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Publié le samedi 29 novembre 2008 dans la rubrique :

Les chroniques de Marie-Honorine

À la gare de Montbartier

Il ne fait pas plus de trois ou quatre degrés, en ce début d’après-midi, à Montauban. Le brouillard, qui est resté couché sur la ville toute la matinée, vient juste de se dissiper. Le train s’arrête et quelques passagers transis montent en voiture. Parmi eux, une clocharde.

Demain, les foules seront accostées dans les supermarchés par les bénévoles de la Banque alimentaires. La semaine prochaine, tous seront rassemblés dans chaque village, chaque quartier, pour participer aux animations du Téléthon. Puis l’Armée du Salut, le Secours populaire, les Restos du cœur demanderont au public de faire preuve de solidarité. Les journaux, les radios, la télévision nous informent déjà de l’ouverture des refuges du Samu social ; nous devons appeler le 115, soyons solidaires.

La clocharde se détend un peu : dans le train, il fait chaud. Où va-t-elle ? À Toulouse, probablement : le brouillard y est plus rare qu’ici, où nul vent ne dissipe les brumes.

Les ministres se querellent pour savoir s’il est bon ou non d’obliger les SDF à se mettre à l’abri. Tous invoquent leur profonde compassion et mesurent le degré d’humanité de leurs adversaires.

Lorsque le contrôleur demande à la clocharde ses papiers, elle lui répond qu’elle n’en a pas. Il lui demande son adresse : elle n’en a pas. La passagère illégitime, qui occupe indûment une place dans le wagon quasi désert, est alors sommée de descendre du train.

Montbartier, c’est le trou du cul du monde. C’est comme Dieupentale. Il n’y a pas d’abri, il n’y a rien, que quelques usines désaffectées, une supérette, une gare minuscule, le canal brumeux. La clocharde regarde partir le train ; si elle a un peu de courage, un peu de forces, elle ira à pied à Montech, à quelques kilomètres de là. Il est plus probable qu’elle prendra le prochain train. L’emmènera-t-il à Toulouse, ou la ramènera-t-il à Montauban ?

Le contrôleur est un type bien, qui fait bien son travail. Si ça se trouve, il est bénévole au Secours populaire, ou pour le Téléthon ; si ça se trouve, il donne des sous aux pompiers qui passent pour le calendrier. Si ça se trouve, il ira communier à la messe de minuit, bientôt, dans exactement un mois. On ne va quand même pas lui reprocher d’avoir jeté sur un quai glacial une clocharde qui n’avait pas payé son billet. Tout le monde doit payer son billet. Si on ne peut pas payer, eh bien c’est très simple : on ne prend pas le train.

Le contrôleur est un salaud ordinaire.

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Photo prise sur le site « Tramways à vapeur et chemin de fer en Tarn et Garonne »
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À la gare de Montbartier
15 décembre 2008 22:16, par Hubert

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