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Publié le mercredi 3 novembre 1999 dans la rubrique :

Mon press-book

Agora... Place publique

Alain Besset : Ouvrir la ville à toutes les cultures

Culture-Loire se voulait être un lieu de débat. Dans chaque numéro, un artiste prenait la parole, librement. Le comédien Alain Besset inaugura cette place publique ; intimidé par ce qu’il considérait comme une lourde responsabilité, il me demanda de prendre la plume à sa place, à l’issue d’un riche entretien.

Culture Loire n° 1 : Sommaire

Depuis presque vingt ans, le metteur en scène Alain Besset ne cesse, avec son Chok théâtre, de donner des coups de pieds dans la fourmilière culturelle stéphanoise. Des “attentats artistiques” conduits lors de la dernière campagne électorale municipale à la création prochaine d’une nouvelle pièce, “Abattoir 17”, le comédien noir revendique le rôle politique du théâtre. Et c’est à ce titre que Culture Loire lui ouvre les colonnes de sa première tribune. Bienvenue à la libre parole.


En 1994, de nombreux artistes stéphanois s’étaient réunis au sein d’un collectif des artistes indépendants, afin de réclamer une plus grande transparence dans la gestion du budget culturel de la ville de Saint-Étienne. L’année suivante, constatant que rien n’avait changé, ce collectif avait donné naissance à la liste “Mutinerie”, lors des élections municipales, et dont j’étais le porte-parole. Sous le slogan “Non à une ville morte !”, nous militions alors, entre autres, pour le refus d’une pâle copie provinciale du modèle culturel parisien, engendrée par la conduite d’une politique culturelle de luxe. L’accès de tous à la culture, dans tout ce qu’elle comporte de lien social, était notre priorité absolue. Pour symboliser cette revendication, nous proposions l’aménagement de jardins potagers sur le site du golf municipal. Rendre la cité à ses habitants, au lieu de la réserver à une élite : ce credo ne m’a jamais quitté.

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Alain Besset (à droite) et Emmanuel Depoix dans “On devrait tuer les vieux footballeurs” : l’énergie du combat dans la vie comme sur scène

À quelques semaines de l’an 2000, je constate que le golf n’a pas vu pousser un seul poireau. Les grandes structures municipales (l’Esplanade, la Comédie...) monopolisent toujours la scène artistique locale, alors que, plus que jamais, Saint-Étienne fourmille de talents qui, faute de moyens, ne parviennent pas à trouver leur public. Car ce public existe.

Bien sûr, il existe désormais une salle rock, ce hangar baptisé “Hall C” ; une saison théâtrale indépendante ouvre les scènes de la ville à une poignée de troupes ; quelques jeunes artistes ont eu - une seule fois en une saison - les faveurs du théâtre Copeau dans le cadre de la programmation de l’Esplanade. Et la Comédie passe le millénaire avec les 100 jours, et 100 artistes qui se produisent... bénévolement ! Autant d’idées intelligentes sur le fond, mais qui, ne nous leurrons pas, ne privilégient en rien le tissu artistique local.

Face à cette situation, ma position demeure la même : depuis des années, je prétends que ce qui compte, c’est la capacité de tout citoyen de devenir une puissance créative. Ce que je propose, c’est, enfin, l’accès des moyens considérables dont disposent l’Esplanade et la Comédie de Saint-Étienne aux artistes de la Loire, avec de vraies résidences, avec une véritable disponibilité des moyens techniques, avec l’intégration des talents locaux dans les programmations culturelles.

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Antonin Artaud, le génial poète fou : l’auteur fétiche du comédien stéphanois.

Assez de saupoudrage, assez de vitrines luxueuses cachant la misère des innombrables talents qui tentent de survivre dans la ville : Saint-Étienne a les moyens de s’ouvrir à toutes les cultures. Ce n’est qu’une question de volonté.

Alain Besset

Culture Loire n° 1 : Sommaire

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