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11 commentaires

Publié le dimanche 12 avril 2009 dans la rubrique :

Les coulisses du journalisme

7 astuces pour faire un magazine sans argent

Journaliste, ça fait rêver...

Le site 20minutes.fr vient de révéler un scoop : en termes de respect du droit du travail, la presse, c’est carrément n’importe quoi. Les rédacteurs de ce site d’information ont découvert ça à l’occasion de la sortie en kiosque, hier, d’un magazine qui avait disparu il y a trois ans, et qui renaît sous une forme nouvelle. Et vous savez quoi ? Ce magazine fait travailler les gens de façon épouvantable ! C’est horrible.

Voilà. Après cette introduction de la plus mauvaise foi, je vais mettre un peu d’eau dans mon vin... parce que le papier de 20minutes.fr est très bien, il est courageux, aussi honnête que possible étant données les circonstances. Signé par Vincent Glad, il dénonce, par le biais de ce cas particulier, le fléau qui empoisonne la quasi-totalité des rédactions (papier surtout, mais aussi en télé, radio, et bien sûr internet) : les patrons de presse sont convaincus que les journaux se porteraient bien mieux sans journalistes.

Je vous invite à lire attentivement son article sur 20minutes.fr : 7 astuces pour faire un magazine sans argent.

Après avoir lu cette page, vous vous demanderez probablement s’il s’agit d’un cas extrême, ou au contraire si le journaliste ne serait pas, des fois, un grand naïf. Ni l’un ni l’autre...

Ce papier est d’autant plus intéressant qu’il a été rédigé par un prof de l’École supérieure de journalisme de Lille (l’une des plus prestigieuses), qui travaille à longueur d’année face à des jeunes dont il sait qu’ils vont s’engager dans une vie de misère. Apprendre aux étudiants à bien faire leur boulot, honnêtement, tout en sachant que la plupart d’entre eux passeront de longues et nombreuses années sous le seuil de pauvreté, mais leur apprendre quand même parce qu’on ne choisit jamais de devenir journaliste par hasard, parce que c’est plus qu’un métier, et parce que quelques-uns, peut-être les plus talentueux, traceront leur route quand même : il faut avoir de sacrées tripes, pour être prof dans une école de journalisme.

Et en voici un, Vincent Glad, qui tire parti de l’immense tribune du site de son journal pour raconter à tout le monde ce qui se murmure dans les couloirs des écoles, dans les forums professionnels sur internet : les journaux pressent leurs rédacteurs comme des citrons jusqu’à épuisement, jusqu’à l’écœurement définitif, ne permettant de durer qu’aux plus opportunistes, aux moins investis, aux moins honnêtes, aux moins journalistes, qui pondront de la merde à la chaîne pour arriver à gagner leur vie.

Des journaux sans rédaction, sans journalistes : c’est le rêve de tous les patrons de presse. Pourquoi ? C’est compliqué... En gros, disons que c’est comme ça depuis que ces patrons sont issus de la pub, et non de l’information, et depuis qu’ils considèrent que les médias ne sont que des espaces à vendre aux annonceurs : l’information est un mal nécessaire, qui occupe la place que l’on pourrait vendre aux publicitaires. Il faut donc que l’information coûte le moins cher possible. En réalité, c’est plus subtil que ça, bien sûr. Quoique...

Quoique, dans le cas du journal 20 Minutes, par exemple, c’est très exactement ça : un journal gratuit (pour les lecteurs), dont le financement n’est assuré que par les ventes d’espaces publicitaires. Une information gratuite, mais qui représente un coût, même si je n’ose pas imaginer le nombre de stagiaires écrivant dans ce journal. Cette dépendance totale au marché publicitaire aboutit aujourd’hui à une situation catastrophique, comme le relate le site de Libération : Sale quart d’heure à 20 Minutes.

Vous voyez, relayer l’information auprès du public, ce n’est pas si simple... La grande nouveauté, c’est qu’enfin les journalistes osent dire aux lecteurs (auditeurs, téléspectateurs, internautes...) les difficultés de leur métier, les dangers qui les guettent, les pressions qu’ils subissent. Aussi, lorsque vous regarderez un reportage sur une usine qui ferme, ou lorsque vous lirez un papier sur l’emploi précaire, songez que souvent, très souvent, vous avez été informés par quelqu’un qui essaie de ne pas crever de faim.

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Vos réactions

 
Journaliste, ça fait rêver...
13 avril 2009 12:22, par azamaël

Les journaux pressent leurs rédacteurs comme des citrons jusqu’à épuisement, jusqu’à l’écœurement définitif, ne permettant de durer qu’aux plus opportunistes, aux moins investis, aux moins honnêtes, aux moins journalistes, qui pondront de la merde à la chaîne pour arriver à gagner leur vie.

Vous oubliez une catégorie : les fils d’archevêque (ils sont relativement nombreux dans les jeunes générations de journalistes). A part ça, et à quelques détails près, je suis assez d’accord avec ce que vous écrivez. Pour avoir été moi-même prof dans l’une de ces écoles (le CFJ) avant qu’elle ne devienne une école « rentable » (c’est-à-dire plus soucieuse de réaliser des bénefs que de bien former de futurs journalistes), je puis vous dire que sur trois promos (1999 à 2001), la moitié des élèves ont quitté le métier (parfois sans réussir à y entrer vraiment), un quart survit tant bien que mal de piges, de CDD, de petits boulots occasionnels dans la comm et le reste colle des dépêches AFP pour un salaire de misère. Seuls quelques-uns (et pas forcément les plus talentueux) réussissent à s’en sortir honorablement, souvent grâce à leur entregent.

Maintenant, il faut savoir également, que, même au temps de la splendeur des journaux papier (quand les rédactions des grands quotidiens se chiffraient par centaines de journalistes), le coût de ces rédactions ne représentait que 20% du total du coût du journal. Il y avait plus de pub,les tirages avaient de quoi faire rêver (France Soir a dépassé le million) et les journalistes réalisaient encore de vrais reportages. Pourquoi la presse a-t-elle périclité ? D’autres, plus savants que moi, se sont penchés sur ce problème. Je me bornerai à cette constatation : entre les donneurs de leçon, les colleurs de dépêches et les manieurs de français à la fourche, je trouve les journalistes d’aujourd’hui bien moins intéressants que leurs aînés.

En cherchant bien sur le net, on arrive aujourd’hui à se faire une revue de presse bien plus riche que dans les canards traditionnels, papier, radio et télé. Mais c’est vrai qu’il faut bien chercher !

Journaliste, ça fait rêver...
13 avril 2009 12:25, par azamaël

J’ignore comment je m’y suis pris, mais le résultat ci-dessus a une drôle de gueule. Je ne sais pas encore sous quelle forme ces lignes vont apparaître. Quelqu’un pourrait-il m’éclairer ?

Journaliste, ça fait rêver...
13 avril 2009 12:32, par DB du Jardin

Pas de panique, Azamaël, je corrigerai ça tout à l’heure. L’important, c’est le contenu... :-)

Mais je ferai ça plus tard : là tout de suite, je bosse, pour 50 euros bruts, un jour férié, afin que le site internet d’un grand quotidien de gauche (ouarf) soit bien joli bien propre. Et pour gagner un peu plus que rien à la fin du mois. :-))

Journaliste, ça fait rêver...
14 avril 2009 14:28, par DB du Jardin

Enfin, youpi, chouette : les RG vont ENFIN s’occuper de moi, je vais aller en prison, je figure parmi les cyberdélinquants et j’en suis fière... :-)

Youhouuuu, hoooohéééé, coucou, Frédéric Truskolaski, monsieur le chef de 20 ans qui menacez de poursuivre en justice tous les sites et blogs qui relaient l’article de 20 Minutes, j’suis là, j’suis là, venez me chercher, venez, je vous attends !

Et emmenez avec vous vos collègues chefs, DRH, sous-caporaux qui ont fait de la presse ce qu’elle est, et de notre métier cette triste comédie. J’ai des trucs à vous dire, à vous tous...

Journaliste, ça fait rêver...
14 avril 2009 16:23, par Frédéric Tribuiani

Ouais ! Bienvenue au club très select des gens qui ont une fiche de RG ! Tu verras, ils sont sympa les mecs... mais débrouilles toi pour que ça soit toi qui répondes plutôt qu’un abruti qui fournit tous les détails sans se faire prier

Journaliste, ça fait rêver...
14 avril 2009 19:19, par azamaël

Vous allez être condamnée par, et à 20 ans. On ira vous porter des oranges et on fera des cybermanifestations. Ce sera beau comme en 68.

Journaliste, ça fait rêver...
15 avril 2009 00:54, par DB du Jardin

Tout le monde est bien conscient du fait qu’en venant ici, vous laissez votre adresse IP quelque part ? Je sais pas trop où, mais quelque part. Vous avez bien compris que Philippe Lefebvre, ses maîtres, ses pairs et ses émules veillent avec zèle et application ? Vous savez qu’ici c’est un endroit dangereux ? Tant pis pour vous. :-))

Journaliste, ça fait rêver...
15 avril 2009 09:48, par DB du Jardin

Petite lecture du jour (écrit en décembre 2007, mais la date est un détail) : http://www.rue89.com/2007/12/09/lom...

Dès que j’ai cinq minutes, je ferai quelque chose de plus sérieux sur les sites et blogs qui évoquent la situation des « prolos du savoir » (papier d’aujourd’hui sur Rue89 : http://www.rue89.com/cabinet-de-lec...), avec une liste bien propre de liens.

Journaliste, ça fait rêver...
15 avril 2009 22:49, par azamaël

Vous avez bien compris que Philippe Lefebvre, ses maîtres, ses pairs et ses émules veillent avec zèle et application ?

Ce ne serait pas plutôt Frédéric Lefebvre ?

Journaliste, ça fait rêver...
16 avril 2009 01:41, par DB du Jardin

Voui.... :-(
J’ai probablement fait un blocage sur le prénom.

 

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