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Publié le mercredi 30 mai 2001 dans la rubrique :

Mon press-book

10e fête de l’estive

La salers, reine de la fête

Allanche : la montée des vaches

Quand on habite dans le Cantal, même si ce n’est pas un choix de vie, il faut au moins une fois assister à la fête de l’estive d’Allanche, pour découvrir celle qui gouverne la vie de chaque Cantalien : la vache salers. Et pour y réussir ce que personne au monde n’avait fait : l’interview exclusive d’un veau. Si, si.

D’abord, c’est le vacarme des cloches. Assourdissant. Puis, aussitôt, elles arrivent, les cornes enrubannées, serrées derrière leur éleveur en costume, le suivant au pas de gymnastique. Alors, la foule applaudit, et elles passent, pressées d’atteindre l’herbe promise. Les vaches salers ont traversé Allanche, samedi dernier, reines d’un jour, portant l’étendard d’une race qui ne cesse de gagner le cœur du public.

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Onze troupeaux ont traversé en triomphe le bourg d’Allanche, applaudis à tout rompre par un public conquis. Les marches de Cannes, à côté, c’est rien du tout (photo Dominique Bardel).

Pile 10 h 30 : l’’enclos de Maillargues laisse débouler le premier troupeau, derrière la traditionnelle cabrette flanquée de son accordéon. Dix autres suivront, tout au long de la journée, avec une ponctualité exemplaire. Deux kilomètres séparent le départ du bourg d’Allanche, et la plupart des équipages parcourront encore dix kilomètres avant de faire halte, enfin, sur les estives du Cézallier, ces vertes croupes herbeuses inondées de soleil qui dominent la ville.

Samedi 26 mai, la dixième édition de la fête de l’estive a rencontré le même succès que les années précédentes. Une foule dense a envahi les rues d’Allanche, sous un soleil si chaud qu’il a provoqué quelques malaises, mais a contribué à cette affluence record.

À la gloire de la vache

Dans tout le bourg, de multiples stands, des groupes de musique, des marchands de ballons... Les vitrines décorées de dessins d’enfants, représentant, bien sûr, des vaches salers, le taureau dont il faut deviner le poids, les senteurs mêlées des produits régionaux, et une foule compacte mais détendue, venue là pour admirer, goûter, flâner et fêter cette vache qui, en dépit des crises qui ne l’ont pourtant pas épargnée, semble régner sans partage dans le cœur du public.

Une vache que les spectateurs ne se sont pas lassés de contempler, tout au long de la journée, au fil des passages de troupeaux dans la grande rue d’Allanche : mères flanquées de leurs veaux, taureaux parés de leurs plus beaux licols, bœufs en attelage, doublonnes fougueuses cherchant sans relâche la brèche par où s’échapper... Et toujours cette énergie qui fait le propre de la race : la belle à la robe d’acajou est une sauvageonne, infatigable, déterminée à gagner cette estive d’où elle ne descendra qu’aux premiers frimas.

Chaque année, ses admirateurs sont là pour l’applaudir et lui rendre hommage. Mais, pour le dixième anniversaire de la fête, les organisateurs, dirigés depuis peu par Philippe Deiber (l’initiateur de la manifestation), ont mis les petits plats dans les grands, en dédiant l’ensemble des animations à leur vache préférée.

Plus près du public

Car si la salers jouit d’une indéfectible image de qualité (il suffit de se souvenir de l’affluence du public autour des salers lors du Salon de l’agriculture, au plus fort de la crise bovine liée à la maladie de l’ESB), la communication et l’information du public sont plus que jamais indispensables pour permettre le développement d’une économie agricole désormais contrainte à la plus grande transparence.

C’est pourquoi le Village salers, jusque-là excentré sur le parc municipal, a été installé cette année sur la place du Cézallier. Là, les stands CDJA et Upra salers ont expliqué aux passants les rigueurs de l’élevage.

Sur la place de la mairie, le marché de pays s’organisait autour du stand Tradition salers et de ses fromages, et le public a pu s’informer à loisir sur les démarches de qualité. Et, signe des temps, les stands "bio" foisonnaient, proposant des produits aussi variés que la tourte à la tomme ou la glace aux fruits rouges.

Une fête "nature", placée sous le signe de l’authenticité, garante de qualité. Une qualité que les consommateurs ont pu vérifier en dégustant le bœuf à la broche : inutile de dire qu’il n’y en a pas eu pour tout le monde !

Sur le vif

Sur le vif

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Sur le stand de l’Upra salers, vaches et veaux ont patiemmentsubi les assauts du public. Mais n’en pensaient pas moins... (Photo DominiqueBardel)

La fête de l’estive, c’est la fête pour les humains. Mais qu’en pensent les stars de la journée ? L’Union a recueilli, en exclusivité, les impressions d’un veau, sur le stand de l’Upra salers.

L’Union agricole et rurale : alors, mon bonhomme,t’es content d’être là ?
Veau Salers :
Bon alors toi, tu m’lâches, j’ai trop chaud, je suis attaché là et je vous vois tous, depuis ce matin, me regarder d’un air bête en meuglant “Oh, qu’il est mignon !” Alors tu vas pas t’y mettre, et si tu veux tout savoir, non, chuis pas content du tout. Au fait, tu permets que je te tutoie ?

UAR : Ben vas-y, mon gars. Mais tu sais qu’aujourd’hui tes semblables sont les rois, que la vache salers règne sans partage sur cette ville ?
VS :
Et alors ? T’as vu mes copains, la tête qu’ils avaient quand ils sont arrivés là, sur la place du Cézailler ? Les faire courir comme ça, en plein soleil, c’est pas bovin ! J’ai entendu une mère encourager son veau en lui disant : “T’en fais pas mon petit, on y est bientôt, on part en colo.” Ben moi j’te dis que si on avait su, ce matin, on aurait tous fait l’étable buissonnière. Dis donc, t’as attrapé un sacré coup de soleil.

UAR : D’accord, il fait rudement chaud. Mais c’est plutôt bien, non ? Comme ça, il y a plein de monde pour t’admirer !
VS :
Mamaaan ! Y’a une dame qui m’embête avec des questions débiles ! Fais gaffe à tes fesses, y’a ma mère qu’arrive.

UAR : Bonjour madame, que pensez-vous de cette belle fête de l’estive ?
Vache Salers Blasée :
Ecoutez, ça fait je sais pas combien de temps que je monte là, chaque année. A chaque fois, c’est le même cirque : des deux-pattes comme vous plein les rues, qui m’empêchent d’avancer et font du bruit, qui me prennent en photo, qui s’émerveillent devant mes cornes dont, parfois, vraiment, j’aimerais leur faire goûter la pointe. Vous êtes bizarres, vous les humains, à vous précipiter pour nous voir partir en estive.

UAR : Vous ne réalisez pas comme vous faites un spectacle magnifique, lorsque vous passez avec vos petits, vos rubans sur la tête, vos cloches qui tintent !
VSB :
Enfin, si ça vous amuse... Parce que nous, franchement, quand on vous voit partir en vacances avec vos gosses et vos valises sur le porte-bagages, serrés sur la route en pleine chaleur, on est tristes pour vous. Mais peut-être qu’on a plus de cœur que vous.

Propos recueillis par D. B.

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