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Publié le mercredi 17 novembre 1999 dans la rubrique :

Mon press-book

Théâtre

Abattoir 17 : l’homme boucher

J’ai critiqué peu de pièces de théâtre. Je n’ai jamais eu avec les comédiens la qualité de contact que j’ai connue avec les musiciens. Lorsque je devais écrire un article à la suite d’une représentation théâtrale, j’avais une hantise : me tromper, passer à côté, ne pas comprendre. Un écueil que, pourtant, j’ai toujours réussi à éviter. Alain Besset aimait bien mes papiers...

Le 9 novembre, Chok théâtre présentait la première de sa nouvelle création, Abattoir 17, coproduite avec le Théâtre dans la nuit. Le temps d’une pièce, la salle Louis-Daquin, à la Ricamarie, a tremblé avec les Poilus.

Encore la guerre ? Toujours la même, la “sale guerre”, celle des tranchées ? Oui, encore, et devant un public largement composé d’adolescents qui s’étaient déplacés en bus. Probablement pour leur cours de français, ou d’histoire. Des jeunes qui découpent Dark Vador à coups d’épée laser sur leur Playstation, des gamins pour qui la guerre est un jeu.

Pas un n’a moufté. Devant un décor pivotant, montrant les deux faces d’une même France (un côté casemate, un côté tantôt cabaret, tantôt état-major), les mômes ont écouté les comédiens de Chok théâtre raconter la peur, la révolte, l’angoisse des soldats qui pleurent sous les bombes. Parmi eux, choisis au hasard, Berthier Georges et Lefevre Henri, deux gars qui écrivent à leurs femmes, épuisés, terrifiés par ces putain d’obus qui ont tué leur copain. Deux soldats qui rejoignent le mouvement des mutins de mai 1917. Pour refuser la boucherie. Ce sont ceux qui veulent à tout prix garder les mains propres, alors que leurs généraux croient qu’il suffit de se les laver.

Dans le public, les jeunes se taisent. Et écoutent, vraiment, avec respect. Ils profitent des grimaces d’une négresse danseuse, ignoble maîtresse de son planqué de maquereau, pour rire et se libérer d’un vrai malaise. Parce que, de l’autre côté du décor, qui tourne poussé par les forçats du théâtre, on ne rit pas. Deux soldats harrassés menacent du bout de leur fusil un officier bien propre. Ils seront fusillés par leurs camarades de garnison... pour l’exemple. Car Pétain ne plaisante pas avec la rébellion. Berthier Georges et Lefevre Henri : deux noms parmi une centaine d’autres, deux morts pour la honte d’avoir osé refuser de tuer. Et refuser de souffrir.

Mis en scène par Alain Besset, ce texte de Jean-Marc Doron n’est pas un témoignage, ni un acte d’accusation. Ce n’est pas une pièce de plus, parmi celles, innombrables, insipées de la guerre. Abattoir 17 est à la fois tout cela, sans prétendre donner une vision définitive d’un épisode historique que l’humanité ne parvient pas à oublier. C’est un regard, qui vient du fond du cœur, le regard de ceux qui ont lu les lettres venues du front. Un regard qui s’ouvre sur des hommes morts, chacun portait un nom. Un regard qui s’attarde sur l’épouse, la veuve du mutin fusillé pour délit d’humanité. Ce regard-là, un car d’ados sait le partager. Forcément.

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