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3 commentaires

Publié le lundi 8 décembre 2008 dans la rubrique :

Les coulisses du journalisme

Aujourd’hui, je plonge

La presse, un univers impitoyaaa-bleu

Par où je commence ? C’est compliqué. Allez, je commence par la fin, le moment où j’ai claqué la porte du boulot ? Ceux qui me lisent depuis longtemps se disent déjà qu’ils ont déjà plus ou moins lu ça, il y a quelques années. C’est vrai. Les autres pensent que c’est très difficile, en ce moment, dans toutes les entreprises. Et que par les temps qui courent, on n’abandonne pas son travail. C’est vrai aussi. Alors je vous rassure : officiellement, j’ai une trachéite. La preuve : je dois prendre du sirop et il faut que je me repose jusqu’au 14 décembre. Des fois que je serais contagieuse pour mes collègues.

Alors je vais commencer autrement. Je vais vous raconter l’histoire de l’autre Grande Muette : la presse. Parce qu’elle parle des plans sociaux chez Mittal, des congés forcés chez Renault, chez Bosch, des fermetures chez Molex, mais très peu de ce qui se passe chez elle.

Seuls les États généraux de la presse sont à peu près médiatisés, et encore... Non, en fait, ils ne le sont pas. Le grand public, finalement, n’est informé que de deux choses : la suppression de la pub sur les chaînes publiques, et la nomination (ainsi que son éviction) du président de France Télévisions par le Très Petit Bonhomme. D’une part, le grand public ne sait pas très bien ce qu’induit une telle évolution. D’autre part, il n’est pas conscient que la presse, qu’elle soit audiovisuelle, écrite ou multimédia, est une industrie, comparable à n’importe quelle autre, avec ses patrons, ses salariés, ses plans sociaux également. Et les pléthores d’abus, de filoutages, de magouilles, comme dans tant d’autres entreprises de tant d’autres secteurs économiques.

Alors je vais vous raconter ça, sans prétendre vouloir tout expliquer, mais simplement en témoignant, au quotidien, de ce qui se passe en coulisses, ou du moins de ce que j’en vois.

Cela faisait longtemps, très longtemps que j’en avais envie. Et je ne le faisais pas. Alors pourquoi maintenant ? Parce que, donc, vendredi matin, j’ai franchi une ligne qui ne me permettra pas de revenir en arrière. Ou plutôt, j’ai refusé d’avancer plus loin dans le mépris des lecteurs, et j’ai refusé également d’être méprisée moi-même davantage. D’une pierre deux coups : oui, je suis une fille très efficace. Alors maintenant, étant donné que je ne peux pas être emmerdée davantage par ma hiérarchie, que je ne peux pas être moins payée, que mon gentil docteur me donne des pilules qui vont tout régler, maintenant, je vais raconter, parce que les trois ou quatre lecteurs de mon Jardin sont des gens du grand public. Et comme on dit, les tout petits petits ruisseaux...

J’ai donc créé une nouvelle rubrique : La Boutasse aux canards. Une boutasse, dans le Forez, entre Saint-Étienne et Feurs, de Boën à Montbrison, à Roanne et à Saint-Bonnet-le-Château, c’est une mare. Mais pas n’importe quelle mare. C’est la mare creusée dans les prés pour que les vaches viennent y boire. Un trou d’eau un peu trouble, aux berges boueuses et glissantes ; quand on s’en approche on entend la rafale des « plouf » des grenouilles. Bien sûr, aujourd’hui, je vis entre Toulouse et Montauban. Mais ici, même une flaque d’eau s’appelle un lac ; ils exagèrent toujours tout, les gens d’ici. En fait, c’est pas vraiment très joli, une boutasse, une vraie. C’est exactement là-dedans que les canards barbotent en jetant par-dessus bord le lest des salariés encombrants, invoquant comme tout le monde la crise, la fameuse crise, la providentielle crise.

Je voulais le faire depuis longtemps, et voilà, je commence ce soir. Comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule (bon sang, combien de clichés vais-je user dans ce billet ?), j’ai franchi un autre pas, d’importance, un vrai grand beau pas : j’ai enfin tenu la promesse que j’avais proclamée un ton (ou deux, ou plus...) trop fort lorsque je n’étais que correspondante locale au Progrès, ce qui me coûta probablement mon embauche à l’époque : j’ai rejoint les rangs des salauds de syndicalistes qui empêchent les patrons de prendre les bonnes décisions. J’avais dit alors que mon premier acte de salariée serait de me syndiquer. Dix ans plus tard, j’ai assisté samedi à l’assemblée constitutive du syndicat Solidaires médias Midi-Pyrénées, dont j’ai été volontairement d’office désignée présidente. Bon d’accord, c’est juste pour qu’il y ait deux membres du bureau pour le dépôt des statuts à la préfecture, on se calme, on ne me baise pas les pieds tout de suite. Mais voilà. C’est fait, depuis le temps que j’aurais dû le faire.

De cela aussi je vous parlerai parfois, mais uniquement à titre personnel, quand je comprendrai un peu mieux ce qui se passe : j’entre là dans un monde nouveau pour moi, même si ses habitants, à plusieurs reprises, et sans jamais faillir, sont montés au créneau pour m’aider. Et puis le syndicat Solidaires communique très bien sans moi : il est fort probable que je vous offrirai davantage de communiqués émanant de ceux qui savent, que de textes de mon cru.

Vous voilà prévenus : je suis à nouveau en guerre. Pas pour mon propre compte, mais parce que, même si elle décriée, la presse est un élément essentiel d’une démocratie. Elle est loin d’être libre, son indépendance est un miroir aux alouettes, elle peut parfois ne pas sembler honnête, elle se trompe aussi. Mais c’est elle, qu’on le veuille ou non, qui forge l’opinion. C’est elle qui nous apprend ce que nous savons du monde dans lequel nous vivons. Et c’est maintenant que j’entends les voix courroucées qui s’écrient : « Ouais, et tout ce qu’elle ne nous dit pas, alors ? »

Justement, c’est le sujet, exemple concret à l’appui, du prochain billet de La Boutasse.

En attendant, je vous invite à consulter, si ce n’est déjà fait, ces sites indispensables :
- Acrimed, l’observatoire des médias
- Le Syndicat national des journalistes, et son antenne en Midi-Pyrénées
- L’union syndicale Solidaires

Et je vous encourage à découvrir combien sont perturbés et sombres les cieux sous lesquels vivent les médias en Midi-Pyrénées :
- plan social à La Dépêche du Midi (10% des effectifs) : ah mince, le journal en situation de monopole ne parle pas de sa cuisine interne... donc pas de lien sur le ouaibe, comme c’est dommage
- menace de liquidation judiciaire pour Télé Toulouse, la plus ancienne et la plus importante télévision locale de France
- fermeture de l’antenne toulousaine de M6 (5 bureaux régionaux fermés en France)
- menaces sur les emplois à France 3 Toulouse, comme dans tous les bureaux régionaux
- plan social à Milan presse

Et ça, c’est juste un aperçu.

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Vos réactions

 
Aujourd’hui, je plonge
8 décembre 2008 13:23, par Umanimo

Hum, voila qui nous promet de belles pages « militantes ».

Après des années de non militantisme, me voila replongée, par l’intermédiaire de ceux que je fréquente de près, du moins par le cœur et l’esprit, si ce n’est physiquement (ma Dodominique, ma fille qui se bat contre la réforme des lycées), dans le monde de ceux qui veulent aller de l’avant.

Et ben, ça fait sacrément du bien !

UMA

Plouf
9 décembre 2008 13:26, par Frédéric

Acrimed : *LE* site indispensable pour comprendre les media français et leur servilité.

Frédéric ka_voté_débé_aux_prudhommes_sans_le_savoir

Aujourd’hui, je plonge
10 décembre 2008 19:21, par brendie

La Mare aux Canards était déjà pleine de palmipèdes, la boutasse promet beaucoup :)

 

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Image extraite de l'article "Des vacances de rêve (4/5)"