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Publié le dimanche 11 avril 1999 dans la rubrique :

Musique

Emmanuelle Bertrand

La fée du violoncelle

À 25 ans, Emmanuelle Bertrand est considérée comme l’une des violoncellistes les plus talentueuses de sa génération. Après avoir grandi sous œil d’une sœur hautboïste et d’un frère contrebassiste, la jeune musicienne vole aujourd’hui de ses propres ailes... et reste attachée à ses racines.

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Emmanuelle Bertrand, une musicienne humble, simple et chaleureuse (photo Dominique Bardel).

"Tu auras mal aux doigts" : la petite Emmanuelle a sept ans et ne rêve que d’apprendre à jouer de la harpe. Mais sa sœur Florence, de treize ans son aînée, entend bien guider la cadette dans son apprentissage musical. "Elle m’a bien eue !", se souvient Emmanuelle ; "le violoncelle fait mal aux doigts, lui aussi... Mais, dès mon premier contact avec l’instrument, je n’ai jamais regretté. Et, franchement, le répertoire de la harpe est assez ingrat".

En dépit de leur différence d’âge, les trois enfants Bertrand débutent l’étude de leurs instruments respectifs presque en même temps. Florence, après avoir suivi sans grand enthousiasme des cours de piano et de danse, choisit le hautbois alors qu’elle est élève en seconde. Médaille d’or en poche, elle poursuit des études musicologiques qui la mèneront jusqu’au doctorat. Jérôme, né quatre ans après Florence, se décide, mais un peu tard, pour le violoncelle. Il a quatorze ans, et on l’oriente, au conservatoire, vers la contrebasse... Il est aujourd’hui professeur au conservatoire de Chambéry, et joue régulièrement avec diverses formations musicales, dont l’orchestre de l’Opéra de Lyon, le Nouvel orchestre de Saint-Etienne ou l’ensemble Carpe Diem. C’est Emmanuelle qui héritera du violoncelle, dans ce trio étonnant qui transforme la maison familiale en un permanent orchestre de chambre.

Loin des clichés

Cette troupe de jeunes musiciens met à mal les clichés. Toutes les idées qui circulent sur les familles de musiciens s’écroulent dans la maison Bertrand, nichée dans son jardin au Chambon-Feugerolles, tout près de Saint-Etienne.

"Pour réussir une carrière musicale, il faut avoir débuté très, très jeune" : les deux aînés se sont montrés franchement tardifs, et Emmanuelle a appris à lire avant de s’emparer de l’archet. "Seuls les enfants de musiciens ont une chance d’accéder un jour à une carrière de soliste" : les parents des trois apprentis ne jouent pas. Ils partagent simplement une réelle passion pour la musique... et le goût de l’effort. La fratrie Bertrand met fin au mythe : la musique, c’est une passion vécue ensemble, un bonheur partagé, une émulation entre enfants.

Bref, tout le contraire du dressage, de l’entraînement intensif du futur virtuose. Dans ce climat familial, Emmanuelle s’épanouit, tout naturellement, et devient très vite une excellente musicienne.

À l’âge de quatorze ans, elle reçoit la médaille d’or du conservatoire Massenet, à Saint-Etienne. "Je suivais les cours de Marie-Thérès Heurtier. Elle était sévère, exigeante, et cela me convenait très bien. Sous ce qui aurait pu sembler de la froideur, elle savait me pousser à réaliser tout ce que j’étais capable de faire". Admise au conservatoire supérieur de Lyon, la jeune violoncelliste intègre la classe de Jean Deplace. "J’ai eu de grands professeurs ; tous m’ont apporté beaucoup, mais Jean Deplace a réellement été mon maître".

La vie en musique

L’adolescente sait désormais que sa vie sera vouée au violoncelle. Elle travaille, écoute, reçoit chaque jour comme un cadeau. Et en profite pour oublier d’ouvrir ses livres d’écolière. "Emmanuelle entrait en seconde lorsqu’elle est partie à Lyon. Elle était inscrite à des cours par correspondance", raconte sa mère. "J’ai mis plusieurs mois pour découvrir qu’elle n’avait strictement rien fait ; seule la musique comptait". Séance tenante, l’indisciplinée doit se mettre à ses cahiers. On ne l’y reprendra plus ; Emmanuelle décroche son Bac avec mention.

Après avoir obtenu, à 18 ans, le Premier prix à l’unanimité avec mention spéciale du jury, Emmanuelle s’envole pour Paris et les plus grands noms de l’enseignement : Philippe Millier et Alain Meunier. Vient le temps des concours, des concerts et des premiers grands bonheurs, ceux que procure l’émotion partagée avec le public. A l’aube d’une carrière amorcée dans la sérénité, Emmanuelle joue, vêtue d’une jolie robe, le violoncelle contre son épaule. Au Japon, au Chambon-Feugerolles ou, prochainement, à la salle Pleyel, dans le public, il y a des souvenirs de gosses qui sourient : "Tu auras mal aux doigts". C’est pour eux que chante le violoncelle.

Farniente...

"Ce que je fais quand je ne joue pas ? Ma foi... Rien". Emmanuelle, il est vrai, ne quitte jamais longtemps son instrument. Elle ne l’oublie que lorsqu’elle sort au cinéma ou au théâtre, ou qu’elle se plonge dans un roman. A moins qu’elle ne parte pour de longues promenades à vélo, dans les rues de Paris, ou à pied, sur les chemins de la Haute-Loire où la famille a gardé une maison. Là, sous le ciel, elle marche. Et elle fredonne sûrement une sonate de Bach.

Hormis ces moments d’évasion, elle travaille sans relâche. Entre deux concerts, elle tente de trouver le temps de découvrir de nouvelles œuvres, de bâtir de nouveaux projets. Après avoir enregistré, chez Arion, deux concertos de Lalo et Schumann, elle répète le répertoire qu’elle jouera sur France Musique, le 13 avril prochain, lors de l’émission "Scènes ouvertes" diffusée en direct à 18 heures.

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Emmanuelle Bertrand
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Lire aussi : La belle et le violoncelle

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Image extraite de l'article "Les petits voyages de Marie-Honorine"