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Publié le samedi 1er septembre 2001 dans la rubrique :

Mon press-book

Festival de théâtre de rue d’Aurillac

Le rêve s’en est allé

Festival Éclat : quatre jours de bonheur

Été 2001 : cela fait presque un an que je suis dans le Cantal, et enfin j’ai pu faire le plein de spectacles, de culture, retrouvant le plaisir d’assister à une représentation tout en imaginant l’article que j’écrirai ensuite. Oubliant les longs mois de sevrage culturel, je goûte sans retenue mes retrouvailles éphémères avec les artistes.

Ils sont tous partis. Les jongleurs, les musiciens, les conteurs, les acrobates, les chiens, les marchands, les curieux, les CRS, les blasés, les imposteurs, les magiciens, les ramasseurs de poubelles. Plus personne. Mais les rues devenues soudainement désertes ont encore le cœur et les oreilles emplis de cette cacophonie délirante qui transforme Aurillac, chaque année, en galaxie du rêve.

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Les rues d’Aurillac accueillent avec le même plaisir le clown modeste et la troupe équipée des machines les plus extravagantes, pourvu que le spectacle soit là (photo Dominique Bardel).

Pendant quatre jours, du 22 au 25 août, une vraie folie. De la musique, des cris, des chants... Là, un vampire sur échasses, pas très avenant mais pas vraiment méchant, escorté de son bouffon au volant d’une machine infernale et à pédales. Plus loin, un as du diabolo, coiffé d’un chapeau haut de forme, gracieux comme un danseur et drôle comme un pantin. Au coin de la place, un clown qui fait son boniment avec trois bouts de ficelle, quelques souris et un lapin. Au milieu de la rue, une chenille fantastique chevauchée par un saxophoniste et escortée par deux danseurs échassiers.

Profusion de bruits, de voix et de couleurs, extases et perplexité, odeurs de bière et d’encens, foule survoltée et public recueilli.

Personne n’en a fait le tour, pas un n’a tout vu, chacun a raté quelque chose, et toute la ville s’est enflammée, quittant pour quelques jours son habit austère (mais si, Aurillac est austère) pour devenir un monde de Cocagne, fou et magique.

Des miracles au coin de chaque rue

Alors on ne racontera pas tout. On ne s’attardera pas sur la cérémonie d’ouverture qui eut tant de mal à entrer dans le rythme. Ni sur les plaintes concernant la présence d’une population marginale (qui nuit en effet à une véritable sérénité, mais que les organisateurs parviennent à maintenir, justement, à la marge), pour ne se souvenir que des miracles qui fleurissent au coin de chaque rue, devant chaque porte. On s’amusera du cri innocent d’un enfant : “Regarde, y’en a qui sont déguisés en policiers !” On suivra avec enthousiasme, la nuit venue, les innombrables danseurs qui suivent en riant deux tambours et un sifflet dans les rues où tout le monde se parle, s’interpelle et se passe, de bouche à oreille, le nom du spectacle qui va bientôt commencer.

Bric à brac

“On” ou “off”, avec ou sans affiches, riches ou bricolés, les spectacles de cette année n’ont pas trahi la réputation d’Aurillac. Dans ce bric à brac merveilleux, chacun a trouvé son rêve et a rencontré l’ennui.

Du côté de la programmation officielle, presque un sans faute. Les Tambours sauteurs venus de Guinée ont remporté un énorme succès populaire, faisant souffler un vent de folie sur le jardin des Carmes. Pour la bonne humeur musicale, chapeau aux Zic Zazou. Pour l’humour siphonné, on retiendra les Alama’s givrés... Malgré son éloignement et le secret qui a précédé la première représentation, l’embouteillage poétique du théâtre du Festin a beaucoup fait parler de lui.

Quand au spectacle le plus bruyant, la palme revient sans conteste à Metalovoice et sa machine aussi sinistre qu’envoûtante. Une musique qui prend aux tripes, une chorégraphie musclée et des lumières apocalyptiques : une superbe réussite visuelle et sonore, mais des textes sidérants de platitude, sur la presse et la société de communication, etc.

Et le plus beau, qui ne coûte rien à personne et qui enrichit tout le monde : les centaines de milliers de sourires, et les gosses avec des yeux grands comme ça.

Aujourd’hui, Aurillac a retrouvé son calme, les toiles de tentes ont disparu des berges de la Jordanne, les affiches sont tombées des murs. Les pelouses torturées se redressent et les cygnes du square ont rejoint, un peu boueuse il est vrai, leur mare trop petite.

Le rêve s’en est allé et tiens, comme c’est curieux, nos chers nuages rappliquent. Mais qu’importe. Dans un an, la ville se réveillera, et en attendant, on se souviendra.

La complainte d’une petite festivalière

La complainte d’une petite festivalière

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Seul le spectacle nocturne de Metalovoice, perché sur son immense machine industrielle, était visible même pour les plus petits des festivaliers... (Photo Dominique Bardel)

Monsieur le directeur du festival,

Je mesure 1,62 m et j’ai beaucoup aimé votre festival. J’y ai vu des dos et des épaules, pour certaines adorablement bronzées, qui me permettaient de ne pas voir les spectacles. Ce que j’ai préféré, c’était les Tambours sauteurs : en me mettant sur la pointe des pieds, une fois, j’ai aperçu un joli chapeau couvert de plumes et de perles multicolores. J’ai bien aimé aussi Les Trottoirs de Jo’Burg : j’avais réussi à m’asseoir juste devant le petit cordon de sable limitant la scène, et, pile poil quand je prenais des crampes, il a fallu se lever et courir derrière les artistes qui ont alors fait des tas de trucs très chouettes de l’autre côté de la foule. Mais ce n’est pas grave, je reviendrai, c’est promis. J’ai un an pour m’entraîner à marcher avec des échasses (oh, des toutes petites), et permettre à mes camarades festivaliers d’admirer, à leur tour, mon dos que j’aurai préalablement fait dorer.

En attendant, monsieur le directeur du festival, je peux juste vous dire que vos épaules à vous sont pas mal non plus, et en tout cas rudement larges et costaudes pour porter tout ça. Alors merci bien et à la prochaine, que je vous salue d’en haut.

Oui au centre de fabrique

Oui au centre de fabrique

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Catherine Tasca et René Souchon sont d’accord : tous deux sont animés par "une volonté très forte" de soutenir les arts de la rue (photo Dominique Bardel).

Catherine Tasca, ministre de la Culture, était vendredi à Aurillac. En compagnie du maire, elle a fait un tour dans les rues bondées, avant de suivre quelques-uns des spectacles officiels du festival de théâtre de rue. Dans sa valise, l’assurance de son soutien au projet de centre de création.

Souriante, madame le ministre s’est promenée dans le dédale des petites rues aurillacoises, discutant en toute complicité avec le maire, René Souchon, et le directeur artistique du festival, Jean-Marie Songy. But de la promenade : la mairie, pour une conférence de presse suivie de la réception de deux délégations étrangères, venant d’Allemagne et d’Afrique du Sud.

Au cœur de la discussion avec les journalistes, bien sûr, le projet de lieu de fabrique, dont René Souchon a promis l’ouverture, lors de son discours officiel de la veille, en 2003. Un projet auquel Catherine Tasca apporte son soutien, sans réserve, mais sans non plus en faire une obligation pour le maintien des aides ministérielles au festival. “Ce lieu de fabrique s’impose d’autant plus que la création fait preuve d’une grande vitalité dans ce festival. Il faut donc lui donner les outils adaptés pour encourager cette création”, a affirmé la ministre, qui considère qu’Aurillac, berceau du premier festival du genre en France, possède “une solide avance”. Mais depuis la naissance d’Éclat, il y a seize ans, seize lieux de fabrique ont éclos partout en France... Un par an, en moyenne. La “solide avance” a pris son temps, mais le maire affirme que “cela vaut la peine de paraître un peu lent pour certains, afin de faire le bon choix.”

Le théâtre sort des cartons

Quoi qu’il en soit, ce projet fantomatique semble, cette fois, sur les rails. “En deux mois, nous avons convaincu tous les maires de la communauté d’agglomération, qui sera maître d’ouvrage. Il ne nous reste plus qu’à choisir entre deux lieux possibles d’implantation, et ce choix sera fait très prochainement” (1), déclare René Souchon.

Quant à un lieu de diffusion, que ce soit pour le théâtre de rue ou d’autres formes de spectacle vivant, la question trouvera bientôt sa réponse avec la reconstruction du théâtre de la ville, détruit il y a deux ans par un incendie, avec une jauge cependant revue à la baisse par rapport aux plans présentés par l’ancienne municipalité... “Pour des raisons budgétaires”, précise le maire. Mais peut-être en prenant le risque de voir trop petit. A plus long terme, René Souchon annonce également la construction d’une grande salle de spectacle dont la maîtrise d’ouvrage serait confiée à la communauté d’agglomération, “un lieu plus particulièrement destiné à la musique, et à un public de jeunes dont on déplore qu’ils quittent notre département.” Mais, pour l’instant, ce projet n’est qu’un... projet. Tout comme celui d’un centre permanent de formation aux métiers des arts de la rue, une idée qui “intéresse beaucoup” René Souchon.

8,5 millions pour les arts de la rue

Catherine Tasca a profité de son voyage à Aurillac, dont le festival est une vaste plate-forme européenne des arts de la rue, pour annoncer une augmentation de 25 % du budget ministériel consacré à ce secteur. Environ 8,5 millions de francs seront donc ajoutés aux 34,6 millions accordés cette année par la Direction de la musique, de la danse, du théntre et des spectacles. Un effort qui semble conséquent : "25 % d’augmentation, ça se voit", déclare la ministre, face aux artistes qui considèrent cette rallonge insuffisante. Ils l’ont fait savoir en faisant circuler une carte postale-pétition pour "la création d’un ministère de la Culture qui accompagne véritablement les artistes de rue et leurs publics". À l’initiative de la Fédération, association professionnelle des arts de la rue, une manifestation "poétique et politique" a vu les comédiens s’allonger sur la place des Carmes...

À titre de comparaison, le seul festival d’Aurillac (le plus grand d’Europe, certes) voit son budget s’élever à 4 millions de francs, dont une aide ministérielle de 1,6 million.

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