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Publié le dimanche 20 juillet 2008 dans la rubrique :

Musique

Orchestre de chambre de Toulouse

J’y vais, j’y vais pas...

Cela fait près de quatre ans que j’habite dans la région toulousaine, et je n’étais jamais allée écouter l’Orchestre de chambre de Toulouse. Les occasions n’ont pourtant pas manqué : cet ensemble se produit au moins deux fois par mois dans la ville rose. Mais voilà, toujours la même histoire, je n’y vais pas parce que je suis restée coincée à une époque désormais préhistorique pendant laquelle j’avais des choses à dire sur la musique, et que j’étais même payée pour ça.

Seulement voilà, hier soir, l’Orchestre de chambre est venu carrément chez moi. Ou tout près, vraiment tout près, à trois kilomètres de là. Alors quoi, j’y vais, j’y vais pas ? Qu’est-ce que je fais ? Allez, j’y vais.

Ce ne fut pas si terrible. Juste un peu frustrant, mais j’ai enfin réussi à écouter la musique sans écrire dans ma tête un papier qui ne paraîtrait jamais. Du moins, je n’ai pas commencé à y penser tout de suite. Je n’ai même pas trouvé de titre pour le papier que je n’écrirai pas : ça, c’est un énorme progrès. Finalement, c’est plutôt mieux comme ça : qu’est-ce que j’aurais pu dire, sur l’Orchestre de chambre de Toulouse, constitué uniquement de solistes triés sur le dessus du volet, qui n’aurait pas déjà été dit ? Qu’ils sont bons ? Sans blague...

Un joli programme, proposant un voyage dans l’Europe musicale à travers les siècles, de Marin Marais à Benjamin Britten, en passant par JCF Bach, Vivaldi, Grieg, Dvorak et un compositeur que je ne connaissais pas, l’Espagnol Turina, dont j’ai beaucoup aimé La Oraciòn del Torero.

Joachim Turina (1882-1949)
Extrait de La Oraciòn del Torero.
Orchestre de chambre de Toulouse, dir. Gilles Colliard. Extrait du disque Voyage en Europe - 2007

Un joli cadre, le château un peu délabré du Fontanas, à Grisolles. La seule photo que j’en ai trouvé, c’est une carte postale de 1920. Il faudra que je retourne faire un tour là-bas pour le photographier et vous le montrer.

Très peu de public : c’est vraiment dommage, parce que si de tels concerts proposés dans les villages ne font pas venir assez de gens, on devine ce qui se passera l’année suivante...

Sous des nuées de papillons enragés, de moustiques en furie et d’autres bestioles volantes, les musiciens ont essayé de rester impassibles. Ils n’y sont pas toujours parvenus. C’est ça, le charme des concerts en plein air. La nature s’invite toujours. Mon meilleur souvenir en la matière reste celui d’une aubade qui avait été donnée au Jardin d’Allard, à Montbrison, un soir sous un très joli kiosque caché sous des cèdres. Les cèdres, dans les parcs, ce sont les dortoirs des paons. Et les paons, ça gueule. On avait donc eu un concerto pour orchestre désemparé et paon colorature où finalement l’animal continua en solo, les musiciens s’étant avoués vaincus par le virtuose emplumé. Les employés municipaux étaient allés chercher une échelle pour déloger le piaf, tout le monde rigolait, et quand le concert a repris, plus personne n’était vraiment concentré.

Hier soir, ce fut moins mouvementé. Il y eut juste un gros papillon qui s’engouffra dans le col d’un violoniste qui fit un bond assez athlétique. Moi, j’étais tranquillement assise sous un magnolia, pas d’insecte pour me harceler ; j’avais emmené une petite laine au cas où, mais quand on est partis à l’issue du concert il faisait encore 26°... Alors de quoi je me plains ? Hein ? De n’être qu’une spectatrice parmi les spectateurs ? Oui, c’est un peu ça. Je digère mal le fait d’être une has been. Je m’entête à penser que je ne l’ai pas mérité.

Edvard Grieg (1843-1907)
Prélude - extrait de la Suite Holberg
Orchestre de chambre de Toulouse, dir. Gilles Colliard. Extrait du disque Voyage en Europe - 2007

Mais voilà. La musique était jolie, vraiment jolie. Je me suis souvenue, cette nuit, que j’avais un disque de cet ensemble. J’ai vidé sous la lune tout mon placard à disques et je l’ai retrouvé. Les enregistrements que je vous propose dans cette page en sont extraits, ça tombe bien, le disque reprend à peu de choses près le programme du concert de Grisolles.

Chaque année, au moment des abonnements, j’hésite. J’ai envie d’aller voir tous les concerts de cet Orchestre de chambre, et ceux du Capitole, et ceux aussi de l’Orchestre baroque de Montauban. Et puis je ne m’abonne pas. Je reste chez moi. Il faut que ce soient les musiciens qui se déplacent pour que j’aille enfin les écouter. Ça va, ne dites rien, je sais que c’est idiot.

Grisolles, c’est mon chef-lieu de canton. Un très joli bourg qui compte un peu plus de 3 000 habitants, et dans lequel il se passe plein de choses. Il y a des concerts l’été, des fêtes sous la halle. Il y a un musée des arts et traditions populaires, le musée Calbet, dans une magnifique maison du XVIe siècle. Le conservateur est complètement barré, je l’aime bien. Il organise des expos d’art contemporain qu’il mélange avec les collections du musée. Entre deux fers à repasser et une vieille robe de mariée, il glisse des sculptures de Raymond Roussel. Je crois que ce n’est pas toujours très bien perçu par la vieille garde culturelle de Grisolles...

Dans quelques jours, à Gramont, il y a un concert avec le pianiste Éric Lesage. J’y vais, j’y vais pas...

Post-scriptum

Allez voir aussi sur le ouaibe :

- Le site de Grisolles
- Le site du musée Calbet

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