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Publié le mercredi 26 janvier 2000 dans la rubrique :

Mon press-book

De qui se moque-t-on ?

Je rédigeais un éditorial pour chaque numéro de Culture Loire. Les sujets présentaient toujours un lien avec l’actualité culturelle ; si elle trouvait un lien avec le contenu du magazine, c’était encore mieux. Ici, une réaction au regard d’une critique de mode sur le modèle d’un couturier qui a "dépassé les bornes".

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Défilés de haute couture ou, comme ici, de haute coiffure : tenue correcte exigée (photo DR - Culture Loire).

Décidément, moi qui ne regarde jamais la télé, quand je m’y mets, j’apprends plein de trucs. À croire qu’elle est un objet culturel. Faudrait que j’y réfléchisse.

Ainsi donc, à l’heure où probablement vous dormez, les pieds dans les poils de mon briard (ça tient chaud), je regarde les infos.

Voici l’essentiel : les collections de prêt-à-porter. Alors là, je regarde la fourrure de mon briard et, comme il est fort tard, et que j’ai beaucoup réfléchi toute la journée, l’inévitable arrive. Je me demande si Karl, ou Yves, ont remarqué l’alluuure d’une robe de chien bien brossé quand il trotte devant un juge d’exposition. J’explique : mon chauffe-pied a gagné plein d’expos grâce à ses innombrables qualités morphologiques (un vrai mannequin, mon chien), et notamment la beauté de son poil. Je transpose sur notre Marianne et je la vois, parée d’un bon poil bien noir, ondulant à chaque coup de son talon aiguille sur la moquette du défilé. Et je me dis que si Karl lit Culture Loire, on va voir le résultat pour les défilés automne-hiver.

C’est alors que mon oreille capte un mot. Du poste s’est échappé le mot "art". Ici s’arrête la similitude entre mon champion de clebs et les top-models. Sous mes pieds, dort la nature. Dans la télé, c’est la culture qui tord les fesses en faisant bien exprès de ne pas sourire. Après "art", la commentatrice a dit "talent". Du coup, je regarde, et en effet. Robes, tailleurs, chaussures et cheveux : tout est sculpture. Alors j’aimerais comprendre pourquoi, tout à coup, la dame qui cause dans le poste se met en pétard parce qu’un couturier lance sur la piste ses mannequins vêtus de ce que je crois être des versions "artistiques" de haillons de clochards. Pourquoi elle s’énerve comme ça, devant un mec qui fait du beau et riche avec du moche et pauvre. Pourquoi elle trouve ça très très vilain de sublimer le style SDF, qui n’en est pas un, et qui du coup le devient. Elle s’étrangle devant tant de mauvais goût, de manque de tact : avec les moyens qu’on lui donne, quand même.

Et Charlot qui joue au dictateur (regardez de l’autre côté du canard [1]), il aurait pas des fois fait du mauvais esprit sur le dos du peuple ? À moins que Picasso, avec son Guernica, n’ait carrément passé les bornes en rigolant du pinceau avec des bombes. Ça se fait pas, jamais, dans l’art, d’extraire l’émotion des tragédies humaines.

Notes

[1] La Une de ce numéro représentait un photomontage comportant une image du film "Le Dictateur", de et avec Charlie Chaplin.

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Image extraite de l'article "Soleil couchant"