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Publié le vendredi 14 octobre 2005 dans la rubrique :

Mon press-book

Caraman - Santé. Les médecins manquent, mais le service de garde est efficace.

Il faudrait plus de médecins

La solitude du médecin de campagne

La pénurie de médecins en zone rurale : voici un sujet peu original, certes, mais qui préoccupe la plupart des habitants des campagnes. Madame le maire de Caraman, qui avait l’habitude de convoquer la presse lorsque cela lui chantait, tenta de me dissuader d’écrire ce papier... Elle ne voulait pas que je donne une image négative de son village, qu’elle aimait tant. Devant mon entêtement, elle fit appeler l’un de ses adjoints, médecin de son état, persuadée qu’il la soutiendrait dans son déni. Mais... L’homme de l’art fut trop heureux de parler -avec prudence- d’une situation dont il souffrait autant que ses patients.

"C’est difficile de trouver un médecin rapidement", "Il faut attendre trop longtemps dans les salles d’attentes des médecins", "On ne peut pas joindre de médecin de garde le week-end"... Les habitants de Caraman, et notamment ceux qui vivent depuis longtemps dans la commune, ont le sentiment que l’accès aux soins médicaux n’est pas pleinement satisfaisant. Qu’en est-il réellement ?

Objectivement, dans le canton de Caraman, on dénombre quatre médecins pour environ 7 000 habitants : trois praticiens à Caraman, un à Auriac-sur-Vendinelle. Par ailleurs, sur le territoire de la commune de Caraman, on dénombre 2 pharmacies, 2 chirurgiens-dentistes, 3 masseurs-kinésithérapeutes, 2 cabinets d’infirmières, 2 podologues, 1 orthophoniste, qui complètent l’offre médicale et para-médicale. Une entreprise caramanaise assure les déplacements en ambulance. En outre, un Centre médico-social a pour mission d’assurer un relais de la politique d’action sociale du Conseil général en direction de la petite enfance (PMI), de la protection de l’enfance (ASE), et des publics en difficultés (Service social). Voilà pour les données brutes, dont l’examen permet de constater que les habitants de la commune bénéficient d’une offre relativement complète pour une ville de 2 000 habitants. Mais transposés à l’échelle des 7 000 habitants du canton (même s’il serait plus pertinent de prendre en compte la notion de "bassin de vie", plus vaste et correspondant davantage aux habitudes de la population), ces chiffres montrent que la couverture médicale présente le même profil que dans l’ensemble des zones rurales, voire semi-rurales : le nombre de médecins est insuffisant pour satisfaire les besoins de la population.

Selon François Picquart, médecin à Caraman, conseiller municipal et membre du Centre communal d’action sociale (CCAS), "il y a environ 25 ans, nous étions, dans le canton, 7 médecins pour 4 500 habitants ; aujourd’hui, nous ne sommes plus que 3, et la population a doublé". Le praticien reconnaît volontiers que l’installation de nouveaux médecins, à Caraman ou dans les communes environnantes, apporterait un soulagement certain. En revanche, au sujet des permanences de nuit et en fin de semaine, il se montre beaucoup moins inquiet. "Le service de garde est satisfaisant : avec des confrères du canton de Lanta et de Bourg-Saint-Bernard, nous assurons une permanence, chaque nuit de 20 heures à 8 heures, et le week-end du samedi midi au lundi matin. Le service est assuré alternativement par 7 médecins, ce qui est suffisant. En tout cas, c’est bien mieux qu’il y a quelques années, où nous n’étions pas organisés." Certes, lorsqu’on appelle le médecin de garde, on trouve toujours qu’il met trop de temps pour venir... c’est humain. Mais, selon le docteur Picquart, les délais d’intervention sont corrects.

Marie-Denise Xerri, maire de Caraman (et membre du Conseil économique et social régional —CESR— de Midi-Pyrénées), avoue que "les élus ne disposent d’aucun moyen pour inciter les médecins à s’installer sur le territoire de leur commune ; les praticiens exercent une profession libérale, et sont libres d’ouvrir un cabinet où ils le souhaitent". Ce qui ne l’empêche pas de se sentir concernée par les questions d’ordre sanitaire et social. D’une part, parce que sa mission d’élue locale implique qu’elle se préoccupe du bien-être de ses administrés, et d’autre part, parce que le Conseil municipal présente la particularité de compter parmi ses membres de nombreux professionnels de la santé. De fait, l’action sociale est une réalité quotidienne, que ce soit ou non dans le cadre des attributions du CCAS (composé d’élus municipaux et de membres nommés, représentant des organismes œuvrant dans le domaine social). "La proportion d’élus sensibilisés aux questions sociales, et la taille de la commune, font qu’il est pratiquement impossible qu’une personne en situation de détresse morale, financière, familiale ou de santé puisse échapper à notre vigilance", affirme Mme Xerri, poursuivant : "Nous sommes en mesure, à tout moment, d’apporter une aide immédiate et adaptée à toute personne ou famille qui en éprouve le besoin. Si nous le jugeons nécessaire, nous allons au-devant de la personne en difficulté, sans pour autant nous autoriser à violer son intimité. Nous sommes simplement là pour apporter notre aide." Simplement. On s’éloigne ici du domaine purement médical, mais on entre de plain-pied dans le domaine social, qui ne peut en être dissocié. À Caraman, c’est vrai, on manque de médecins. Comme partout, ou presque, dès que l’on s’éloigne des villes qui exercent sur les praticiens un attrait irrésistible. Mais ce n’est pas pour autant que l’on manque de soins et de soutien.

Trois questions à...

Gilbert Hébrard, conseiller général et président de la MSA

Conseiller général du canton de Caraman, président de la communauté de communes Cœur Lauragais et président de la Mutualité sociale agricole (MSA), Gilbert Hébrard répond à nos questions.

DDM : Quelle est la situation du canton de Caraman en matière de couverture médicale ?
Gilbert Hébrard :
Elle est comparable à celle des régions rurales, même si nous sommes proches d’une grande agglomération. Alors que la population augmente sensiblement, les médecins qui partent à la retraite ne sont pas remplacés, et ils sont aujourd’hui en nombre insuffisant. J’ai peur que la situation n’empire dans les années à venir.

DDM : Comment remédier à l’insuffisance de médecins dans le canton ?
G. H. :
Les élus n’ont aucun moyen pour faire venir les médecins sur leur territoire. Des mesures incitatives, financières et fiscales, existent, mais elles semblent insuffisantes pour convaincre les médecins. Nous sommes démunis, mais pas découragés !

DDM : Concrètement, quelles actions avez-vous menées ?
G. H. :
Il y a quelques années, la Communauté de communes a proposé aux médecins de construire une « maison médicale », dans laquelle ils auraient pu se regrouper, avec éventuellement d’autres professionnels libéraux (infirmières, kinésithérapeutes...) ; la Communauté de communes aurait acheté un terrain et construit le bâtiment, puis loué ces locaux aux praticiens. Ce projet les a intéressés, mais n’a pas abouti. Cependant, nous sommes prêts à le remettre à l’ordre du jour à tout moment.

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