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Publié le mercredi 23 février 2000 dans la rubrique :

Musique

Madame Butterfly

Fausses notes à l’Esplanade

Une Butterfly qui bat de l’aile

L’Esplanade : c’est le nom du théâtre lyrique de Saint-Etienne. Un bel orchestre, et des spectacles généralement de belle facture. Mais parfois, il y a quelques "ratés". Que doit faire le journaliste dans ce cas ? Le dire, bien sûr. Ce que j’ai fait, et ce qui m’a coûté probablement quelques pubs dans mon petit magazine qui avait tellement besoin d’argent. On parle d’indépendance de la presse ?

Accident de parcours, ou début d’une tendance ? Après une Veuve joyeuse un peu décevante, l’Esplanade a proposé une Madame Butterfly insipide qui n’a pas su échapper au ridicule. L’extraordinaire talent de Rié Hamada n’a pas suffi à faire oublier les défauts de cette production.

On garde la soprano Rié Hamada, incarnant Cio-Cio-San à la perfection, et on oublie tout le reste. Le décor tarabiscoté où les artistes ne pouvaient faire plus de deux pas sans buter sur un obstacle ; les mouvements incessants, inutiles et lassants sur la scène bondée comme un tram à midi ; les images en fondu-enchaîné, au fond du décor, mièvres et caricaturales. L’orchestre inexistant (dirigé par Franck Villard), le chœur inaudible, ces deux ensembles accumulant inexpressivité et départs ratés. On oublie surtout le geste final de Butterfly, ce coup de poignard assené dans une ambiance digne d’une pub pour Obao, dont la théâtralité excessive a fait rire le public. Discrètement, parce que le public stéphanois est poli.

On oublie tout ça, pour ne garder que le souvenir d’une artiste expressive, émouvante, chantant d’une superbe voix, et talentueuse comédienne. Capable d’arracher des larmes, au deuxième acte, lorsqu’elle chante son espoir aveugle dans le retour de Pinkerton. Dans une distribution inégale, on retiendra aussi la mezzo Qui Lin Zhang dans le rôle de la servante Suzuki, au timbre étrange mais plein de charme et de personnalité. Dans le rôle de Pinkerton, Jean-Francis Monvoisin s’est montré correct, chantant parfois trop fort et manquant de naturel. Enfin, Jean-Marc Ivaldi s’est attiré la sympathie du public dans le costume du (trop) gentil consul Sharpless.

Un spectacle indigne de l’Esplanade, sixième scène lyrique de France. Ceci est d’autant plus dommage que Saint-Etienne reste capable d’attirer des solistes de très haut niveau. On en a la démonstration à chaque création. Espérons simplement que cette Butterfly ne sera qu’une péripétie dans une saison qui promet, sur le papier, encore de très belles soirées. À commencer par Carmen, avec, à la tête de l’orchestre, ce chef formidable qu’est Dominique Trottein.

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Image extraite de l'article "CNRS : au cœur de la science"