Photo Dominique Bardel)

Le lien de la semaine

Cette semaine, je pense aux gourmands. Aux fondus de fromage, à ceux qui, quand ils entendent le mot "Cantal", se mettent à saliver, et imaginent une belle tomme dorée, à la peau granuleuse à souhait, au parfum enivrant... Sur le site de l’interprofession fromagère du Cantal, ces gourmets qui ne pensent pas assez à leur taux de cholestérol pourront découvrir tous les secrets des deux AOC emblématiques du département : cantal et salers. Avec les photos somptueuses de Pierre Soissons, le photographe "officiel" du département.

Allez, visitez et prenez des kilos !

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Image extraite de l'article "La peste"