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29 commentaires

Publié le samedi 28 mars 2009 dans la rubrique :

Les chroniques de Marie-Honorine

Les liaisons dangereuses

J’en ai les oreilles qui saignent, à la longue. Je n’en peux plus : ces meutes de zandicapés du langage qui me courent sur les zaricots en disant sans arrêt qu’ils ont dépensé cent heuros, ou qu’ils ont gagné trois cents heuros. Ça ne fait pourtant pas deux cents hans que nous avons changé de monnaie, mais j’ai pourtant l’impression que cela dure depuis des siècles : mille fois par jour, j’entends parler d’heuros.

Je voulais faire un billet là-dessus depuis longtemps, et à force de traîner, voilà, je me suis fait piquer l’idée. Jean-Joseph Julaud a été plus rapide que moi. Il a publié en janvier un bouquin destiné à alerter les foules sur la menace d’une maladie sournoise qui avait atteint à peu près toute la population : l’europathie. Voici un très bref extrait du texte de présentation de son ouvrage :

En 2006, l’épidémie d’europathie s’étant transformée en pandémie, la population française, dans une sorte de sursaut national proche de la pratique suicidaire des lémuriens, décida tacitement d’imposer le syndrome du hi-han au pays tout entier ! Désormais serait considéré comme suspect celui qui respectait la règle de l’accord ! Désormais la norme, c’était la faute ! « Hi-han », « hi-han », « hi-han »… entendit-on partout où circulait la monnaie européenne : « troieuros » « sieuros » « huieuros » « dieuros » « vin-euros » « cen-euros », « hi-han », « hi-han »…

Hélas, j’ai bien peur qu’il ne soit trop tard, sauf à revoir, en profondeur (et pour de multiples autres raisons) les méthodes d’apprentissage de la langue française à l’école primaire. Il y en a pour des générations, j’en ai bien peur. Et je pense que le seul remède consiste à changer de nouveau de monnaie, même si cela ne servirait qu’à masquer un symptôme.

Mais dans l’urgence, tout est bon. Alors faire un bouquin pour hurler à la face du monde (qui s’en fout) que les fautes de liaisons, quand on a dépassé l’âge de douze ans, ce n’est vraiment pas possible : pourquoi pas ?

JPEG - 36.8 ko
Jean-Joseph Julaud (photo © Photo Olivier Corsan – Le Parisien)

Je suis effarée d’entendre le tout petit bonhomme, celui qui se trouve à la tête du premier des pays francophones, à la tribune, devant un peuple qu’il représente et à qui il doit la toute première des marques de respect, à savoir s’exprimer correctement, dire sans trembler deux conneries en une seule phrase : « L’État ne peut pas décider d’augmenter les salaires [des Réunionnais] de deux cents heuros. » D’abord, l’État DOIT veiller à ce que chacun de ses ressortissants puisse vivre décemment ; ensuite, il n’y a pas de « h » à « heuros ». Et si l’exemple, justement, vient de si haut, sachant qu’il doit un avoir un seul instituteur sur deux millions qui ne commette pas la même erreur, je devine que je vais continuer à me sentir seule pendant très longtemps... Seule avec Jean-Joseph. C’est dommage, parce que ce monsieur, je ne le connais pas personnellement, et me retrouver seule avec un parfait inconnu, ça m’ennuie un brin, tout de même.

J’ai pensé, brièvement, et il y a fort longtemps, que pour soigner le mal, il suffisait d’en connaître l’origine. J’ai cru que mes compatriotes ne savaient pas accorder les chiffres. Alors j’ai testé autour de moi :

— Deux siècles, ça dure combien de temps ?
— Bah deux cents zans, banane !
— Bien ! Et t’avais quel âge deux zans après ta majorité ?
— Oh, patate, j’avais vingt tans, tu l’fais exprès ou quoi ?

...

Oui, j’étais perplexe. Alors je demandais :

— Alors pourquoi tu m’as dit ce matin que t’avais acheté un bouquin qui t’avait coûté vingt heuros, et qu’en gagnant huit cents heuros par mois quand même t’avais trouvé ça cher ?
— Parce que toi tu trouves pas que c’est cher ?

Quelques années plus tard, j’ai pensé que le vrai problème, c’était la monnaie elle-même. Le traumatisme du changement, le calcul mental à longueur de journée, tout ça. Le refus de s’approprier cette monnaie qui nous avait été imposée. Pour les vieux de mon âge, cela aurait pu tenir. Mais les plus jeunes ? Ils ne savent même plus qu’au siècle dernier existait le franc, ce bon vieux franc que l’on manipulait en nouveaux et en anciens comme pour de rire. Alors ? Mimétisme ? Répétition réflexe des bêtises ânonnées par les anciens ? Probable.

Mais quoi qu’il en soit, aujourd’hui, le mal est là, partout, horrible et insupportable : à la télévision, dans les discours officiels, dans la rue, au boulot, chez les intellectuels comme chez les employés, à la maison, au bistrot, sur Arte ou dans le bus, à la cantine, partout, partout.

Alors, amis jardineux, je vous en conjure : tentez de faire le bien autour de vous, délivrez-vous du mal, essayez, essayez de ne plus commettre cette faute aussi absurde qu’inexplicable : ne faites plus de liaisons malheureuses. C’est facile et c’est tellement moins laid... même si ça ne coûte pas moins cher.


Découvrez Nana Mouskouri !
Post-scriptum

Le titre de ce magnifique billet a été piqué sans zonte aucune à l’auteur d’un ouvrage publié par le CFPJ (Centre de formation et de perfectionnement des journalistes) qui est donc la troisième personne en France à se sentir seule avec Jean-Joseph et moi. Un petit bouquin probablement très pratique et dont la distribution devrait être aussi large que celle des masques anti-grippe aviaire : ce serait beaucoup plus utile.
http://astore.amazon.fr/categorynet...

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Vos réactions

 
Les liaisons dangereuses
28 mars 2009 17:53, par Ardalia

Oh Nana, c’est pour me faire plaisir ? Non ? C’est pas grave, ça a marché quand même. :p

Achat déjà programmé. J’adore rencontrer plus psychorigide que moi, ça rassure... Bon, j’avoue serrer les mâchoires quand j’entends, surtout les professionnels, parler des zandicapés. Grou. Mais les zeuros, bon, c’est si banal. Tu ne tiques pas sur « main’nant », « tren-neuf » ou « diss-neuf » ? Pour ce dernier je doute de mon oreille faillible mais il me semble que l’on dit diz-neuf, plutôt. Mais tren-neuf, c’est comme vin-neuf, ça me rend dingue. :)) Tout fout le camp ma pauvre, nous sommes foutus.

Les liaisons dangereuses
28 mars 2009 19:31, par azamael

Mon papa kétait instit apprenait aux petits paysans que nous étions les règles des liaisons (entre autres). Mais depuis que les instits ont été remplacés par des professeurs des écoles et les écoles normales par des IUFM, je crains que certains principes essentiels et d’autres qui le sont moins aient été balancés par-dessus les moulins.

P.S. C’était ma contribution hebdomadaire au bulletin de l’association « CMA » (C’était Mieux Avant)

P.P.S. Evidemment il y a beaucoup d’autres raisons à cette multiplication des liaisons mal-t’à-propos. Mais l’occasion était trop belle d’enfourcher l’un de mes dadas de prédilection.

Les liaisons dangereuses
28 mars 2009 22:53, par DB du Jardin

Ardalia —> C’est toujours un plaisir de te faire plaisir. En ce qui concerne la « banalité » de la faute, c’est justement ce qui me la rend horripilante. C’est banal désormais d’arriver à bac+4 avec une culture générale inexistante, c’est banal d’écrire comme si on causait avec ses potes, c’est banal de ne pas faire les choses correctement, c’est banal de laisser faire et il n’est plus un seul domaine, aujourd’hui, où l’on n’assiste pas à l’avènement de l’approximation systématique et, partant, du n’importe quoi.

Prise comme ça, isolément, une faute de liaison, c’est effectivement pas grand chose. Mais il s’agit d’une faute totalement absurde révélatrice d’un problème bien plus grave et difficile à résoudre. Je m’explique : les gens savent dire, sans se tromper, « vingt ans », « deux cents ans ». Parce qu’ils l’ont appris dès leur plus jeune âge. Il ne viendrait à l’idée de personne, quel que soit son niveau de scolarisation, de dire « mille z-ans ». La règle de l’accord des numéraux est parfaitement assimilée. Et voilà qu’avec un terme nouveau, « euro », tout s’écroule. Le processus est bien décrit par notre ami Jean-Joseph. Et le phénomène s’aggrave. Pourquoi ? Parce que la faute est enseignée aux mômes. Et c’est là que je veux en venir : c’est l’enseignement des bases, lire-écrire-compter, qui révèle de graves carences dont tu as vu, probablement, toi-même le résultat : des gens qui arrivent à bac+5 avec quatre mots de vocabulaire et, du coup, de grandes difficultés à exprimer leur pensée, voire à l’organiser.

Du coup, j’ai même plus besoin de répondre directement à Azamaël, parce que j’ai dans l’idée qu’il va être à peu près d’accord.

Pour ce qui est de la prononciation de 22, 29 ou 32, par contre, ça ne m’a pas frappée... du tout. Peut-être ici à Toulouse, éventuellement, ce qui est à mettre sur le compte de l’accent. Mais là, on n’est plus du tout dans le même registre.


Bon. Et sinon, elle vous a pas plu, mon horrible petite chanson ? Combien ont été capables de l’écouter jusqu’à la fin ? Hein ? Combien ? :-))

Les liaisons dangereuses
29 mars 2009 00:03, par Ardalia

Certes, mais je disais « c’est banal », comme « ça ne me choque plus », pas comme « c’est pas grave ». je suis d’accord sur le fait que la langue se délite, mais la linguistique m’a un peu ouvert les yeux là-dessus, se crisper ne sert à rien : la langue est un animal vivant et toujours sauvage, malgré tout. Les liaisons font partie du symptôme, comme le mot « email » prononcé « imèl », que les gens comme mon père prononcent « émaille », comme nous devrions tous le faire. L’académie écrit « mèl », qui s’y plie ? Je crois que ce genre de symptômes est une fatalité, même si les fautes sur la Dépêche et ailleurs m’agacent, nous sommes une espèce dépassée par la consommation, l’internet, etc. En un siècle, cependant, le QI moyen a pris des points malgré la chute de niveau en orthographe : les savoirs changent avec les urgences, les priorités, les valeurs, etc. On imagine un monde où la plèbe se hisse vers l’élite mais c’est illusoire car la vie a changé entre la volonté et l’application, du coup celle-ci est bancale et tout se transforme dans une direction nouvelle. Pire ? Je ne saurais le dire ; différente et nouvelle, oui. Regarde ou plutôt écoute (Non ! N’écoute pas !) le français dont se sert notre bon président, les aberrations des journalistes télé, que peut un instituteur derrière cela ? Trotter au mieux. Bon j’arrête, je vais flooder sinon... gniark !

À propos de la chanson sache que, primo, je l’ai écoutée avec ravissement jusqu’au bout (en l’accompagnant), et que deuxio, je te chante tout l’album quand tu veux : les rubans rouges, Chimbolom, le lapin de Jennifer, Il faut de tout pour faire un monde, Petit garçon, le loup la biche et le chevalier et... et... bon, je ne sais plus mais cherche moi pas, hein ! C’est tout mon enfance, espèce d’antanaclase ! Crénom d’un p’tit bidule... Bouh.

Les liaisons dangereuses
29 mars 2009 00:05, par Ardalia

Oups, j’ai floodé...  ;)

Les liaisons dangereuses
29 mars 2009 00:16, par DB du Jardin

Ardalia : respire, tout va bien, c’est toute ton enfance, mais ce n’est pas de ta faute. Arrête de te faire du mal en écoutant jusqu’au bout. Ne te flagelle pas, ne te couvre pas la tête de cendres, le passé c’est le passé...

...

Non sans blague, t’as écouté jusqu’au bout ?

Outch ! :(

Sinon, pour le reste, tu as également raison : la langue évolue. Mais quand même. Moi vivante les heuros ne passeront pas ! Rhaaa...


T’as floodé ? no problem, ça me fait du buzz... :-))

Les liaisons dangereuses
29 mars 2009 15:54, par Azamael

@Ardalia

Les Canadiens qui sont, dans certains domaines, beaucoup plus futés que nous, ont adopté « courriel ». Je sais bien que le raz de marée (pitié, pas le tsunami !) « mail » nous submerge, mais s’il n’en reste qu’un à courriéliser, je serai celui-là. Et puisque nous sommes dans le registre « pourquoi y vient nous polluer la comprenette, le vieux schnock ? », j’aimerais que quelqu’un(e) de l’honorable assistance se dévoue afin de ma traduire « flooder » et« buzz » (encore que le contexte m’éclaire quelque peu sur le sens de ce dernier vocable)

Les liaisons dangereuses
29 mars 2009 16:00, par DB du Jardin

Azamaël —> « Flooder », « buzz »... t’inquiète, c’est des trucs de geek ! :-))

Les liaisons dangereuses
29 mars 2009 23:05, par DB du Jardin

Voilà. Maintenant que j’ai un peu plus de temps, je vais traduire ces deux phrases obscures :

[Ardalia] Oups, j’ai floodé !
[Moi] Pas grave, ça me fait du buzz

En langage intelligible, ça donne :
— Fichtre, j’ai bien peur d’avoir inconséquemment outrepassé l’espace que l’étiquette et la bienséance, voire la plus élémentaire élégance, m’imposaient de respecter afin de ne pas placer d’autres éventuels interlocuteurs dans une situation embarrassante, les conduisant à croire —alors que cela est totalement faux, Dieu m’en est témoin— qu’ils ne pouvaient intervenir dans cette conversation à laquelle ils sont, bien entendu, conviés à prendre part afin d’exprimer leur propre point de vue, voire d’exposer leurs arguments, afin d’enrichir ce débat et d’apporter à tous la richesse de leur propre ressenti ; car enfin, qui suis-je, moi, minuscule et insignifiante Ardalia, pour monopoliser ainsi la parole ?
— N’ayez crainte, très chère. D’une part, vous n’êtes ni minuscule ni insignifiante, soyez-en sûre ; et d’ailleurs, c’est toujours un honneur pour ma modeste personne de recevoir dans mon misérable Jardin la visite d’un esprit aussi subtil et raffiné. Je mesure le privilège qui m’est donné de voir votre pensée profonde et éclairée s’exprimer en ce sombre cloaque englué dans l’ignorance. Puisque vous voici rassurée, je peux vous l’avouer : les augustes interventions de votre illustre personne me comblent de joie, certes, mais elles contribuent en outre au rayonnement de ce médiocre site, auquel la qualité de vos propos confère un éclat lequel, s’il est usurpé, attire néanmoins —devrais-je écrire « piège » ?— des internautes égarés en quête de textes de qualité. Ainsi, votre enthousiasme (qui me flatte, le répéterai-je jamais assez ?) et votre faconde sont à l’origine des performances exceptionnelles, en termes de fréquentation, que ces pitoyables pages ne doivent qu’à vous, et à vous seule.

Bon. Alors, ça va mieux, comme ça, Azamaël ? Parce que faire plus simple, je suis pas sûre d’y arriver... :-/

PS : Brendu, si tu passes dans le coin, tu peux pas me donner un coup de main ? En fait, j’ai un peu de mal avec les termes techniques...

Les liaisons dangereuses
30 mars 2009 11:14, par Frédéric

Le top 3 des erreurs qui m’horripilent :

1- les zandicapés ou un nandicapé (au-lieu de les hhhandicapés ou un hhhandicapé)

2- les hhhyènes ou la hhhyène (au-lieu de les zyènes ou l’hyène)

3- les bonommes (au-lieu de les bonzommes)

Et une petite contribution culturelle au sujet des liaisons, les paroles de « la chanson du capitaine » telle qu’interprétée par Yves Montand :

http://pagesperso-orange.fr/cerise/...

Les liaisons dangereuses
30 mars 2009 15:42, par brendufat

hihi...j’aime ce genre de sujet !

Comment ajouter ne serait-ce qu’un iota d’information à tes deux lumineuses définitions ? ? Peut-être que deux infimes exemples parachèveront l’instruction d’Azamael ? Voici :

1 - En 1910 la Seine a floodé tout le centre de Paris, jusqu’à Saint-Lazare. Les caves et les souterrains du métro ont alors montré qu’ils étaient autant de failles de sécurité propices à une attaque virale contre le kernel du système.

2 - « Bad buzz, bad buzz, il en restera toujours quelque chose ! » (Louis XI)

Pour la hyène (forcément dactylographe), Robert est plus circonspect qui autorise à aspirer ou amuir l’h et cite « Le cri de la hyène » autant que « Des cris d’hyène » d’un certain Balzac, polygraphe de second rang.

Quant au zandicap... l’emploi sempiternel de ce terme touche à l’ironie tragique. « Handicap » = « hand in cap » = « main dans le chapeau », le mot vient des champs de courses où l’on impose une surcharge à certains chevaux pour égaliser les chances. On handicape donc les sujets les plus vigoureux... Sympa, le handicapé dis donc, très sport, ne veut pas écraser trop facilement ses petits camarades. Grr.

« Handicap » pour ne pas dire « infirmité », sans doute jugé trop clair et trop cru, s’est répandu à partir des années 50. On peut se demander qui est le plus faible de celui ou celle qui, tous les jours, « fait avec » son infirmité ou de celui qui, à l’occasion, n’ose même pas la nommer. Bref. Pensée magique et novlangue ont encore de beaux jours devant elles.

Les liaisons dangereuses
30 mars 2009 16:51, par Azamael

@Brendufat, Dominique et consort

J’ai pas tout compris, là. J’crois que le niveau de ce blog est trop élevé pour moi. M’en vais retourner sur Agoravox, là je ne risque pas d’être largué. Y font qu’à s’engueuler.

Les liaisons dangereuses
30 mars 2009 21:59, par Ardalia

@Dominique, moi aussi je t’aime.

Mais j’ai pas trouvé le bouquin à Om.Bl., crotte !

@Brendufat, c’est-à-dire qu’infirme des yeux ou des oreilles, c’est bizarre, tandis que handicap sensoriel ou moteur, c’est élégant, surtout avec un tailleur de soie grège. Ahem.

@Azamael, faut pas écouter les stéphanois, ils font rien qu’à frimer. On dit que l’on « floode » lorsque l’on commente beaucoup sur un blog ou un forum ; l’idée de départ étant d’envahir ou inonder l’espace des commentaires, de façon assez sotte. Je l’ai utilisé dans le sens de m’étendre un peu, de faire un long, peut-être trop long commentaire. C’était, Dominique l’a bien compris, une façon de m’excuser « humoristique ». Le buzz, je crois me souvenir que c’est le bruit d’un essaim d’abeilles en anglais. En français correct, on pourrait parler de battage plutôt que de bourdonnement, mais personne ne comprendrait. :) C’est une publicité qui se transmet de « bouche à oreille » sur le net. faire du buzz, faire du bruit, de la pub, faire du battage internautique pour rameuter les damnés de la Toile.

Oups, j’ai poèté. Pardon.

Les liaisons dangereuses
2 avril 2009 11:23, par Frédéric

Question sur le son « yeu ». Pourquoi fait-on la liaison avec certains mots et pas d’autres ?

des z’yourtes, un n’ion, des z’hyènes, des z’iules, l’yeuse, les z’yeux

Mais : des hyaourts, un hiota, un hyoyo, un hyouyou, un hyack, un hYougoslave

A moins que je ne fasse des fautes d’usage...

Les liaisons dangereuses
2 avril 2009 18:32, par azamael

@Frederic

Vous trouverez certainement les réponses à vos questions chez Alain Rey ou Capelovici. Mais sont-elles vraiment importantes ? Tant il est vrai que chaque règle en français a ses exceptions qu’il est vain de chercher à justifier. D’ailleurs êtes vous certain de vos liaisons ? Moi, j’aurais dit : des yourtes. Et j’ignore ce qu’est une yeuse. (Flemme d’aller consulter un dico).

@ Ardalia

Grâces vous soient rendues. Enfin quelqu’un qui consente à se mettre à mon niveau. Repos : vous pouvez regagner l’azur où planent les autres contributeurs de ce blog.

@Dominique

J’aime décidément pas le mot « buzz ». Trop facile, trop connoté « journal net légèrement débile » (genre « Le Post »). C’est déjà devenu une scie sur le web. Déjà galvaudé, bientôt cliché.. Ca me rappelle le bandeau « exclusif » que l’on colle devant n’importe quelle interview. Et puis, une fois encore, on se rallie à l’anglais, plus inventif que nous. Ayé : craché ma bile. Autre chose : permettez-moi de continuer à vous voussoyer (tutoyez moi tant que vous voulez). C’est une de mes coquetteries (on a les élégances qu’on peut). Je voussoie l’un de mes meilleurs amis. Et je vous jure que c’est un pur délice de lui dire « vous » en l’injuriant (non, je n’ai pas l’intention de vos injurier. Pas tout de suite...)

Les liaisons dangereuses
4 avril 2009 01:00, par DB du Jardin

Nom d’une perlipopette, Azraël (ouais, j’le fais exprès, c’est pour me venger) : mon petit site perso rien qu’à moi même que je l’ai tout fait avec mes petits doigts de fée n’est PAS un BLOG ! Grrrr...

Rha la la la la ! Pffff... Schvuiou. Sacrebleu. Fch.

Les liaisons dangereuses
4 avril 2009 15:09, par azraël

@ Dominique

Pour vous complaire, j’adopte (momentanément)le pseudo dont vous m’avez affublé (ne serait-ce pas l’épouvantable chat des Schtroumpfs ?). Il va sans dire que je me couvre la tête de cendres, que je me roule à vos pieds en gémissant et que je vous demande de me fouetter de toutes vos forces. Je n’aurai pas assez du reste de ma vie pour expier.

Cela dit (de Pâques), quelle est au juste la différence entre un blog et un site ?

Les liaisons dangereuses
4 avril 2009 22:18, par Umanimo

Azraël (nom de l’ange de la mort dans les traditions bibliques et coraniques, le chat de Gargamel est venu bien après) : tudieu mon cher, poser cette question ? Estes vous devenu fou ? Voulez vous donc être noyé sous un flot d’explications qui risquent de déborder de la page et vous engloutir à tout jamais ?

UMA_qui_s’enfuit_avant_que_ça_arrive

Les liaisons dangereuses
4 avril 2009 22:51, par DB du Jardin

Ah mais non, y’a pas besoin d’un flot d’explications... Je vais me contenter pour le moment d’une seule des nombreuses différences entre un site et un blog : le regard de gardon mort des gens à qui l’on dit : « J’alimente un site perso », regard qui pourtant peut s’animer lorsque les oreilles assorties entendent « J’alimente un blog ». Rien que ça, déjà, rien que pour faire chier les suiveurs qui ne sont pas foutus d’avoir une opinion personnelle, qui ne jurent que par ce qui est « in », « hipe », dans l’coup, je m’enorgueillis d’avoir un site, un vrai, un dur et tatoué, estampillé « pure production de la caboche de DB ».

Après, je pourrais éventuellement évoquer l’indépendance vis-à-vis de fournisseurs de plates-formes qui peuvent décider sans préavis de changer leurs conditions d’utilisation ; je pourrais également aborder la question de la liberté d’adopter une mise en page, même mauvaise, mais qui corresponde à mes goûts et mes besoins, et non aux contraintes dictées par un fournisseur qui décide à ma place de ce que je veux faire. Je pourrais même m’épancher sur le confort et la sécurité d’avoir l’entier contrôle des archives de mon site, dans un format universel qui me garantit la possibilité de les réutiliser à mon gré. Je pourrais, mais Uma se prendrait la tête entre les mains en soupirant : « Non, ça y est, ça r’commence... »

Alors je vais m’en tenir aux gardons morts, qui sont hélas légion, et qui sont tellement représentatifs de tous ces internautes qui confondent forme et fond. Parce que moi, petite minable qui n’ait qu’un « site » (« Ah bon, mais pourquoi tu fais pas un blog, c’est vaaaaach’ment mieux ! »), je trouve très modestement qu’il vaut vraiment autant que bon nombre de blogs fréquentés par les vairons bouillis qui ne les lisent (et encore...) que parce que ce sont des blogs.

Na. Ah mais !

Les liaisons dangereuses
4 avril 2009 23:23, par azamaël

D’abord je reprends mon pseudo. Parce Unanimo,Uminamo, Umanimo, brèfle l’internaute mi-homme, mi-bête, m’a foutu la honte en me plongeant le nez dans mon inculture.

Ensuite, merci, Dominique, de participer à ma culture internautique qui est extrêmement vacillante. Au point que j’en suis encore à me demander comment il peut se faire que l’auteur de cet estimable site a pu, si je ne m’abuse, vouloir être répertorié sur Wikio qui, si je ne me rabuse, est un portail repertoriant des blogs.

Non, pas sur la tête !

Les liaisons dangereuses
4 avril 2009 23:26, par azamaël

Rectificatif : l’auteurE. Où avais-je la tête ?

Les liaisons dangereuses
4 avril 2009 23:47, par DB du Jardin

Alors... On commence effectivement par un bon coup sur la tête déjà couverte de cendres pour ce « E » à la fin d’auteur. Mais le coup n’est pas si sévère, puisque la cendre épaisse l’a amorti. :-)

On poursuit en relisant la courte introduction à la brève sur Wikio : les palmarès et les classements ne me préoccupent pas, mais je m’intéresse aux moyens me permettant de me faire connaître d’un plus grand nombre de lecteurs, pour éviter la mort lente à mon pauvre jardin. Le résultat ne m’a pas convenu, j’ai annulé l’inscription de mon site sans états d’âme et sans aucun regret. Juste vexée de ne pas mériter de figurer ailleurs que dans « Divers ».

Je ne vois pas très bien où est le problème... Wikio est un annuaire web, même si en effet la plupart des sites référencés sont des blogs.

Les liaisons dangereuses
5 avril 2009 23:12, par DB du Jardin

Azamael a écrit :

@Frederic

Vous trouverez certainement les réponses à vos questions chez Alain Rey ou Capelovici. Mais sont-elles vraiment importantes ? Tant il est vrai que chaque règle en français a ses exceptions qu’il est vain de chercher à justifier. D’ailleurs êtes vous certain de vos liaisons ? Moi, j’aurais dit : des yourtes. Et j’ignore ce qu’est une yeuse. (Flemme d’aller consulter un dico).

Cher Azamael : le ton de votre réponse à Frédéric, que j’avais lue un peu trop rapidement, m’avait échappé... Il est pourtant très surprenant. Je suppose que vous avez simplement été maladroit, comme nous le sommes tous. Mais il ne me semble pas inutile de souligner le fait que, si les intervenants sur ce site sont très peu nombreux, ils n’en ont pas moins, pour chacun d’entre eux, une très grande valeur à mes yeux : c’est grâce aux réactions des internautes (dont les vôtres) que cet endroit peut s’améliorer. En outre, les contributeurs se manifestent toujours la plus grande estime mutuelle. Pas un n’avait encore répondu à un autre que ses propos étaient sans intérêt... Peut-être n’aviez-vous pas voulu dire cela. Je préfère néanmoins lever toute ambigüité.

Ici, ce n’est pas un rendez-vous d’intellectuels qui se contemplent le cerveau en se complaisant dans l’autosatisfaction. C’est un endroit que je souhaite agréable, et où je veux que les gens se sentent bien. On peut y échanger parfois des propos très sérieux, mais ce n’est absolument pas la règle. L’élitisme pour l’élitisme, la pédanterie gratuite et l’étalage ostentatoire de nos compétences mutuelles, ce n’est pas le genre de la maison. Je suis persuadée que cela va sans dire, mais je crois que cela ira encore mieux en le disant.

Revenons à nos moutons... L’yeuse, vous la connaissez très probablement, mais vous l’avez peut-être oubliée, parce que ce terme désignant le chêne vert est peu utilisé, sauf en milieu rural... Souvenez-vous de vous lectures de Troyat ou de Clavel, vous allez voir, ça va vous revenir. :-))


Frédéric —> Pour la yourte, je suis pratiquement sûre que tu te trompes... Je ne sais pas avec certitude pourquoi dans certains cas on lie le début du mot avec le mot précédent, mais en lisant les exemples que tu donnes, il apparaît clairement que les mots que l’on prononce avec un hiatus sont d’origine étrangère... Peut-être une piste à creuser.

Les liaisons dangereuses
6 avril 2009 08:32, par Umanimo

Pour en revenir à la yourte, perso, je fais peut-être un barbarisme, mais j’ai toujours eu l’habitude d’entendre et de dire LA YOURTE et non l’yourte. D’ailleurs l’yourte, ça fait un peu yaourt, donc ça me fait franchement bizarre.

UMA

Les liaisons dangereuses
6 avril 2009 19:36, par azamaël

@Dominique

Vous maniez fort bien les circonlocutions pour me faire savoir que je suis un butor. L’ennui, c’est que vous avez raison. Je viens de me relire. Gros con, beauf, précieux ridicule, poseur, il y a un peu de tout ça dans le personnage d’Azamael répondant à Frédéric. Et je vous trouve fort obligeante de me trouver simplement maladroit.

Ce qu’en fait, je voulais dire, c’est que je trouve que les préoccupations de Frédéric concernent des fautes minimes ( si fautes il y a, certains spécialistes en débattent encore) alors que la langue française subit quotidiennement, sur les ondes, à la télé, dans les pubs, chez les hommes politiques et les représentants syndicaux et jusqu’à l’éducation nationale, des assauts bien plus sérieux. C’est un festival de barbarismes, de solécismes, de contresens, de glissements sémantiques ou syntaxiques, d’à-peu-près, de néologismes abstrus, qui aboutissent le plus souvent à des phrases « charabiesques ».Il arrive parfois, vous avez du le remarquer comme moi, que leur auteur(e) - ben oui, Dominique, je me conforme à la nouvelle doxa, même si je ne l’approuve pas- dise le contraire de ce qu’il a voulu exprimer (Vous n’êtes pas sans l’ignorer...)

Ce que je trouve comique dans tout cela, c’est que, dans mon apostrophe à Frédéric, je me situe exactement dans les travers que je dénonce.

Pour en finir, tout en présentant mes excuses à Frédéric, je vous trouve, Dominique, un côté mère poule qui vous sied à ravir...

Les liaisons dangereuses
7 avril 2009 11:18, par Frédéric

Ce n’est pas la peine de vous excuser. J’ai tout à fait conscience de la légèreté de la question. En tout cas, je n’y attache que très peu d’importance. C’est juste que, sur le moment, je me la suis posée (à cause de l’hyène) et je me suis dit que, comme il y a des « littéraires » sur le forum, quelqu’un aurait une réponse, ou simplement rebondirait là-dessus.

Pour l’yourte, le yaourt et de manière générale l’hiatus en « i », liaisons et élisions varient suivant les personnes. Y a-t-il une autorité qui fixe les usages ? Faut-il demander son avis à Jean-Joseph Julaud ?

Les liaisons dangereuses
17 mai 2009 14:26, par Julien

Mais depuis que les instits ont été remplacés par des professeurs des écoles et les écoles normales par des IUFM, je crains que certains principes essentiels et d’autres qui le sont moins aient été balancés par-dessus les moulins.

Raccourci un peu rapide non ? Sinon je veux bien une explication... Mais de toutes façons, les IUFM ne semblent plus être au goût du Petit Nicolas et de son camarade responsable de l’éducation...

Les liaisons dangereuses
6 juin 2009 01:54, par LUCIE

Ah, internet ! On y trouve de tout... C’est la première fois que je lis des commentaires sans faute, écrits par des gens psycho-rigides sur l’orthographe et drôles.

Ne vous vexez pas sur « psycho-rigide » : c’est simplement le qualificatif dont mon fils me gratifie, pour me remercier après de l’avoir « gavé » (je cite) avec « mon » orthographe, car maintenant, au lycée, la différence se remarque : et oui, je vois briller dans vos yeux une lueur d’espoir. Quoi, les fautes ne seraient pas admises aussi facilement que tout le monde le pense ? Peut-être, l’avenir le dira. Une certitude, il faudra bien s’habituer à quelques zzhorreurs, mais si l’essentiel est sauvegardé...

Quant aux zeuros, j’entends bien pire que vous : cent zzeuros par exemple est un grand classique. Et oui, la maladie est à un stade plus avancé qu’il n’y paraît selon nos interlocuteurs...

Les liaisons dangereuses
9 juin 2009 19:19, par Umanimo

J’ai entendu ça pas plus tard que cet après midi ! « Quarante cinq zeuros ». J’ai même eu du mal à comprendre ce qu’on me disait. Et c’était pas un jeune, mais une personne de plus de 70 ans.

UMA

 

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