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Publié le mardi 5 août 2003 dans la rubrique :

Le p’tit journal du Cantal

Fouilla que c’est dur

Cette fois, c’est bien fini. Terminé, classé. Du passé. Il faut remonter le réveil pour essayer de ne pas trop arriver à la bourre le matin, il faut garer la voiture sur le parking payant et très cher, il faut retourner faire le SR. Quelle tristesse.

"Fouilla", en langage stéphanois (que l’on nomme le "parler gaga"), ça veut dire à peu près "merde alors", ou quelque chose d’approchant. C’est une exclamation qui exprime, selon les circonstances, l’étonnement, la compassion, l’accablement, toute une foule de sentiments intenses. Dans le Midi, ils ont deux mots pour exprimer ce que "fouilla" résume en un seul : "putaing" et "peuchère". Et si vous ne voulez pas passer pour un plouc le jour où vous passez à Saint-Etienne, prononcer "foailla", vous serez plus crédible.

Tout ceci pour dire qu’hier matin, à la fraîche (c’est relatif), j’ai coupé le contact sur mon parking, j’ai contemplé la façade de la Chambre d’agriculture du Cantal, et je me suis exclamée, le cœur gros comme ça : "Fouilla qu’c’est dur". Ben oui. Après trois très petites semaines loin des fautes d’orthographe, du code typo et des maquettes, je suis retournée gagner mon pain quotidien.

Comment, qui ose dire que je n’aime pas mon métier ? Mais si, je l’aime, je l’ai choisi sur le tard, j’ai fait des pieds et des mains pour pouvoir l’exercer, alors vous pensez bien que j’y tiens. C’est d’ailleurs pour ça que j’ai fait ce site, que vous êtes plutôt nombreux à visiter chaque jour, sans que je sache d’ailleurs pourquoi. Pour cela, il faudrait que je sache qui vous êtes (bon, JF, toi, tu es facile à repérer ; mais tu n’es pas tout seul - fin du message personnel). C’est pour ça que je m’entête à envoyer chaque semaine de jolies lettres de candidature, bien tournées, avec l’url de Signé DB et un CV en pièces jointes. Et c’est pour ça que j’espérais un peu, quand je suis partie en vacances, que je les achèverais... ailleurs. Pas en retournant, pour une durée toujours indéterminée, à mon bureau de secrétaire de rédaction.

Mais bon, ça va venir, à force de me lire vous allez bien finir par vous rendre compte que je serais bien mieux utilisée chez vous. Et puis d’ailleurs, c’est dur, certes, mais pas si désagréable que ça. D’abord, j’ai pu raconter les derniers événements qui sont survenus chez mes voisins Hugolin et le Troll. Parce que j’ai deux voisins, j’en ai même trois, et il s’est passé plein de choses ces dernières semaines. Mais je ne vous les raconterai pas, c’est personnel. Sauf pour mes collègues qui, en bons Cantaliens, ont forcément de la famille qui a de la famille avec mes voisins.

Et surtout, la joie suprême, c’est que j’ai gagné. Comment, vous avez oublié ? Faites un effort et souvenez-vous : j’avais parié avec vous que les sites internet du Crédit agricole, de la Chambre d’agriculture et de l’Union agricole et rurale ne seraient pas mis à jour pendant mon absence. Donc, j’ai gagné. Je suis, par conséquent, et en toute modestie, absolument indispensable. Pensez que, pendant trois semaines, les agriculteurs, les salariés du Crédit agricole et de la Chambre d’agriculture n’ont rien eu de neuf à se mettre sous la dent. Tous ces gens sont restés sur leur faim, déçus devant leurs écrans, dépités peut-être, parce que je n’étais pas là. Et vous, pendant ce temps, vous me lisiez avec avidité, chaque jour. Bande de petits veinards.

Je ne devrais pas clamer si fort que mon absence est si lourde de conséquences : cela pourrait vous donner des scrupules à priver mes collègues d’un élément essentiel. Mais songez à ce que perdent les vôtres, si vous me laissez là. Vous vous rendez compte ? Fouilla !

Ceci dit, quoi de nouveau dans mon univers de SR ? Bof, pas grand chose. Ah ! Si : les travaux dans la rue sous ma fenêtre sont terminés. On peut enfin aérer sans avoir à subir les bruits des engins, des camions, des rouleaux compresseurs, des groupes électrogènes, des marteaux piqueurs, et sans respirer l’odeur du goudron brûlant. Maintenant, c’est tout beau, en bas. Et silencieux. A part ça, pas un chat dans les rues, pas grand monde au boulot non plus, un volume raisonnable de copie. J’ai vu passer un cyclotouriste qui avait attelé à son vélo une petite remorque dans laquelle trônait un fox-terrier tout fier. Je suis allée piquer le ventilateur dans le bureau du commercial pendant qu’il s’était absenté. Qu’il essaie de le récupérer, pour voir.

J’ai lu dans un compte-rendu de conseil municipal que la source alimentant le village en eau potable était tarie. Le préfet a pris un nouvel arrêté pour interdire les feux d’artifice, faut que je fasse une photocopie pour mes voisins (les troisièmes). Le député Alain Marleix s’est inquiété auprès de Luc Ferry de la suppression de nombreux postes d’enseignants, et le ministre lui a répondu en substance qu’il fallait voir ça avec le préfet de Région, que c’était pas son problème. La routine, quoi. Et je me suis attelée à la mise en place d’une nouvelle charte graphique qui devrait être opérationnelle début septembre. On commence à parler du festival de théâtre de rue : que vont faire les intermittents ? Les "marginaux" ne vont-ils pas mettre le feu aux prairies assoiffées ? Bref, j’ai repris contact. En fait, ce n’est pas si dur que ça. Il faudrait juste que je puisse écrire, et que ce soit quelqu’un d’autre qui corrige mes fautes. Quelqu’un de chez vous.

En bref

RECORD

Vous avez remarqué : il fait sacrément chaud. Pour certains d’entre vous, c’est normal, ou presque. Tous vos étés sont torrides. Mais pour un Auvergnat, et a fortiori pour un Cantalien, ça devient insupportable. Même pour moi, qui ne sors de l’hibernation qu’au-dessus de 25°. Il faisait 39 quand je suis partie hier, à 18 heures et des poussières. Irrespirable. De quoi regretter les bons étés pluvieux et brumeux de la préfecture la plus froide de France, qui cette année caracole parmi les plus caniculaires. Quelle époque on vit !

UNE VIRTUOSE AU ZÉNITH

Elle a un talent fou et compte d’innombrables fans. Sylvie Pullès est une véritable virtuose ; elle a donné son premier concert à 12 ans. Aujourd’hui, elle joue avec son orchestre ses propres compositions. Sylvie Pullès est accordéoniste, et elle représentera l’Auvergne au festival de l’accordéon, en novembre au Zénith. Les titres de ses œuvres : "La Bourrée de Pierrefort", "Tango de mon Cantal", "Moi, je chante l’Auvergne", "La Java de la Jordanne"... A tout juste trente ans, elle porte dans sa musique la seule vraie passion de toutes les générations de Cantaliens : la musique traditionnelle auvergnate.

ILS EXAGÈRENT

La sécheresse avait fait craindre une flambée du prix des aliments complémentaires et des fourrages. Or, l’ensemble des partenaires agricoles se sont mis d’accord pour produire un aliment au moindre coût, et la solidarité s’est très vite manifestée pour permettre aux régions les plus touchées de se voir livrer la paille et le foin excédentaires des départements épargnés. La (mauvaise) surprise vient des transporteurs : selon les syndicats agricoles, les prix des transports de fourrages ont grimpé à une vitesse vertigineuse, après l’annonce d’une aide gouvernementale au transport. Evidemment, si personne n’avait essayé de s’engraisser au passage, ç’aurait été trop beau.

L’image de la semaine

Faire son miel

La Planèze, entre Saint-Flour et le Plomb du Cantal, est grillée, crépitante, déssechée. Sur le bord d’une petite route, seuls les chardons survivent. Et font le bonheur des abeilles si lourdement chargées de pollent qu’elles en sont littéralement recouvertes, une légère farine jaunâtre masquant les dessins sur l’abdomen de l’insecte... La sécheresse, on s’en doutait, ne peut pas interrompre la vie de la nature ; elle la perturbe, tout au plus. (Photo Dominique Bardel)

Le lien de la semaine

Voici un lien qui ravira les accros du folklore. Cette semaine, à Murat, se déroule le festival des danses et musiques du monde. En Auvergne, la tradition est une valeur partagée par tous ; et elle s’exprime en premier lieu par la danse en costume, au son des instruments dont la pratique se transmet de génération en génération. Sur cette terre si fortement attachée à son patrimoine, rien d’étonnant à trouver une multitude de festivals liés au folklore, emboîtant le pas au tout premier d’entre eux, celui de Gramat. Mais celui de Murat a une grande qualité : il se déroule dans le Cantal !

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Image extraite de l'article "La maison du général - 34"