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Publié le mercredi 22 novembre 2000 dans la rubrique :

Mon press-book

Filière bois

Les arbres prennent le train

Après-tempête : le bois sur les rails

Dans une région rurale comme le Cantal, la tempête de décembre 1999 a provoqué une grave crise dans les milieux forestiers. Pour une fois, le département a tiré avantage de son isolement géographique, et une gare désaffectée a repris du service pour l’acheminement du bois.

Presque un an après la tempête de décembre 1999, la filière bois réussit à exploiter les chablis et à organiser le transport des grumes, en bénéficiant de la mobilisation du plus important transporteur de France : la SNCF.

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Renaissance
À l’abandon il y a un an, la gare de Neussargues se situe aujourd’hui en tête des gares "chablis" de la région SNCF Nivernais-Auvergne (photo SNCF).

Quelques jours après la tempête, la SNCF annonçait un plan de bataille pour contribuer à l’évacuation des chablis : mobilisation des moyens disponibles en matière de gares "bois", de surfaces de stockage, de wagons et moyens de traction, et établissement d’une tarification spécifique, avec le soutien financier des pouvoirs publics. Au mois de mars, elle se déclarait prête à transporter, au cours des années 2000 et 2001, 5 millions de tonnes de bois, soit le double du fret 1999. Fin septembre, les chiffres montrent que le pari a ?t ? gagné, puisque le volume de bois transporté par la SNCF a augmenté de 99 % par rapport à la même période de l’année précédente (février-août), avec 2,1 millions de tonnes.

L’effet solidaire

Si l’on peut concevoir que la SNCF tire profit de cette brutale augmentation de son activité fret, les propriétaires des chablis, sans en tirer ce qu’ils pouvaient espérer des bois sur pied, parviennent à commercialiser leur bois sans trop de peine, grâce à une directive de l’Office national des forêts demandant le gel de toutes les coupes : les zones les moins touchées doivent s’approvisionner dans les zones sinistrées. Par ailleurs, les scieries voient leur activité décupler : non seulement la matière première est surabondante, mais les aides au transport décidées par l’État encouragent les scieurs à faire venir des bois d’autres régions sinistrées. Décidément, le bois n’a jamais autant voyagé.

Cette "solidarité" entre zones indemnes et sinistrées profite particulièrement au Cantal : sa proximité avec les régions Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées (non sinistrées) lui permet d’évacuer de grandes quantités de bois.

Du fait, les résultats enregistrés sur le département sont supérieurs à ceux constatés aux niveaux régional et national.

Une bonne opération

Sur les 140 millions de mètres cube de bois mis à terre en France, les cinq départements de la région SNCF Auvergne-Nivernais (Allier, Cantal, Haute-Loire, Nièvre et Puy-de-Dôme) représentent environ 6,8 millions de mètres cube (4,8 %). À Clermont-Ferrand, un parc spécifique a été mis en place, avec l’apport supplémentaire de deux rames pour assurer l’alimentation du marché belge, et l’augmentation du nombre de wagons à 183 unités.

Le nombre de gares "bois" a été porté de 13 avant la tempête à 27 aujourd’hui, situées à proximité des zones sinistrées. Parmi elles, une gare qui n’enregistrait plus aucune activité et qui a, pour l’occasion, profité d’une belle cure de jouvence : celle de Neussargues. En septembre, elle avait déjà vu transiter plus de 16 600 tonnes de bois, ce qui la place en tête des gares "chablis" de la région SNCF. Une "renaissance" qui dote le Cantal d’une infrastructure tout à fait opérationnelle, avec une cour et des voies flambant neuves. Coût de l’opération : plus d’un million de francs, pris en charge majoritairement par la SNCF, avec un soutien de la part des collectivités territoriales.

Pour financer les investissements colossaux consentis par la SNCF, afin de faire face à ce marché qui devrait mettre encore deux années avant de se tarir, le service fret a élaboré un tarif sp ?cifique "chablis", proposant une baisse de 35 % par rapport au tarif commercial habituel. L’augmentation massive du trafic permet à l’entreprise de dégager des marges sur ces transports ; quant au client, il bénéficie en outre d’une aide de l’État s’élevant à 50 F par tonne. Ainsi, les négociants en bois voient-ils le poste "transport" rester à des niveaux tout à fait acceptables, voire avantageux... La tempête réussit donc à faire des heureux.

Sans négliger le fait que, à l’heure où la SNCF est souvent accusée de déserter les zones rurales, elle a su montrer qu’il lui était possible de revenir s’installer en montagne, comme à Neussargues, dès que le besoin s’en fait sentir.

Encore des chiffres

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Un trafic démultiplié
Les quatre gares “bois” du Cantal ont vu le total de leur activité multiplié par 3,66 % par rapport à 1999, sur la même période (février à septembre) (Photo SNCF).

De février à septembre 2000, le trafic des cinq départements de la région SNCF a totalisé 159 350 tonnes, soit l’équivalent de 6 500 camions). Sur ce volume, les bois en grumes ont représenté 75 600 tonnes, contre 21 600 tonnes l’an passé : le tonnage a été multiplié par 3,5. Les gares “chablis” de la région Auvergne ont permis de charger 109 200 tonnes, contre 65 400 tonnes en 1999, tous bois confondus (+67 %). Au niveau national, les investissements réalisés par la SNCF et les pouvoirs publics pour assurer le transport ferroviaire du bois s’élèvent à 110 millions de francs.

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Image extraite de l'article "La fleur d'Arthur"