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3 commentaires

Publié le dimanche 17 décembre 2006 dans la rubrique :

Musique

Pleyel

Si vous suivez un peu les infos, vous savez que l’usine Pleyel, dans le Gard, va être fermée. À Alès, la seule manufacture française de pianos va mettre la clé sous la porte. Une poignée de salariés va être sauvée du naufrage, dans un atelier haut de gamme dans la région parisienne.

Cette usine est le dernier lieu en France où s’exercent des métiers qui vont disparaître de notre patrimoine. Outre le désastre économique que représente pour une ville et les familles qui y vivent la fermeture d’une usique, qu’elle fabrique des chaussures, des clous ou des pianos, cette disparition est une véritable catastrophe sur le plan culturel.

Les commentaires des différents reportages indiquent que la maison Pleyel ne peut faire face à la concurrence étrangère, les pianos venant d’Asie du Sud-Est étant moins chers. Interview d’un vendeur dans un magasin de musique qui explique qu’un « premier prix » chinois est à moins de 4 000 euros, alors qu’un « premier prix » Pleyel est à 9 000 euros. Le vendeur ne précisant pas qu’il ne s’agit pas du tout des mêmes pianos, puisque d’un côté on a une casserole, et de l’autre un instrument de musique. Ou alors il a été coupé au montage. Plan final sur un client qui repart avec un synthétiseur sous le bras (1 500 euros, mais ce n’est pas un piano... un piano numérique n’est pas un synthétiseur).

Alors voilà. Le haut-lieu national de la facture instrumentale ferme et c’est tout. Ça s’arrête comme ça. La renommée de Pleyel dépasse largement nos frontières ; on trouve ces pianos dans toutes les grandes salles de concert, chez un nombre incalculable de musiciens de très haut niveau, dans des milliers de conservatoires et d’écoles de musique. Voire d’écoles tout court. On a donné à l’une des salles de concert les plus prestigieuses de Paris (si ce n’est la plus prestigieuse) le nom d’Ignace Pleyel.

L’usine Pleyel, c’est bien plus qu’une entité économique : c’est une richesse nationale. L’État et son ministère dit de la Culture attribue des sommes colossales au financement de subventions pour des gamins qui font « yo » avec une casquette à l’envers et des baskets sans lacets, pourquoi pas. Il verse des subsides à des centaines d’associations qui, sous couvert d’organiser des festivals, dilapident des sommes astronomiques en réceptions et soirées de gala destinées à une poignée d’huiles et grosses légumes qui elles-mêmes ne lèveront jamais le petit doigt pour la culture. Ce ministère, comme tous les ministères chacun dans son domaine, engloutit des montants impossibles à avouer en études, rapports, projets et programmes qui jamais ne serviront à rien, sinon engraisser les deux ou trois « chargés de mission » qui auront fait faire le boulot par des stagiaires. Et il n’est pas foutu de sauver Pleyel, en assainissant ses comptes, en versant des subventions aux écoles de musique et leurs élèves pour faciliter l’achat de vrais pianos, et pas de merdes chinoises qui jamais ne formeront les bons musiciens de demain.

La première fois que j’ai joué du piano, c’était au foyer de l’internat de mon lycée. Pendant six mois, tous les jours, j’ai passé des heures à apprendre, c’était le bonheur. J’en ai parlé dans un autre topic. Le piano était très vieux, complètement désaccordé, à vrai dire il était fichu, tout juste bon à allumer un feu. C’était un « cadre bois » (on n’en fait plus, il y a belle lurette que tous les pianos sont dotés d’un cadre en fonte) délabré, et c’était un Pleyel. Tout pourri qu’il était, il sonnait bigrement, le vieux piano.

Ironie du truc : il existe un livre sur l’épopée des pianos Pleyel, écrit par Arnaud Marion, qui décrit l’histoire de cette fabrique qui a déjà connu des coups durs, très durs, depuis sa création en 1807. Le livre s’intitule « Pleyel, une histoire tournée vers l’avenir ».

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Vos réactions

 
Pleyel
17 décembre 2006 00:18, par Umanimo

Bah, que dire ?! Sinon que c’est à la fois fort triste et tout à fait un signe du temps. Comment vont-ils faire pour avoir des « vrais » pianos les concertistes de demain ?

Pleyel
18 décembre 2006 00:21, par Vieux motard

Il y a beaucoup de choses qu’on ne sait plus faire en France, les gens achètent ailleurs et ont l’air d’y trouver leur compte, alors on ferme les manufactures, c’est plus économique.

Ce fut pareil pour la soie et sûrement quelques autres produits fabriqués en France ou en Europe.

 

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Image extraite de l'article "Gottfried-August Homilius - Pièces pour orgue"