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Publié le mercredi 17 novembre 1999 dans la rubrique :

Mon press-book

Dossier

L’école sur la Route des arts

L’art pour apprendre à vivre en société ?

Le département de la Loire s’est lancé en 1997 dans une démarche nouvelle : utiliser l’art, sous toutes ses formes, pour initier les enfants des écoles primaires aux contraintes de la vie en société. Observer, imaginer, utiliser des connaissances acquises dans toutes les disciplines scolaires, pour réaliser ensemble une œuvre collective, dans le respect mutuel. Une initiative qui a été reproduite, sous des formes diverses, à maintes reprises, avec toujours le même espoir. Quant à moi, je ne peux m’empêcher de m’interroger : ces enfants, aujourd’hui adultes, ont-ils dans leur vie quotidienne le réflexe d’exploiter cette curiosité et ce respect qu’ils avaient alors découverts ?

Depuis trois ans, l’Inspection de l’Éducation nationale de la Loire pilote une opération unique en France : la Route des arts. Une collaboration entre instituteurs, artistes et conseillers pédagogiques, qui conduit les enfants à s’initier à la création artistique, dans le cadre d’un projet pédagogique dont les effets dépassent toutes les espérances.

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À l’école Jean-Ravon de Villars, 22 élèves de CM1 ont réalisé une “Sortie sans fin du labyrinthe précieux”, objet magique et interactif inspiré de la passementerie, patrimoine de leur commune (photo DR).

Seize classes en 1998, seize autres en 1999, et encore autant dès janvier 2000 : en tout, ce sont près de 1 200 enfants de tout le département qui participent à une vaste opération, où l’approche artistique sert un projet pédagogique d’une rare ampleur. La Route des arts, c’est beaucoup plus qu’une expérience ludique, où l’enfant devrait suivre une activité centrée sur elle-même. La rigueur de la création artistique, la réalisation en commun d’un projet à long terme, la confrontation au jugement d’autrui, autant d’exercices, prolongés sur cinq mois, qui sensibilisent les enfants à rien de moins que la vie en société.

Apprendre à écouter

Initiée en 1997 par Jean Laval, inspecteur d’académie, la Route des arts a débuté en janvier 1998, sous l’impulsion de Michel Bonhomme, inspecteur de l’Éducation nationale, et Luana La Rocca, conseillère pédagogique. Animée par une équipe de conseillers pédagogiques spécialisés dans les enseignements artistiques, cette action, planifiée sur trois années scolaires, entame actuellement la dernière ligne droite, qui aboutira à une ultime exposition, du 24 au 30 mai, où toutes les classes présenteront leurs réalisations, à la Bastie-d’Urfé. Chaque année, cette rencontre entre les écoles donne lieu à de grands moments de joie, où chacun partage avec sa classe la fierté d’avoir réalisé un projet que les autres viennent admirer.

De début janvier à fin mai, par le plaisir, chaque enfant des classes primaires participantes apprend à créer, à écouter, à porter un regard objectif sur son propre travail... Lorsqu’on a entre 8 et 10 ans, cet apprentissage est particulièrement difficile, mais trouve une voie royale dans l’approche artistique.

Découvrir l’art au quotidien

Peinture, danse, musique, sculpture, poésie ou théâtre : tous les arts sont mis à contribution. Loin d’être réalisé entre les quatre murs d’une salle de classe, le travail amène les enfants à découvrir leur environnement, par le biais du patrimoine de leur région. Visites de monuments, études de documents, enquêtes de terrain et rencontres avec les artistes amènent à une réflexion, étonnamment productive, sur la création artistique, et son étroite imbrication dans la vie sociale. L’utilisation d’un pont au Pertuiset, la fonction des blasons à Farnay, la mémoire industrielle transmise par les cheminées d’usines à Saint-Chamond : il s’agit de quelques exemples, parmi tant d’autres, des travaux présentés, lors des précédentes éditions, par les classes et les enseignants.

Vers l’art pour tous ?

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Rendez-vous au mois de mai pour la grande rencontre finale, à la Bastie-d’Urfé (photo DR).

Car les enfants n’ont pas été les seuls à s’enrichir de cette expérience : les instituteurs ont dû fournir un effort considérable pour préparer le travail de leur classe, au prix de réunions et de rencontres réparties sur tout le premier trimestre de l’année scolaire. Il s’agit ici de l’un des objectifs affichés par l’équipe de pilotage : “créer ou développer chez les enseignants des écoles, dans le domaine de la conduite d’apprentissage et d’activités artistiques, des pôles de compétences harmonieusement répartis sur l’ensemble du département”. En clair, apprendre aux instituteurs à ne plus considérer les matières artistiques comme des moments isolés dans la vie scolaire, sans autre intérêt que la détente ou l’acquisition d’une “culture” qui se suffirait à elle-même.

S’il est encore trop tôt pour établir un bilan de l’impact de la Route des arts sur les méthodes pédagogiques, les intervenants constatent néanmoins une réelle évolution dans l’approche pédagogique des disciplines artistiques, pour les enseignants qui ont participé à l’opération. Ce qui, au-delà de la satisfaction de voir l’art entrer à l’école, conduit à regretter que l’ensemble des établissements du département ne puissent bénéficier de l’effet bénéfique d’une telle initiative.

Même si l’on peut déjà annoncer que la Route des arts est une réussite, sachant vaincre le scepticisme des parents (qui, souvent, considèrent que l’apprentissage d’une pratique artistique dans le cadre scolaire est une perte de temps), elle n’aura, finalement, concerné qu’une minorité d’enfants, sans combler les lacunes en matière culturelle que l’on constate dans un grand nombre d’écoles primaires. Elle aura au moins permis de montrer qu’une approche pédagogique, basée sur la création, vaut la peine d’être développée, dans l’intérêt de l’enfant. Peut-être permettra-t-elle, sur la base des résultats acquis, d’impulser une volonté globale, dans toutes les écoles, favorisant enfin l’expression artistique qui veille en chaque enfant.

Les objectifs

Le projet départemental de la Route des arts est articulé autour de cinq objectifs, dont la finalité est d’intégrer l’enseignement artistique dans un projet pédagogique qui cherche à faciliter, pour l’enfant, l’acquisition de notions civiques essentielles : “l’apprentissage de la citoyenneté”, précise Michel Bonhomme.

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Jeux de mains pour les CM2 de l’école de Mably-bourg, en référence aux deux statues de Pascal Jacquet qui ornent le centre du village.

1 - Valoriser les disciplines artistiques à l’école élémentaire, à une période où l’enfant se prépare à aborder l’enseignement pluridisciplinaire du collège. L’apprentissage artistique, appliqué autant que possible aux enseignements généraux (littérature ou histoire, par exemple) lui permet de développer sa capacité à établir des liaisons entre les différentes disciplines scolaires.

2 - Sensibiliser les élèves aux richesses du patrimoine artistique, architectural et humain départemental, en s’interrogeant sur l’histoire de sa commune, la fonction des monuments dans la vie de la cité, et en découvrant la production des artistes rencontrés pendant l’opération.

3 - Mettre en avant la notion de réseau, grâce aux échanges entre les classes des différentes écoles, où les enfants confrontent leurs travaux à diverses étapes de leur réalisation.

4 - Créer ou développer chez les enseignants, dans le domaine de la conduite d’apprentissage et d’activités artistiques, des pôles de compétences harmonieusement répartis sur l’ensemble du département. Ainsi, près de cinquante enseignants sont en mesure, aujourd’hui, de dynamiser l’enseignement artistique dans leurs écoles.

5 - Provoquer une réflexion commune aux différents acteurs de l’opération sur la notion de partenariat actif. Ce dernier objectif vise à favoriser l’ouverture de l’école primaire sur son environnement, encourageant les enseignants à rechercher, hors de l’école, les compétences susceptibles d’enrichir les champs d’apprentissage.

Quatre sites et quatre cents enfants

Comme lors des deux années précédentes, l’édition 2000 de la Route des arts se déroulera de janvier à mai, avec la découverte de quatre sites du patrimoine ligérien. À la clé, une rencontre départementale de tous les enfants et une grande exposition, à la Bastie-d’Urfé.

Depuis la rentrée de septembre, enseignants, artistes et conseillers pédagogiques préparent la dernière saison de la Route des arts. Fidèles à une formule qui a montré son efficacité, tous suivent une méthode de travail basée sur la découverte du patrimoine, l’échange entre les écoles et la réalisation collective d’une création artistique.

Après Charlieu, Goutelas, Malleval, Saint-Victor, Pommiers, Sainte-Croix-en-Jarez et une partie de Saint-Étienne, la Route des arts passera cette année par Ambierle, Montbrison, la vallée industrielle du Gier et d’autres quartiers de Saint-Étienne. Autour de ces quatre sites, où sont situés de nombreux éléments du patrimoine artistique et architectural, seize classes, soit environ quatre cents élèves, vont réaliser un long travail divisé en quatre périodes. Chaque site regroupe quatre écoles, qui travaillent en étroite collaboration.

L’éveil artistique

Dès janvier, dans chaque classe, les élèves découvriront la danse, les arts plastiques ou la poésie, s’inspirant d’un thème issu du patrimoine local, et selon les conseils d’un artiste dont l’intervention se prolongera jusqu’à la fin de l’opération. Les quatre classes réunies autour d’un même site communiquent régulièrement, pour s’informer du travail de chacun, et mettre en commun les connaissances acquises dans le champ artistique choisi. L’échange est d’autant plus riche que les enfants travaillent sur différents aspects d’un même site patrimonial. Ainsi, l’an dernier, le château de Malleval a donné lieu à quatre réalisations extrêmement diversifiées : sculptures et légendes pour Bourg-Argental, préparation d’un CD-Rom historique pour Fontanès, réalisation d’une “porte musicale” pour Lupé, et création d’une chorégraphie pour Saint-Christo-en-Jarez. Le tout en étroite liaison avec le site du château, qu’il s’agisse de son histoire ou de ses espaces et volumes.

La découverte du patrimoine

Après s’être initiés à une pratique artistique, les enfants partent à la découverte du site. Le plus souvent, pour compléter leurs connaissances, ils sont amenés à étendre leurs champs d’investigation. Lecture de livres d’histoire, visite de musées, rencontre avec des artisans initient les élèves à la recherche documentaire, et leur permettent d’acquérir les compétences nécessaires à une réelle compréhension du site qui sert de support à leur travail.

C’est ainsi que, l’an dernier, les élèves de l’école Thibaud à Saint-Just-Saint-Rambert, sont partis de l’étude du château de Goutelas à la connaissance d’une activité inféodée au sol de la région : la culture maraîchère ! Un travail théâtral qui les a conduits au NEC de Saint-Priest-en-Jarez, et à la rencontre de maraîchers à la retraite. Basée sur l’improvisation, la réalisation des enfants a abouti à de beaux résultats dans le domaine relationnel, et à la compréhension de l’histoire dans sa globalité, avec la découverte d’une activité économique liée à l’évolution d’une région.

Se rencontrer, encore et toujours

Lorsque le travail de création arrive à son terme, les quatre classes d’un même site se rencontrent “sur le terrain”, pour partager leurs expériences et comparer, objectivement, leurs réalisations. C’est l’heure des dernières mises au point, où chaque classe soumet aux enfants des autres écoles son travail. Devant ce premier public, les élèves consolident leur capacité à accepter les critiques, à en tirer les enseignements, et à donner des conseils éclairés. Le travail d’équipe dépasse alors le cadre de la classe.

Enfin, arrive le grand jour, celui où les seize écoles se retrouvent à la Bastie-d’Urfé pour présenter au public leurs créations. Expositions, spectacles et animations envahissent alors la demeure, avec la complicité du soleil de mai. Les enfants auront atteint leur but : construire, ensemble, un projet issu de l’imagination de chacun. Cette année, ce grand moment aura lieu du 25 au 30 mai, juste avant les vacances, juste après une belle année à la rencontre de l’art.

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