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Publié le samedi 28 avril 2001 dans la rubrique :

Mon press-book

Lettre du troisième type

Le Cantal est une région que l’armée de l’Air affectionne pour réaliser des exercices sans gêner grand-monde. Une manœuvre nocturne s’est déroulée alors que le film "Rencontre du troisième type" passait à la télévision. Cette concomitance m’a inspiré cette petite lettre, qui a ravi ses destinataires au point qu’un général, dont hélas je ne connais pas le nom, a téléphoné à mon chef pour lui faire part de sa satisfaction. Qui a dit que les militaires n’avaient pas d’humour ?

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Morchella esculenta (Morille comestible) : un enjeu stratégique ! (photo DR)

Messieurs les militaires,

Voilà. Vous m’avez réveillée tôt l’autre matin, avec vos énormes avions, vos hélicoptères menaçants et vos Jeeps pétaradantes. Puis, toute la journée, vous avez arpenté ma vallée, dans tous les sens, avec vos machines, et même à pied. Vous aviez l’air de chercher quelque chose, vos avions menaçaient de tomber tellement ils volaient bas, si lents. Je voyais l’heure au bracelet-montre des pilotes de vos hélicoptères. Qui, eux, paraissaient extrêmement concentrés. Faut dire, vous êtes sérieux, quand vous travaillez.

Puis vint le soir. Vous m’avez flanqué la peur de ma vie, quand vos phares ont illuminé mon cantou [1] alors que je regardais "Rencontre du troisième type". Faut pas faire des trucs comme ça, vous vous rendez pas compte, un cantou qui s’éclaire tout seul, ça fait un choc. Bon, ça a duré une partie de la nuit. Je m’attendais à entendre "ré, mi, do, do, sol" à tout moment. Et vous avez remis ça, le lendemain matin. Toujours l’air de chercher quelque chose. Ça doit être important, pour que vous insistiez comme ça. Si près du sol.

Vous avez raconté à un journaliste de l’Union (voir l’article en page 4 de cette édition, ndlr) que vous faisiez un exercice, un machin colossal. Il vous a cru.

Mais pas moi. Faut pas me prendre pour une oie, messieurs les militaires. Des gars qui cherchent, du matin au soir, dans ma vallée, pile en pleine saison des morilles, c’est un peu gros, non ? D’ailleurs, j’ai vérifié. Je suis allée dans mon coin à morilles, je vous dirai pas où c’est, des fois qu’un lecteur indélicat voudrait me piquer mes champignons. Et là, pour des as du camouflage, vous avez fait fort : des traces de bottes partout, les feuilles grattées, retournées, un vrai désastre. Une horde de sangliers aurait été plus discrète. Et plus une seule morille. Rien. Et vous êtes partis, comme ça, d’un coup. Il faut que je pense quoi, moi ? Et ma poularde, je la fais avec quoi ?

Alors, à la saison des cèpes, si vous avez des projets, prévenez-moi. On les mangera ensemble.

Une habitante qui a tout compris

Notes

[1] Un cantou, pour les visiteurs de ce site, est une énorme cheminée, qu’on trouve dans toutes les maisons typiques du Cantal. Jadis, les gens s’asseyaient à l’intérieur du cantou, sur des chaises sous l’assise desquelles un coffre était aménagé pour y faire sécher le sel. Deux chaises encadraient le foyer : c’est dire les dimensions monumentales de l’âtre.

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