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Publié le mardi 15 juillet 2003 dans la rubrique :

Le p’tit journal du Cantal

Merci, Hugolin !

Voici le premier numéro du P’tit Journal estival du Cantal. Chaque jour, des infos sur l’actualité du département. Ou plutôt sur l’actualité de Polminhac. Non, c’est encore inexact : l’actualité du Pouget sera à l’honneur dans cette chronique. Bref, vous pourrez découvrir, pendant un mois, mon actualité à moi. Ça promet d’être palpitant.

Polminhac, c’est sûr, n’aura pas son incinérateur. Pour les estrangers qui ne sont pas d’ici (ou les Cantaliens qui ne suivent pas l’actualité), j’explique : le département du Cantal doit s’équiper, d’ici 2004, d’un incinérateur. Ou de toute structure apte à faire disparaître les conchoncetés non recyclables des Cantaliens. On a beau, dans le pays des grands espaces, n’être que 150 000 et quelques, on remplit quand même nos poubelles, et au bout du compte, ça fait pas mal de saletés.

Un Syndicat départemental a donc été constitué pour déterminer le site qui accueillera le futur incinérateur. L’option de l’enfouissement a été rejetée, du moins dans un premier temps. Et ce syndicat a tout d’abord dressé une liste de communes "candidates", bien malgré elles. Dont Polminhac. Mon village à moi où j’habite. Le site proposé par le Syndicat se trouvait à 1 km à peine de mon cantou. Mais c’est la commune de Naucelles, dont le maire est également président du fameux Syndicat, qui a été désignée. Au grand dam du conseil municipal, des habitants, et... du maire. Ce dernier a démissionné de l’ensemble de ses mandats, les Naucellois se sont révoltés, il y a eu des manifs assez violentes pour que certains ténors politiques craignent qu’il se passe dans le Pays vert des événements "comme à Nanterre" (rien que ça). Bref, ça a chauffé. Et la commune de Naucelles a annoncé qu’elle intenterait une action en justice pour annuler le vote désignant son territoire pour y implanter l’incinérateur dont personne ne veut.

Il est donc fort probable que les études préliminaires, les listes de communes candidates et les désignations forcées et contestées recommencent, à partir du début. Avec, sûrement, un autre cabinet d’études, et peut-être d’autres solutions pour le traitement des déchets. Dont l’enfouissement. Mais quoi qu’il en soit, il est pratiquement certain que Polminhac n’a plus rien à craindre. Pourquoi ? Parce que, pour rendre le site accessible, il faudrait faire des travaux d’aménagement sur la route nationale, dont le coût s’avérerait prohibitif. En outre, ce site est trop éloigné de la voie ferrée. Et enfin, on a déjà une source de pollution dans notre coquet village. Or, il est entendu que l’incinérateur (ou le centre d’enfouissement) ne sera pas installé dans une commune qui doit déjà subir d’autres nuisances sur le plan environnemental. C’est d’ailleurs pour cette raison que la commune d’Ytrac, qui réunissait tous les critères pour être désignée, a finalement (et, peut-être, pour un court instant) été épargnée par le vote : elle doit recevoir une zone d’accueil pour les gens du voyage. Et comme le déclare avec force une Ytracoise (je cite) : "On va quand même pas se ramasser toutes les saloperies".

Donc, Polminhac a déjà un pollueur, ce qui nous met à l’abri de l’incinérateur. Et il est pas loin, mais alors pas loin du tout. Juste à côté de chez moi, de l’autre côté du pré. C’est Hugolin. Il cherche à battre le record du monde du tas de fumier le plus haut. Et il est bien parti pour y arriver.

Comment, j’ai un voisin qui s’appelle vraiment Hugolin ?

Mais non, il a un nom normal, comme tout le monde. Mais on l’a surnommé ainsi parce qu’il a détourné une source, juste en haut du pré derrière chez moi, quand des estrangers ont acheté la maison qui se trouve juste à côté de sa grange. Et je précise que "estranger" est le premier mot du patois local qu’on apprend en arrivant ici. Au bout de plus de deux ans et demi, d’ailleurs, c’est le seul que je connais. Mais c’est le plus important, avec ce mot-là, on sait tout dire. Et surtout, on comprend tout.

Donc Hugolin a un tas de fumier énorme. Gigantesque. Colossal. Malgré l’obligation qui lui est faite de procéder à son évacuation, malgré le fait que la Direction des services vétérinaires pourrait se montrer très très méchante avec lui, malgré le risque de se voir couper le robinet des primes s’il ne respecte pas la législation. C’est bien simple, il est tellement gros, le tas de fumier d’Hugolin, qu’il nous cache la maison des estrangers nos voisins. Comme ça, on a notre intimité. Et des hectolitres de purin qui envahissent ma cave à chaque orage.

A part ça, il est très gentil, Hugolin, il se range sur le côté avec son tracteur quand il me croise, il dit bonjour et tout. Et il nous protège de l’incinérateur.

Alors, merci qui ?

En bref

FEUX D’ARTIFICE

Hier, c’était le 14 juillet. Un orage a bien failli gâcher le feu d’artifice de la ville d’Aurillac, mais en cette année de sécheresse, le Cantal n’est plus ce qu’il était, et le spectacle a été donné au sec. Tout se perd. A ce sujet, aucun arrêté préfectoral n’a été pris pour interdire les feux d’artifice dans le département. Les maires restent seuls juges pour annuler ou non les spectacles pyrotechniques. Enfin moi, je vous dis ça, mais j’ai rien vu : je mettais en ligne le P’tit Journal du Cantal, quand le ciel s’est embrasé.

ENSEMBLE, ON EST MOINS SEUL

Comme chaque année, les présidents des conseils généraux du Cantal, de la Lozère et de l’Aveyron se sont réunis. A Montsalvy, ils ont évoqué le maintien du service public, l’aménagement du territoire, le développement des NTIC et la promotion touristique. Pour ces trois départements qui figurent parmi les moins peuplés de France, et les plus enclavés, il est essentiel de s’unir pour vaincre ensemble ces handicaps.

SÉCHERESSE, ÇA CONTINUE

On a du mal à y croire en voyant les estives verdoyantes, mais il faut bien l’admettre : la sécheresse sévit bel et bien dans le Cantal. Le pré d’Hugolin est tout grillé. Et on peut traverser la Cère à pied sec. L’arrêté préfectoral limitant les usages de l’eau est naturellement maintenu, mais il a curieusement été "aménagé", dans le but flagrant de permettre au maire d’Aurillac de ne pas être hors la loi : les fleurs de la ville n’ont jamais manqué d’eau !

L’image de la semaine

Encore plus vert

Les vaches vont bientôt pouvoir dormir tranquilles : dès le mois de septembre, le train de nuit sera supprimé par la SNCF. Le Cantal sera encore plus vert, encore plus sauvage, encore plus isolé. (Photo Dominique Bardel)

Le lien de la semaine

Vous êtes gâtés : pour inaugurer le P’tit Journal estival du Cantal, je vous offre pas un, mais deux liens. Oui, vous avez bien lu.
Deux liens autour du même thème : l’identité du département. Ce n’est pas la gastronomie, ce n’est pas le tourisme, ce n’est pas la langue occitane. Non, ce qui caractérise le plus sûrement ce beau pays, c’est... la météo.
Je vous propose donc de découvrir deux véritables institutions, deux monuments qui font partie de l’histoire locale, au même titre que le pape Gerbert (qui ignore que le premier pape français, qui a eu pour lourde tâche de gérer la panique lors du passage à l’an mil, était cantalien ? Ne regardez pas en l’air, ceux du fond, je vous ai vus !). Je vous invite à visiter les sites de deux immenses fabricants de parapluie. L’immémorial Piganiol (en occitan, "piganiol" veut dire "querelleur", c’est mon chef qui me l’a dit, et il sait de quoi il parle, puisqu’il s’appelle...), et le très prestigieux Dalbin, qui commercialise le célébrissime parapluie "L’Aurillac".
Bonne visite !


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Image extraite de l'article "Vous voulez critiquer ? C'est le moment !"