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Publié le jeudi 7 janvier 2010 dans la rubrique :

La Maison du général

La maison du général - 36

Les deux Marseillaises n’ont pas eu le temps de rechercher leurs documents. Prises dans le flot de leurs propres vies, elles ignorent à quel point je brûle d’en savoir davantage sur la vie de Marie Rivière. Elles n’ont pas peur de la fuite du temps, vaquant à leurs occupations quotidiennes sans s’inquiéter du lendemain. Elles ont appris à vivre sans futur.

Je ne peux pas les presser, comme je l’avais fait avec la femme au portrait. Je ne peux pas leur avouer que, pour moi, le futur a pris une dimension terrifiante. Je suis obligée de les attendre, elles qui savent désormais vivre un jour après l’autre, sereinement, sans angoisse, elles qui savent que rien n’est jamais vraiment important, elles qui ont déjà connu la douleur, bien avant moi.

De plus en plus exténuée par les traitements successifs et les séjours à l’hôpital, je n’ai pas savouré la douceur d’un automne particulièrement clément. De la fenêtre de mon bureau, je considère un infime coin du monde : les arbres du parc Lesort qui ont perdu leurs feuilles, le ciel de plus en plus gris, un angle du bâtiment de l’école. Rarement, je vais faire quelques pas dans le verger. Arthur le bananier a gardé sa belle parure de feuilles géantes jusqu’à mi-décembre, puis la neige les a fait sombrer, noires et lourdes. Aujourd’hui, elles protègent du froid les jeunes pousses surgies pendant l’été.

D’ordinaire peu attachée aux fêtes et aux rituels qui leurs sont attachés, j’ai traversé la période de Noël avec indifférence, trop inquiète, trop malade. Philippe et Romain subissent ma maladie en silence, et n’ont pas osé me souhaiter une heureuse année... Eux aussi ont appris à ne pas évoquer un futur chargé de menaces.

L’annonce de ma probable rémission est survenue trop tard pour que nous puissions avoir le cœur à la fête. Le 30 décembre, tout près du dôme protecteur, l’optimisme solide du médecin ne s’est heurté qu’à ma lassitude. Je venais d’apprendre que les résultats des examens étaient excellents, que le mal était vaincu, mais que par mesure de précaution je devrais subir deux cures de traitements supplémentaires. Cette perspective avait suffi à anéantir le soulagement que le praticien espérait m’apporter. J’allais bien, seule la violence des soins était la cause de mon épuisement, mais je n’ai ressenti aucune joie. C’est Philippe qui a évoqué le risque de récidive. Nous ne savons plus espérer. Nous n’osons plus espérer. Mais, pourtant, nous pouvons désormais nous le permettre. Enfin.

Je sais que dans quelques mois je reprendrai des forces, que je cesserai de maigrir, que mes cheveux repousseront, que je pourrai à nouveau traverser Dieupentale pour flâner au bord du canal, où le chemin de halage a été recouvert d’une hideuse couche de bitume. Je sais que je retournerai travailler, et je m’interroge sur mon avenir professionnel. J’ai perdu tant d’années à me morfondre à un poste qui ne m’apportait qu’ennui et frustration : aurai-je le courage et la force d’obtenir une autre affectation ? Me montrerai-je assez opiniâtre pour que l’on m’autorise enfin à retourner à mon métier de journaliste ? Comment supporterai-je que l’on me demande, à nouveau, d’être patiente, d’attendre encore ? Serai-je un jour aussi sage que les vieilles dames ?

Le temps qui passe, cet ennemi implacable qui provoque en moi une telle panique, est pourtant un allié sur lequel je ne sais pas compter. Je lutte contre lui dans une rage absurde, et lui poursuit son travail, destructeur et fertile à la fois. Il ronge mon avenir et construit ma vie, ses grands bouleversements et ses petits bonheurs. Je doute pouvoir un jour faire la paix avec le temps.

À l’abri du temps, dort le souvenir des générations passées. Leur histoire, consignée dans des archives éparses, demeure immobile, jusqu’à l’instant où l’on exhume quelques feuillets, où l’on prend le temps, si bref en réalité, d’écouter leur récit.

Il a fallu presque trois ans pour que je découvre la véritable histoire de la maison de la famille Larroque. Il n’a fallu, en fait, que quelques minutes, le temps nécessaire pour rédiger une simple lettre, timbrer l’enveloppe et l’envoyer à un notaire de Castelsarrasin, dépositaire des archives que je convoitais, celles de l’un de ses prédécesseur qui avait enregistré la vente de la maison par les frères Larroque. Puis il ne fallut que quelques semaines pour que reçoive les copies de ces précieux documents, et que, pour la première fois, toutes mes questions trouvent leur réponse. Enfin, je sais comment est née la maison du général. L’histoire est si simple que l’évocation des hypothèses farfelues que j’avais échafaudée me font sourire. Mes dernières interrogations ont trouvé leur solution dans le grenier du notaire de Verdun, là où j’avais signé le contrat de vente, là où tout avait commencé. Tout près, trois kilomètres de la rue Basse, juste à côté de la Garonne. La boucle est bouclée.

La maison, telle qu’elle existe aujourd’hui, a été construite par le général lui-même. Le chantier n’a jamais été terminé. Voilà tout. Que de chemins tortueux et d’impasses ai-je arpentés pour parvenir à cette évidence ! Que de questions inutiles me suis-je posées !

Comme je l’avais compris en examinant les anciennes tables cadastrales aux archives de Montauban, le père d’Antoine avait acheté sa maison de Dieupentale à Jean Gadet et à son épouse, Jeanne Cazals. La transaction, pour un montant de deux mille cinq cents francs, eut lieu chez Me Simonnot, notaire à Verdun, le 15 janvier 1875. Quelques années plus tard, le 25 mars 1881, Antoine et Anne achetèrent, aux mêmes époux Gadet-Cazals, pour sept cents francs de terrain supplémentaire. Depuis cette date, la propriété ainsi formée ne connut pratiquement aucune transformation. À la mort de Pierre Larroque, son fils Antoine reçut en succession « une maison composée de divers locaux avec hangar et chai, pattus (qui signifie »patio« ) et terre contigus, le tout formant enclos situé dans le village de Dieupentale, quartier de Luché, d’une contenance de vingt-cinq ares quatre vingt dix-neuf centiares environ ». Une partie de cette maison est toujours là, dissimulée sous les travaux de rénovation effectués par Jean Fournié. Le patio se cache derrière les ronces qui ont repris possession de la cour ; nous avons réussi à sauver le hangar en faisant refaire la toiture, mais celle du chai s’est effondrée lors de la tempête de janvier 2009.

J’avais lu sur les documents du cadastre que la maison, à treize ouvertures, comportait une partie à deux étages, et une autre à un seul étage. Mais j’avais mal interprété cette information. La ferme de mes voisins immédiats, pourtant, aurait dû me mettre sur la bonne piste : comme toutes les constructions bâties de mon côté de la rue Basse, elle présente un seul étage, très bas, près de la rue creusée sur le flanc d’une brève mais nette dénivellation. Du côté de la plaine de la Garonne, à l’Est, les bâtisses s’élèvent toutes sur deux étages, et plusieurs d’entre elles disposent même d’une terrasse couverte, formant garage ou fenière, aménagée sous le plancher à leur extrémité orientale. La maison d’Antoine ressemblait à celle de mes voisins, c’était un bâtiment dont la façade principale était orientée au Sud, et dont le flanc Est était à demi-enterré près de la voie qui n’était alors que le « chemin bas ».

Le cadastre m’avait également appris que les fils Larroque avaient acquis chacun au moins une maison entre 1912 et 1914 ; je m’en étais étonnée, et avais supposé, sans me tromper cette fois-ci, que leurs parents avaient procédé au partage de leur patrimoine. En effet, en l’étude de Me Belloc, successeur de Simonnot à Verdun, Antoine Larroque et Anne Cancé procédèrent au partage anticipé de leurs biens entre leurs quatre fils, « présomptifs héritiers ».

Certes, Antoine ne possédait pas la grande demeure de notable dans laquelle je vis aujourd’hui ; mais il était à la tête d’un patrimoine conséquent : outre la maison et son terrain, il avait de nombreuses terres dont certaines lui avaient été apportées en dot par Anne, en même temps que les draps, les couvertures, les rideaux l’armoire de bois dur, les serviettes et le lit garni de couette et coussins. Le jour de son mariage, Antoine avait reçu tout l’héritage d’Anne, qui s’élevait alors à la somme confortable de cinq mille francs. Quand il avait épousé Jeanne Vignolles, son père Pierre Larroque lui avait déjà remis la somme de mille francs, et la dot de sa femme s’élevait à deux cent cinquante francs. Si je peux admettre que le père du général avait écouté son cœur pour se marier une première fois, je ne peux m’empêcher de me conforter dans la certitude que son second mariage n’était pour lui qu’un moyen de s’adjoindre les services d’une femme dans son foyer, et d’assurer sa situation financière. Antoine n’aimait pas Anne, l’orpheline destinée à prendre la place d’une autre femme pour tenir le ménage. Dans son panier de dot, elle avait apporté soixante cinq ares de terre, sur les hauts de Laperrière, tout près de la statue de Saint-Ferréol, ce romain mystérieux que les fidèles venaient jadis saluer en procession pour le remercier de les avoir sauvés de la peste.

Antoine n’aimait pas Anne, mais ils fondèrent néanmoins une famille ; peut-être surent-ils, avec le temps, avec ce temps au pouvoir infini, s’apprécier mutuellement. Le 8 juin 1912, alors qu’ils étaient mariés depuis trente-sept ans, ils donnèrent rendez-vous à leurs quatre enfants chez le notaire pour répartir en quatre parts équivalentes le fruit de leur travail commun.

Jean, alors capitaine, reçut la maison, son chai, son hangar et son terrain, le tout formant enclos. Lucien se vit remettre plus d’un hectare de terres, dont six mille huit cents mètres carrés de terre labourable et mille cinq cents mètres de vigne. Douze mille mètres carrés de terre furent remis à Guillaume, dont sept mille trois cents mètres carrés de terre labourable et trois mille six cents mètres carrés de vigne. Quant à Émile, qui n’était alors âgé que de vingt-quatre ans, il se trouva à la tête d’environ cinq mille mètres carrés de très bonne terre, dans l’ancien lit de la Garonne, dont mille mètres carrés de vigne.

L’année suivante, Lucien achetait sa grande maison près du canal, pour un montant de quatre mille six cent vingt francs ; peu après, Émile faisait l’acquisition d’une bâtisse aux proportions respectables non loin du centre du village, sur la route de Montauban qui serait plus tard baptisée avenue du Général-Larroque, et Guillaume se portait acquéreur de cette si belle bâtisse en bas de ma rue.

Les quatre enfants Larroque se sont partagé environ vingt mille francs chez le notaire de Verdun : trente-cinq ans de la vie d’un ouvrier. Le capitaine Larroque avait alors trente-six ans, Guillaume trente-cinq ans, Lucien trente-trois ans et Émile vingt-quatre ans. Leurs parents gardaient l’usufruit de la maison et de quelques terres, et avaient demandé aux garçons de leur verser une rente viagère de six cents francs par an.

Jean Larroque fit abattre la moitié de sa maison natale, pour commencer à y construire une demeure digne de son rang. Si elle avait été achevée, la maison serait aujourd’hui une vaste et belle construction de deux cents mètres carrés, aussi grande que celles de Lucien ou de Guillaume. Mais la Grande Guerre vint interrompre les travaux. Puis survint un événement dont j’ignore tout, mais qui empêcha la reprise du chantier. La maison resta ainsi, avortée, avec son deuxième étage du mauvais côté. Elle fut photographiée, en 1913, toute neuve, avec Antoine, Anne, Guillaume et trois neveux et nièces de Jean sur le perron. Je pourrais prendre exactement la même photo aujourd’hui. Jamais la construction de cette maison ne sera achevée.

Marie Rivière ne fut présentée à sa belle-famille qu’en décembre 1921, alors qu’elle partageait la vie du général depuis longtemps déjà. À en croire sa descendante de Marseille, elle avait même rencontré son futur époux avant la guerre. Il ne fait aucun doute que le général comptait revenir vivre avec elle à Dieupentale, dans sa vaste maison, lorsqu’il serait revenu d’Indochine. Ma maison aurait dû être la maison de Marie. Pourtant, l’Agenaise, si belle, si attachante, si digne, se maria sans qu’aucun Larroque n’assiste à la cérémonie. Était-elle bannie de la famille dieupentalaise ? Le couple vivant hors de la légitimité du mariage s’était-il heurté à l’hostilité du clan d’Antoine ? Était-ce pour cette raison que Jean renonça à faire terminer la construction de sa maison, où vivaient ses parents qui ne voulaient pas entendre parler de son amour ? Ces questions-là, malheureusement, ne trouveront probablement jamais de réponse.

La succession du général fut réglée chez Me Massip, qui avait pris la place du notaire Belloc à Verdun. Jean Larroque possédait des valeurs en numéraire pour plus de dix-sept mille cinq cents francs : des actions de la compagnie « The North Concessions Oilfields », de la Société des forces motrices de la Vienne, de la Société des chantiers navals français, ainsi que des obligations du Crédit national ou du Crédit foncier de France. Son compte courant, au Crédit foncier, présentait un solde de cent cinquante neuf francs et soixante centimes. Parallèlement, il devait plus de sept mille cinq cents francs, en capital et intérêts, à la Banque de France, pour avance en compte courant, et il avait signé une reconnaissance à Omer Émile Joseph Averland, lieutenant-colonel au régiment des Tirailleurs anamites, en garnison de Saïgon, qui lui avait fait l’avance de la somme de six mille francs.

Jean et Marie Larroque voulaient acheter une maison en Indochine, et avaient chargé un officier ami de trouver pour eux un logement. Le général, qui spéculait en bourse, avait emprunté la somme nécessaire à son installation à Saïgon, comptant sur les revenus de ses actions et obligations pour couvrir les frais liés à son emprunt. Tout comme son père qui avait su faire fructifier son patrimoine, et à l’instar de ses frères, le général savait remarquablement gérer ses biens. Le stratège que l’Armée avait chargé de gouverner l’Indochine était convaincu de toujours pouvoir tout contrôler. Il était intelligent, il était doué, il était le maître de sa vie. Mais pas plus que quiconque, pas plus que moi aujourd’hui, il n’a pu décider de son avenir. Le général n’était qu’un homme.

Il ne se doutait pas qu’il allait mourir. Il n’avait pas rédigé de testament, lui qui pourtant avait été exposé aux plus grands dangers durant toute sa carrière. Il n’avait pas peur de penser au futur, il était sûr de lui. Certes, il était malade, il devait se soigner régulièrement. Mais il ne se savait pas mourant.

Sa succession s’élevait à environ dix mille francs : le solde de ses actifs en numéraire, et la maison inachevée, évaluée à huit mille francs. Le document rédigé par le notaire stipule que « Madame la Générale Larroque a droit à la jouissance de la moitié des biens ci-dessus, composant la succession de son défunt mari. » Elle disposait d’environ deux mille francs, correspondant à sa part des actifs de la communauté, et pouvait demander la vente de la maison, afin de recueillir la moitié de son montant. À trente-cinq ans, jeune mariée et déjà veuve, sans travail, Marie disposait potentiellement de sept mille francs. Deux ans et trois mois du salaire d’un ouvrier.

Elle renonça à ses droits sur la maison, et les frères Larroque lui abandonnèrent l’argent. Marie a perdu mille francs dans l’affaire. Elle a même perdu bien davantage : les frères Larroque vendirent la maison à Jean Baleye, le 21 février 1923, pour la somme de quinze mille francs, soit sept mille francs de plus que l’estimation faite pour la succession ! Pourquoi se laissa-t-elle ainsi flouer ?

Comment fit-elle pour vivre, loin de la résidence dans les Colonies, loin de la maison qui lui était promise à Dieupentale ? Elle ne retourna pas chez son oncle, Victor Heurteaux, à Neuilly, mais garda l’appartement du boulevard de Grenelle, dont il fallut bien payer le loyer. Sans salaire, Marie vécut cependant jusqu’à l’âge de soixante-dix neuf ans. Elle hérita certainement des biens de ses parents, peut-être reçut-elle une partie des successions de ses frères. Elle eut droit à une partie des revenus de son mari : sa solde de général, le traitement de Commandeur de la Légion d’honneur. Elle voyagea, visita régulièrement les neveux et nièces de son mari, qu’elle entourait de soins aimants. Si elle fut pauvre, jamais les descendants de la famille Larroque ne le surent.

La vie de cette femme restera éternellement voilée du plus profond mystère ; je doute que ses lointaines parentes de Marseille puissent m’aider à le dissiper. Cela n’a que peu d’importance : je sais qu’elle avait rendu Jean Larroque heureux. Je voudrais juste voir le visage de cette femme, je voudrais juste me perdre dans son regard comme je m’étais laissé engloutir par celui du général. Je ne veux rien de plus, et je recevrai le peu que je pourrai encore apprendre comme un cadeau. Je n’ai pas le temps, je n’ai plus l’envie d’entreprendre une enquête approfondie pour découvrir tous les secrets de Marie Larroque. Je considère comme acquis qu’elle et Jean s’aimaient, qu’elle ne méritait pas de subir une telle douleur alors qu’elle venait juste de l’épouser et qu’ils s’apprêtaient à partir tous deux vers de lointains horizons. Je me dis que, si la vie a été injuste avec le fils d’Antoine, elle fut terriblement cruelle pour sa femme qui voulait tout simplement être heureuse. Sans avoir peur du futur.

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De haut en bas, les signatures de Marie Larroque, de ses beaux-frères Guillaume, Lucien et Émile, et du notaire.
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Vos réactions

 
La maison du général - 36
8 janvier 2010 21:52, par Frédéric

Toujours aussi passionnant.

Avec en prime de bonnes nouvelles du narrateur !

Mais quelque chose me dit que ce chapitre n’est pas encore le dernier...

Encore merci !

Frédéric - relecteur négligent

 

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Image extraite de l'article "Osti d'cowboy, tabarnac !"