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Publié le mardi 12 avril 2005 dans la rubrique :

Nature et animaux

Corydoras paleatus

Il est impossible de résister au spectacle d’une bande de Corydoras se promenant au fond d’un aquarium. Ces petits poissons moustachus sont de véritables pitres, pacifiques et peu farouches. Dommage qu’ils soient trop souvent considérés comme des « poissons poubelles ».

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La robe du Corydoras paleatus, aux reflets turquoise, est magnifique. Quant à son regard malicieux, il est tout simplement irrésistible. (photo Dominique Bardel)

Il faut les voir se dandiner, le cul en l’air, la moustache frissonnante, tortillant du derrière dans un entrain qui semble inépuisable. À la queue-leu-leu, les Corydoras explorent le sable en quête de quelque morceau de choix, indifférents aux troubles qui secouent le monde autour d’eux, protégés par un optimisme à toute épreuve, intensément concentrés sur leurs occupations. Ces petits poissons, parce qu’ils recherchent leur nourriture au sol, ont la malchance d’être encore trop souvent vendus comme « nettoyeurs »... ce qu’ils ne sont absolument pas. Ce sont de vrais poissons, pas des aspirateurs. Pour profiter pleinenement de leur charme et s’amuser de leurs acrobaties, il faut les maintenir par troupes d’au moins dix à douze individus d’une même espèce, et leur proposer une nourriture adaptée.

La maintenance

Il existe de nombreuses espèces de Corydoras proposées dans les commerces aquariophiles. Toutes nécessitent d’être maintenues en groupe. Il arrive que des aquariophiles mélangent dans un même banc des individus d’espèces différentes... Outre le résultat esthétique discutable, l’intérêt d’une telle pratique reste à démontrer. Il est vrai que, dans leur milieu naturel, ces poissons se mélangent sans complexes lorsqu’ils sortent pour se nourrir. Mais les proportions sont sans commune mesure avec ce qu’on peut observer dans un aquarium : les Corydoras sauvages se regroupent par bancs immenses, rassemblant plusieurs centaines d’individus. Chaque poisson bénéficie de la protection de la masse qui l’entoure, et s’il faut se mêler à d’autres espèces pour être tranquille, soit !

Les Corydoras ne redoutent rien de plus que la solitude. S’ils ne sont pas assez nombreux, ils restent cachés, ne se hasardant hors de leur abri qu’à la tombée du jour, voire en pleine nuit, pour chercher leur pitance. En revanche, dès qu’ils vivent en compagnie de nombreux congénères, ils abandonnent tout complexe et se promènent dans l’aquarium, par petits groupes de trois ou quatre poissons, en quête d’une miette de nourriture à grignoter. Souvent, un « solitaire » s’isole du groupe et va mener sa petite vie dans son coin. Mais la présence de ses compagnons suffit à le rassurer, et le poisson explore son coin de sable avec la plus grande décontraction.

Pour qu’ils se sentent à l’aise, les Corydoras ont besoin de compagnie, certes, mais également d’un sol adapté. Ils passent le plus clair de leur temps à fouiller le sable à l’aide de longs barbillons tactiles, très sensibles à l’érosion. Le quartz concassé, aux arêtes tranchantes, est donc à proscrire, sous peine de blesser les poissons, qui peuvent dans le pire des cas se trouver dans l’incapacité de se nourrir. L’idéal est de leur offrir du sable de rivière, le plus fin possible. S’ils aiment se promener à découvert avec leurs copains, les Corydoras n’en ont pas moins besoin d’abris pour faire la sieste, ou pour effectuer un repli stratégique en cas d’urgence. Ils apprécient de somnoler parmi les bosquets de plantes, ou dans une cavité creusée sous une pierre plate ou sous une racine. Les grottes profondes ne les intéressent pas : ce qu’ils veulent, c’est voir sans être vus.

Les Corydoras ont un solide appétit ; la rumeur selon laquelle ils se nourrissent des « déchets » des autres poissons est absurde. Gourmands, dotés d’un flair infaillible, ils sont capables d’aller chercher un bon morceau à la surface de l’eau, où ils font des clapotis avec leur bouche qui n’est pas du tout prévue pour ce genre d’acrobatie ! Le péché mignon du Corydoras, sa faiblesse, son talon d’Achille, ce sont les vers de vase. Si l’on peut trouver cette gourmandise dans une animalerie qui vend de la nourriture vivante, il ne faut pas hésiter à leur en distribuer, en quantités raisonnables, une ou deux fois par semaine. Les Corydoras se damneraient pour les vers de vase ! Le reste du temps, il est facile de leur fournir une alimentation de qualité, avec des tablettes ou des comprimés conçus pour les poissons de fond, généralement très bien équilibrés, distribués en alternance avec de la nourriture « maison » congelée, préparée avec du poisson et des épinards, le tout malaxé et haché. Bien nourri, et surtout s’ils disposent d’apports réguliers en nourriture vivante, les Coridoras auront vite envie de faire des bébés.

La reproduction

Je suis bien embêtée pour vous parler de la reproduction du Corydoras paleatus... Je ne maintiens ce poisson que depuis peu de temps, et je n’ai pas encore eu l’occasion d’observer une ponte. En revanche, j’ai élevé de nombreuses générations de Corydoras aeneus (le plus répandu en animalerie, tout aussi joli et facétieux que le Paleatus), et si j’en crois les différents témoignages lus ici ou là, les deux espèces adoptent à peu près le même comportement amoureux.

Je vous raconterai donc ce que j’ai observé avec mes aeneus. La plupart du temps, la parade est déclenchée à l’occasion d’un changement d’eau dans l’aquarium. La chute de la température de l’eau, de l’ordre de un ou deux degrés, provoque presque à coup sûr une ponte dans les heures qui suivent. Ceci s’explique par le fait que, dans leur milieu naturel, les poissons s’empressent de pondre dès le début de la saison des pluies, qui annonce une période d’abondance.

Les Corydoras se mettent à nager dans l’aquarium en tous sens, les mâles poursuivant assidûment les femelles gravides, reconnaissables à leur taille souvent plus importante, et à leur petit ventre tout blanc et tout rebondi... Les poissons montent et descendent inlassablement le long des vitres de l’aquarium, souvent dans un angle. Puis ils adoptent une position caractéristique, en « T », au cours de laquelle le mâle féconde l’œuf fraîchement pondu par la femelle, qu’elle maintient entre ses nageoires pelviennes. Puis Madame se met en quête de l’endroit idéal pour déposer son œuf : elle le colle sous une feuille d’Echinodorus, sur la paroi du filtre... voire sur la vitre frontale de l’aquarium. Le manège recommence jusqu’à ce que la femelle ait libéré tous ses œufs, peu nombreux et assez gros, extrêmement adhésifs. Les œufs sont disséminés en divers endroits de l’aquarium, par petits paquets de dix ou douze. La ponte débute généralement le soir, et dure plusieurs heures, jusqu’à la nuit tombée. Ensuite, les parents abandonnent leur ponte, et ne s’occupent pas de leurs petits.

Les œufs sont très durs, et les autres poissons ont bien du mal à les manger. S’ils sont bien cachés, on ne tarde pas à découvrir des alevins dans l’aquarium, même dans un bac communautaire. J’ai toujours récupéré mes alevins Corydoras dans le filtre à décantation, où ils trouvent gîte et couvert, à l’abri des prédateurs. La survie des alevins dans un bac équipé d’un filtre externe, en revanche, est compromise, à moins de maintenir les Corydoras dans un aquarium spécifique, où les petits ne risquent pas de se faire dévorer par les autres occupants du bac.

Même lorsqu’ils sont tout petits, il est impossible de confondre les alevins de Corydoras avec d’autres espèces. Ils ont déjà l’allure caractéristique de leurs parents, et dès qu’ils atteignent la nage libre, hop ! La queue en l’air, ils tortillent du derrière et vont découvrir l’univers. On peut commencer à les nourrir avec des nauplies d’artémias, qu’on attire vers le sol avec le faisceau d’une torche électrique : les bébés corydoras ne se nourrissent qu’au sol, et il est donc primordial de leur fournir leur nourriture « à domicile ». Si cela est possible, on peut leur distribuer des micro-vers, dont ils raffolent. Assez rapidement, ils sont capables de manger des fragments de nourriture spéciale pour poissons de fond. Mais si on veut qu’ils se développent harmonieusement, il ne faut pas lésiner sur la nourriture vivante. Avec un tel régime, les petits Corydoras atteignent la taille adulte en quelques mois.

Le comportement

Très honnêtement, on ne peut pas dire que le comportement des Corydoras soit passionnant. Ce ne sont pas des Cichlidés. Néanmoins, les voir se trémousser dans l’aquarium est un réel plaisir, dont il serait dommage de se priver. Lorsqu’ils ne fouillent pas le sable, ils se regroupent au pied d’une plante et se reposent, souvent tête-bêche, ou au contraire alignés comme à la parade, et ils observent le monde d’un œil écarquillé...

S’ils se sentent en sécurité, les Corydoras se montrent curieux, voire culottés. Attention à ne pas les aspirer lorsqu’on siphonne les saletés dans le sable ! Lors de chaque nettoyage, je les ai entre les doigts, qui viennent voir ce qui se passe. Souvent, je dois les pousser énergiquement pour qu’ils cèdent la place, pour peu que j’entreprenne de faire le ménage chez eux alors qu’ils dorment. Ils attendent le dernier moment pour s’éloigner de quelques centimètres, comme à regrets.

Charmants, totalement dénués d’agressivité, les Corydoras sont de jolis petits poissons qui animent de la plus belle manière le fond de l’aquarium.

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Voici l’heure de la sieste, à l’ombre rassurante d’une Echinodorus.
(photo Dominique Bardel)
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