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Publié le mardi 3 juin 2003 dans la rubrique :

Mon press-book

Liste de naissance

Fin 2001, l’Insee a déclaré que, d’ici 2030, la population cantalienne serait réduite à presque rien. Sa préconisation pour enrayer cette effrayante dégringolade démographique : il faut que les Cantaliens se décident enfin à faire des enfants, trois ou quatre par foyer, si possible. Ce que j’ai pensé à l’époque, c’est que tous ces petits devraient disposer d’un trousseau de base pour qu’on soit sûrs qu’ils restent au pays. Je l’ai écrit pour L’Union agricole et rurale, mais ce billet n’est pas paru. Il aurait pu blesser ceux qui veulent que rien ne change dans leur beau Cantal. Voici donc ce texte qui a mis fin à ma contribution plumistique à L’Union, où j’ai alors véritablement amorcé ma carrière occulte d’opératrice PAO.

Alors là, vraiment, c’est pas bien. Oui, c’est à vous que je cause, faites pas celui (ou celle) qui n’est pas concerné(e). Ainsi donc, cher lecteur, vous êtes un très, très mauvais Cantalien. Pire qu’un Auvergnat. Vous n’êtes pas du tout à la hauteur. J’ai appris ça mercredi en lisant mon journal préféré (L’Union, vous en connaissez d’autres ?) : il faut faire des bébés. Et on ne les fait pas. Enfin, vous. Parce que moi, c’est décidé, juré, craché, je vais m’y mettre.

C’est pas possible de laisser notre cher, beau et vert Cantal se dépeupler comme ça. Depuis que je sais que vous et moi on sera tout seuls dans trente ans, j’en dors plus. Non que je sois déjà entrée en phase de fabrication (tiens, je vous vois venir), mais parce que je réfléchis.

Et j’en suis arrivée à la conclusion qu’il faut s’y mettre dare-dare. Il y a juste quelques aménagements préalables à réaliser, et après on y va. Normal, une naissance, ça se prépare.

Alors voilà ma liste de naissance. D’abord, j’aimerais m’assurer que mon bébé ne sera pas obligé de partir à dache pour suivre des études universitaires. Parce que dans vingt ans, peut-être avant s’il se met enfin à bosser à l’école, je ne sais pas si je pourrai lui payer un logement et tout ce qui va avec à des centaines de kilomètres d’ici. Donc, si quelqu’un a quelques cursus universitaires généralistes de base en rabe, il n’a qu’à les amener à Aurillac, on saura quoi en faire. Ensuite, je souhaiterais qu’il accède à la vie étudiante avec un "passé" d’adolescent qui aurait acquis une culture autre que télévisuelle. Avis à quiconque possèderait dans un coin un ou deux cafés-théâtres, un cinéma où il y a de la place... N’importe quoi qui ressemble à un lieu d’échange et de vie, et qui reste ouvert pendant les vacances scolaires. Je sais, c’est bassement matériel ce que je demande, mais une future mère de famille nombreuse se doit d’avoir l’esprit pratique.

Remarquez, il paraît que nos élus ont commencé à penser à moi, puisqu’un projet d’enseignement musical structuré a vu le jour, et qu’une salle de spectacle super tip-top est à l’étude. Mais quand même, je suis inquiète. C’est à dire que si mon bout de chou prend sa mob’ pour aller voir un concert ou pour s’exercer au maniement délicat de la cabrette, ça va être l’angoisse, avec tous les virages de nos jolies routes champêtres, certes, mais tellement tortueuses, étroites et noires. Peut-être qu’il faudrait que je pense à acheter des pistes cyclables et des routes sécurisées avec, si c’est pas trop cher, deux ou trois lignes droites. De toutes façons, je ne pourrai pas l’emmener, tout simplement parce qu’il faudra que je lange le deuxième et que je me repose un peu parce que le troisième commence à me donner de sacrés coups de pieds dans l’estomac.

Bon, avec tout ça, je pense que je serai assez bien équipée pour assurer un avenir à mon poussin. Il ne manquera alors plus que quelques bricoles, du genre tissu économique diversifié et dynamique, histoire qu’il trouve du boulot quand il aura fini de faire le zouave à la fac. Je ne suis pas sûre de convaincre la chair de ma chair qu’il n’existe que deux beaux métiers : paysan ou infirmière. Imaginez qu’il veuille faire son original, et décide, je sais pas moi, de devenir journaliste ?

D. B., consultante en redressement démographique

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Image extraite de l'article "L'Écho de la Loire"