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Publié le jeudi 4 février 1999 dans la rubrique :

Musique

Interview

La belle et le violoncelle

Emmanuelle Bertrand : rencontre magique

Originaire de la Loire, Emmanuelle Bertrand est une violoncelliste que le public a découverte lorsqu’elle fut désignée "Révélation soliste instrumental" lors des 9e Victoires de la musique, en 2002. Dès 1999, j’ai écrit plusieurs articles sur cette musicienne particulièrement chaleureuse et accessible.

Figurant parmi les violoncellistes les plus brillantes de sa génération, Emmanuelle Bertrand est issue du conservatoire de Saint-Etienne. Elle était dimanche au Chambon-Feugerolles, pour un concert particulièrement émouvant.

Jusqu’à sa majorité, Emmanuelle Bertrand a vécu au Chambon-Feugerolles, au sein d’une famille de musiciens. Partie s’installer à Paris pour y poursuivre ses études musicales, elle a réalisé, dimanche dernier, l’un de ses vœux : donner un concert dans la ville de son enfance. Elle nous confie ses impressions.

Vous venez souvent jouer dans la Loire ?
"Curieusement, non. J’ai donné mon premier concert devant le public ligérien à 25 ans : c’était en janvier 1998, pour un récital avec trois Suites pour violoncelle de Bach. Aujourd’hui, au Chambon-Feugerolles, c’est réellement la première fois que je joue "chez moi". Et c’est très émouvant."

Est-ce vraiment différent de jouer dans sa ville natale ?
"Absolument. Il y avait, face à moi, dans le public, tellement de gens qui me connaissent depuis mon enfance. Autant de personnes que je ne devais pas décevoir. Bien sûr, je cherche toujours à satisfaire le public, mais lorsqu’il s’agit d’amis ou de membres de la famille, qui ont parfois beaucoup donné pour que je puisse aborder aujourd’hui une carrière de soliste, la pression est énorme."

Avez-vous pu choisir le programme de ce concert ?
"J’ai choisi non seulement le programme, mais aussi - et surtout - l’orchestre. Les organisateurs m’ont laissé toute liberté, et j’ai ainsi pu m’offrir le plaisir de jouer avec l’Orchestre d’Auvergne, que j’admire particulièrement, et dont nombre de musiciens sont mes amis."

Vous avez interprété le Concerto pour violoncelle en Do majeur de Haydn. Quel type de relations entretient le soliste avec les autres musiciens, et notamment avec les violoncellistes ?
"Tous les musiciens partagent la même passion et travaillent ensemble pour réussir l’interprétation d’une œuvre. Cela crée une complicité sans laquelle il serait impossible de bien travailler. Les violoncellistes de l’orchestre ont joué ce concerto comme solistes, eux aussi. Ils en connaissent les difficultés, et savent me soutenir dans les passages délicats. Un concerto, c’est l’occasion de dialoguer avec l’orchestre, et non de le dominer."

Donc, un soliste n’est pas un grand solitaire ?
"Ce n’est pas mon cas. Il est vrai que je joue souvent comme soliste, que ce soit pour des récitals, lors de concerts de musique de chambre ou, comme aujourd’hui, pour interpréter des concertos. Et c’est quand je suis entourée par l’orchestre qui me soutient que je me sens le plus à l’aise."

Il y avait dans le public de nombreux élèves du conservatoire Massenet. Que leur conseilleriez-vous pour réussir leur vie de musicien ?
"Il n’y a pas de recette, hormis le travail... Cela m’a fait plaisir qu’ils soient venus, et qu’ils aient apprécié ma façon de jouer. Si je devais leur donner un conseil, je leur demanderais de toujours profiter, pleinement, du plaisir que leur procure la musique. Indépendamment de tout plan de carrière, l’essentiel pour progresser est de savourer le bonheur présent. Je n’ai pas prémédité ma vie d’aujourd’hui, mais j’ai toujours savouré chaque moment de musique."

Premier disque

La voix d’Emmanuelle

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Depuis quelques jours, les bacs des disquaires se sont enrichis d’un nouvel enregistrement : le premier disque d’Emmanuelle Bertrand.

"J’ai choisi mon violoncelle sur un coup de foudre. Lorsque je l’ai essayé, chez le luthier Jean-Louis Prochasson, j’ai su que cet instrument-là serait ma voix." En effet, sous l’archet de la musicienne, il chante superbement.

Le public du Chambon-Feugerolles en a eu une brillante démonstration. Laissant parler son violoncelle, Emmanuelle Bertrand sait donner l’illusion qu’il est doué de sa propre vie. Il est son propre interprète. C’est cette aptitude à s’effacer pour ne laisser place qu’à la musique qui valut à l’artiste de glaner de prestigieux prix internationaux, et qui lui permet aujourd’hui d’exercer son art en compagnie des orchestres les plus exigeants.

Couronnant cette jeune carrière déjà si riche, l’édition d’un compact-disc enregistré avec l’orchestre philharmonique de Monte-Carlo laisse augurer un avenir des plus prometteurs. C’était un pari audacieux : "Enregistrer les concertos de Lalo et Schumann me place, d’emblée, en position de soliste. J’aurais pu adopter le choix de me présenter comme interprète, avec des sonates. Mais j’ai préféré choisir des œuvres avec orchestre, pour leur richesse, leur ampleur."

Avec le Concerto en ré mineur de Lalo et le Concerto en la mineur de Schumann, Emmanuelle Bertrand aborde deux des piliers du répertoire. Et elle s’en sort avec brio. Passionné et orageux avec Lalo, son violoncelle devient mélancolique et rêveur avec Schumann.

Après la sortie de ce disque, Emmanuelle Bertrand ne s’endort pas sur ses lauriers, mais nourrit de nombreux projets. "J’ai plein de rêves ! Un jour, j’en suis sûre, je jouerai le Concerto de Dutilleux, où le soliste doit donner l’illusion qu’il improvise... En attendant, je veux continuer de jouer, de découvrir de nouveaux répertoires, de rencontrer des musiciens pour m’enrichir", avoue-t-elle. Chaleureuse et humble, sûre de sa passion pour la musique, Emmanuelle Bertrand n’a probablement pas fini de charmer son public.

"Lalo-Schumann", enregistré au Palais Garnier à Monte-Carlo, avec l’orchestre philharmonique de Monte-Carlo, sous la direction de Stéphane Denève. Label Arion ; réf. ARN 68458.

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Emmanuelle Bertrand
Post-scriptum

Lire aussi : La fée du violoncelle

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Image extraite de l'article "Il vend son enfant nu sur un blog sexuel"