Le jardin de DB

Vous êtes ici : Accueil du site > Textes > Le p’tit journal du Cantal > C’est chaud

Menu de navigation

Masquer la bannière
Afficher la bannière
 
 

Aux utilisateurs d'Internet Explorer 6,
Votre navigateur ne vous permet pas de bénéficier pleinement des fonctionnalités proposées par ce site. Si vous en avez la possibilité, je vous invite à télécharger gratuitement la dernière version d'Internet Explorer, ou mieux, Mozilla Firefox.

Publié le vendredi 25 juillet 2003 dans la rubrique :

Le p’tit journal du Cantal

C’est chaud

Une rapide virée sur les routes cantaliennes le confirme : le ciel a beau se montrer menaçant, il ne veut pas abandonner une seule goutte d’eau. Certes, les ruisseaux continuent de courir, mais ils sont bien maigres. Et les vaches mangent du mauvais foin dans des prairies où la moindre étincelle allumerait un immense brasier.

Je ne suis pas friande de scénarios catastrophe. Mais quand même. Dans la Lozère, 700 hectares de landes et de bois ont été détruits par le feu, mercredi. Et la Lozère, c’est pas loin du tout, juste là, de l’autre côté de ma vallée. A peu près. Chaleur, sécheresse et vent ont favorisé ce sinistre dont l’ampleur est inhabituelle dans la région.

En parcourant la Planèze, cet immense plateau qui s’étend entre Saint-Flour et le Plomb du Cantal, j’ai vu des centaines d’hectares de prés roussis par le soleil, des bruyères crépitantes, des petits bois de sapins assoiffés. La région est continuellement balayée par un vent incessant, qu’aucun relief ne ralentit. Un feu, ici, pourrait courir sur des kilomètres sans rencontrer le moindre obstacle. Bien sûr, d’ordinaire, là-haut, il fait toujours froid. Disons un peu frais. Les prairies sur la Planèze sont toujours vertes, grasses et généreuses, qui qu’il arrive. Sauf cette année. Là-haut, disséminés, perdus dans l’immensité, quelques minuscules villages, étirés le long de maigres routes. Et tout autour, un véritable désert où patientent des troupeaux de vaches aubrac, gardés par de magnifiques taureaux qui font voler des nuages de poussière en grattant le sol pour s’impressionner mutuellement. Quelle panique si les flammes venaient à s’échapper sur cette haute plaine !

La Planèze n’est pas la seule à être en danger : les bois de résineux de la Margeride et de la Châtaigneraie sont le cadre de départs de feux quotidiens. Une menace permanente à laquelle les pompiers arrivent, jusqu’à présent, à faire face sans trop de difficultés. L’origine de ces débuts d’incendies : l’embrasement de broussailles par les pots d’échappement des véhicules. La moindre étincelle, je vous dis.

Je n’arrive pas à imaginer le "Pays vert" calciné. Ses forêts si denses réduites à des squelettes de troncs infirmes. Oh, ça n’arrivera probablement pas. Sauf si certains continuent, comme je l’ai tout récemment constaté, à lancer des feux d’artifice dans leur jardin déssechés pour fêter l’anniversaire du petit dernier. Un jardin, dans le Cantal, ce n’est pas comme dans le lotissement des Primevères : c’est un bout de terre aride qui jouxte des prairies stériles bordées par des forêts rougissantes.

Il y a bien longtemps que le préfet a interdit les barbecues et autres feux ouverts ; pourtant, en faisant mes courses, j’ai eu du mal à traverser le rayon des merguez et autres grillades, littéralement pris d’assaut. Descendant, à la nuit tombante, du Plomb du Cantal, j’ai renoncé à compter les mégots incandescents de cigarettes s’envolant par les vitres des voitures et des camions. Le Cantal n’a pas encore brûlé, il a de la chance.

Ceux qui ont de la chance, également, ce sont les 1 200 pompiers du département. Presque tous volontaires. Ils se consacrent pour l’instant au ravitaillement du bétail en eau : ils remplissent leurs citernes pour aller abreuver les vaches. Ici, où je n’aurais jamais cru que le soleil, d’ordinaire si cruellement absent, pourrait me faire peur.

Mon beau poirier, croulant sous les fruits, est en train de mourir au fond de mon verger.

Il y a dix jours, lors de la naissance du P’tit journal estival du Cantal, je plaisantais au sujet de la sécheresse. Depuis plusieurs semaines déjà, autour de moi, ce mot circulait, centre de toutes les conversations. C’était vraiment exagéré. A ce moment-là. Il faisait beau, très beau. Et les prés étaient encore si verts. Quelques jours ont suffi pour que la montagne se mette soudain à mourir. Le Cantal, quand il n’est pas brumeux, humide, ruisselant, outrageusement printannier, est laid. Les feuilles des arbres si sombres qu’elles paraissent noires, le gris des racines courant sur le brun de la terre, les rochers brûlants, tout est sinistre. Ce n’est plus le pays que je maudissais chaque jour en actionnant mes essuie-glaces, c’est une vaste et vieille montagne flétrie.

Mais si le Cantal brûle, ce ne sera pas la faute de la sécheresse. Certes, la foudre peut déclencher un feu, si l’orage parvient à éclater, au lieu de bourgeonner au-dessus de nos têtes avant de se disloquer sans même un grondement. Non, ce sera la faute aux soirées entre amis, aux anniversaires de petits derniers, aux mégots qui s’envolent sur les routes, aux pots d’échappement qui frôlent les herbes sèches. Ce sera la faute de l’homme, de son bonheur de pouvoir enfin vivre un peu dehors, ici où les murs sont si épais, les fenêtres si petites et les toits si pentus.

Ah ! J’ai des idées noires, aujourd’hui... Mais enfin, et c’est une fumeuse qui pose la question : les gens n’ont-ils pas de cendriers dans leurs voitures ?

En bref

VACHES DE PIERRE

Jusqu’à dimanche, à Menet, près de Mauriac, naissent des vaches d’un nouveau genre : elles jaillissent sous le ciseau des artistes réunis à l’occasion du douzième "Symposium sur pierre". Un rassemblement international à l’occasion duquel cinq sculpteurs, sur la place du foirail, travaillent sur le thème de "la vache dans la mythologie". Décidément, dans le Cantal, jamais rien ne peut se passer sans que les vaches s’en mêlent.

PAUVRES PÊCHEURS...

Ce n’est pas la première fois que ça arrive : le concours de pêche de Chaudes-Aigues a été un fiasco, et n’a mobilisé qu’une petite trentaine de concurrents. D’ordinaire, le mauvais temps décourage les fanas du moulinet et les accros de la mouche. Cette année, on marche carrément sur la tête : au bord du lac, il fait trop chaud, même pour pêcher.

ILS ARRIVENT...

Je ne les attendais pas avant la semaine prochaine. Mais ils sont déjà là. Avec leurs camping-cars, leurs sandales, leurs pique-niques sur les aires prévues à cet effet, leurs expéditions en groupes aussi serrés que joyeux dans le rayon des grillades à Géant. Et leurs balades de reconnaissance, tranquilles, les genoux en étoile, les sacs à dos sur le dos et les boyaux en zigzag exprès pour que je ne puisse pas doubler. Ou du moins, c’est à croire. Mes amis les cyclotouristes, les éclaireurs des 13 000 de leurs semblables qui vont s’abattre devant mon capot dans pas longtemps. Malgré moi, je deviens cantalienne. Je suis bien contente de voir des touristes, mais j’aimerais mieux qu’ils roulent sur d’autres routes que la mienne. Il faudrait que je sois plus vigilante. Je promets de faire un effort.

L’image de la semaine

Il est pas beau mon village ?

Vous voyez, là, c’est Polminhac, une très jolie maison sur la place devant la fontaine (non, c’est pas chez moi !). En plein eacute ;té. Une place déserte, personne à l’horizon. A Vic-sur-Cère, c’est à peine mieux. Quant à Aurillac, je n’ai pas osé vous montrer, c’est déprimant. Dans un département qui mise tout sur le tourisme, n’y a-t-il pas des questions à se poser ? (Photo Dominique Bardel)

Le lien de la semaine

Cette semaine, je pense aux gourmands. Aux fondus de fromage, à ceux qui, quand ils entendent le mot "Cantal", se mettent à saliver, et imaginent une belle tomme dorée, à la peau granuleuse à souhait, au parfum enivrant... Sur le site de l’interprofession fromagère du Cantal, ces gourmets qui ne pensent pas assez à leur taux de cholestérol pourront découvrir tous les secrets des deux AOC emblématiques du département : cantal et salers. Avec les photos somptueuses de Pierre Soissons, le photographe "officiel" du département.

Allez, visitez et prenez des kilos !

Vous pouvez lire aussi :

Ma vie là

Logo de l'article "Ma vie là"

Recommander : 
 

À vous d'écrire

 

Au hasard

Des articles...
Une photo...

Cliquez sur cette image pour accéder à l'article dans lequel elle est publiée.

Image extraite de l'article "La salers, reine de la fête"